ouille ça chauffe
Maison Bretagne
Ouille ça te chauffe la pizza ,ça remue les caddies
Tu es vide comme l’eau et ne voit aucune forme , livide des pollutions qu’on y dévide
mais
Belles teintes célestes des gros trains de vagues emportées ,
Allez ! « santé ! » en breton, et hop un coup de blanc !
l’eau à la chair de poule, te donne des frissons
c’est les vaguelettes près du quai, loin des monotones bocages
Le ciel de l’estuaire est pris , ne bouge pas d’un cil, on respire dedans le
Gros serpent de mer
Au bord de l’eau qui vide,
ça chauffe les portiques de St Nazaire
Enormes bateaux vides en construction ça remue
métal flottant, immense
grande masse avide à construire
vide la vie
tout est à l’eau, sur l’eau
et quelques gros grains arrivent
un vrai temps pourri, qui sonne lourd,
sculptures des vaguelettes ?
suis le quai, ses grues et ses
créations artistiques, chez Airbus (ZI )?
ici pas de volcan en préparation, c’est tout plat
sauf le gros bateau au pied de la grande cheminée, qui passe lent,
orgue aux gros tubes fantaisistes de Donges,
vus par-dessous le pont
Ah !un vrai voilier à grandes ailes !
la boulangère ici me l’a dit
c’est le sud de la Bretagne qui se cache, vide dans la tête, c’est la Loire…
vers Montoir de Bretagne, il y a Mariel Macé la jeune philosophe, qui
a du coeur , racine vive , ses teintes
de belle intelligibilité ,sans vice,
c’est vers les roselières, joncs et touffes colorées
l’eau du fleuve a froid se réchauffe contre le dos ensoleillé des roselières
ils se parlent chacun dans un solo, sous le large ciel ,
les noirs nuages qui se rapprochent de l’horizon,
vrai papier pour écrire : eau brillante soudain,
roselière arrosée,
l’eau du quai est partie
,
comme tous les marins, marons
dans le bar de la Loire , buvons une Coref,
au mur une carte jaunie, et les noms des lieux en breton
Bretagne coupée aux ciseaux,
A vif
Est faite de millions de millions petites touches
et là bas en son château à Nantes, au delà de la courbe du fleuve,
est, avec ses largesses, la duchesse en sabots…
Mais les commandeurs n’en veulent pas
la raffinerie de Donges ce soir son cœur est noir,
L’eau plate est brillante ! millions de millions de petites touches !
Ciel fermé ?
Sauf le pont, son S très agrandi, étiré à l’extrême,
L’hiver ici c’est gros vers l’estuaire vers l’ouest c’est une sorte de rétrécissement
Là un tas de marais si plats
Des roselières se rapprochent de l’eau
Le Sillon de Bretagne , ses collines c’est la liaison sