la chute des siècles

Publié le par trainefeuille

La chute des siècles l’a atteint ,il voit une sacrée présence en la personne de ce château fort perché, du 13ème !

Mais tout là haut les fenêtres toutes noires, aux carreaux perdus, il ne semble pas me voir

 

L’auto que je laisse au carrefour parle en silencieux

Vous traversez le bois à droite

Dans une ferme tout est cassé tout est éteint , dans ces bâtiments fragiles il n’y a plus de couleurs , je suis témoin de leur souffrance, aujourd’hui le soleil est modeste

Le temps passe, comme les couleurs ,

vieux et stérile il n’a plus de souffle ,

L’allée aux grands arbres remplie de végétation semble abandonnée,  je croise comme une petite dame en transparence, silence et accueil, bout de regard, qui passe à côté de 2 oiseaux, corbeau et buse  se chicanant c’est la buse qui abuse dit le noir ; elle a la main qui donne à manger

J’ai arpenté des pluies pas chaudes en pointillé,   le soleil ressortira t il des champs ?

Pièces de vie usées,  l’équilibriste tente de pénétrer dans l’esprit des lieux

il y a aucune personne dans la grande plaine,

un grand roncier, et dessous un trou ;  une falaise , une  carrière, un ravin, j’ai parcouru le relief  pour aller retrouver le plateau, les prés ouverts les collines,

je vois 2 femmes et un vélo rasant les collines .

Je dors, me pense en train de nettoyer le caca dans les yeux des grandes statues de pierre , ça ne sent pas bon,

La nuit tout cela est comment ?

 

Mais il n’y a personne hors de ma cotte, j’ai arpenté des riens des vides, et chemins gris,

le temps ,tu as abandonné la lutte, tu as les trouilles ?

ce hameau est parlant, quel cinéma ! qu’est ce qui va surgir ? des secrets cachés , à l’aventure ? les chemins avec la gadoue, les hameaux du passé font tôles branlantes maintenant,  à grands coups de bâtiments,  où est le jus ? le bercé de la vie ? pas de percée ?

hameaux âprement dénudés, saignés, êtres dont le visage noir vient vers moi,  ne chantent pas « de Nantes à Montaigu », personne dans les longères ; mais sans arrêt le soleil rôde, il cherche, les ouvriers, partis à la guerre,  voilà que j’entends un clip clapotement, une femme, avec son cheval blanc à la bride, avance lentement, j’aimerai bien faire ce que vous faites, mais avec lui…

 

Vous traversez mon bois et ma chasse ! passez ailleurs !  je n’ai plus de souffle, traverse des pierres , traine des lourdes phrases aigues, comme mon voisin quand il me parle de la triste chute des cours des produits agricoles, depuis 1980, comment produire dans ces conditions, dans 5 ans tout sera terminé, dit il ; moi je cherche un gitan qui me sauvera, ses bouts de parole un peu ébréchés, éméchés, tout ça de l’ancien temps . Quelle salade, comment y voir le rire !

dans une fermette en miette me suis abrité,  me recharge le visage, dans un rêve je demande aux vaches de venir, en do majeur 

je prends le taureau par les cornes et montre mon plan et ma bonne humeur, heureux d’être là c’est que je chante ! j’ai un soudain rendez vous près d’un gué sauvage avec un éclair de martin pêcheur !

que fais tu là dans un grand tunnel obscur ! je n’ai plus de  feu alors ouvre moi la porte pour l’amour … ! toi, tu aurais pu être mon père ! je penche un peu ma haute tête , et attention aux armées de manants qui y séjournent ! des SS ? dans ma tête il y a un coup vent debout

 

Pas de marchandise à acheter, ici mais nous, nous sommes aimés, toi, toi, toi, moi, moi ,le naturel, n’est ce pas le moteur ? je reste accroché au cheval, ce n’est pas un loup 

je vais voir les brebis dans ce pré, me pose dans les feuilles sèches, il y a un type un peu rouge sur son vélo, sur la voie verte qui fume au soleil, qui pousse des phrases devant lui,

il crache quelques noyaux de cerises

 

j’enlèverai les pierres et les peines : ils ont pété tous ces arbres, dans les dédales innombrables

avec mon manteau de laine je n’étais pas au pire de ma haine, juste un type un peu blanc,

je me perdrai, il faut se concentrer sans cesse au milieu des plantes du crû,

 

je retourne de ce pas matin, me coller aux bouchures, c’ est le contact que j’ai avec elles depuis maintenant beaucoup de jours matins et soirs, je perds mes pensées civilisées, suis les arbres vides, trouve un vieux C15, un chien qui poursuit un bourdon,  dans le ciel des wagons cendrés,

lui, il était un peu rouge des yeux, si tu préfères, mange des phrases comme un sauvage,

j’entends  :qu’est ce que foutez ?

le trou ? ça fait un moment que vous y êtes ! à côté de la carcasse de mouton,

 me perds dans les ficaires, le pied englué dans la glaise, près des tôles rouillées,  et puis voilà que je perds la main

une jeune métisse joue, mal vêtue, appelle ses brebis avec sa musique,

j’ai du mal à sortir des champs ce soir ! je mets mes morceaux à grâler au soleil,

 

ce vieux château fort, encore oublié ? de longue date, j’attends le retour ses siècles pour y entrer,

ils sont partis, bien loin sous les ronciers ! Alain Rodet où es tu ? 

ça me raccorderait sur un point de calme en moi,

le vent vieux est trépassé, disent les chiens du chenil , surexcités,

une haie ridicule tailladée à 80 cm de haut, j’ai mal aux seins, c’est à faire peur, aimer

la nature stérile ? je crains une grande révolte dans la compagnie des êtres à plumes,

hélas pas de charte chez les coupeurs d’arbustes,

 

Il y a un malaise dans les fossés,

au bout de la boue ce discret lavoir, posé là un chat qui me surveille, pas gêné, qui m’impulse comme une liberté de parole nourrissante, des choses de silence, 

dans ce bout du monde, même pas de bout de parole, qu’un rare clin d’œil,

j’apprends à parler, à côté des pierres fossiles, qui commencent à lever, on se prend

ensemble un bref instant,

soupirs de bouts de chemin, accrochés dans les épines,

ce ciel, il faut quand même le travailler , le paufiner! prendre soin de sa présence 

 

on aurait pu se causer un peu, c’est vrai… avec le petit vieux ,sans queue ni tête, revenant sur son vieux tracteur vers sa ferme, visage tout enchevêtré ,qui passait pas loin de moi,  est ce qu’on se fait une passe ?

mais non, il y a quelque chose en soi qui commence, à peine, à pousser à se lover

les siècles passent, reste à attendre sous les ronces que ça émerge

tout est en décomposition ici, les belles fleurs pleurent viennent à moi,

le boute en train sauvage est en difficulté ! n’arrive pas à brûler les mots, l’homme rouge !

il ne croit plus est bloqué

les arbres tués rôdent autour,

les chemins creux abritent le vent pluvieux de la tempête

ces vieilles bâtisses percluses, recluses, ces armées de manants qui sortent des portes, des serrures…ont peur de montrer leurs idées, s’ils en ont ; tuer la bête !

j’étais couvert de laine grossière, je demande aux vaches de venir

fait frigo ce matin, c’est normal c’est le bout du monde,

 

les petites cloches blanches regardent doucement les choses, par-dessus leur épaule

ici les siècles sont sortis des champs,

arbustes massacrés levez vous !         

ils ont déteint sur moi, depuis tant de jours ils m’ont baigné

une fermière aux pieds enflés demande à ses vaches une à une de venir la voir sous son appentis de tôles pour les traire

les bouchures stressées par tant de tailles, les arbres de l’hiver encore vides parlent de silence

du soleil que les siècles passés n’ont pas déteint, des nuages cendrés chargés de manants, des champs ouverts mais obscurs,

Dans le sous bois quelle joie ! présent un tapis de ficaires radieux ,le premier, non le mieux !

 il aurait pu être si joli ce pays, avec ces haies, sortes de châteaux pour insectes et oiseaux,

dans la ferme il aurait pu y avoir des coureurs agiles…

 

 

ce texte n’a rien à voir avec moi ,ne peut pas être de moi , si loin je le rejette, il n’est pas orthodoxe ce n’est pas de la littérature, mais pourtant il a moult radicelles en mon moi profond ,à mon corps défendant,  ce sont murets de pierres sèches    

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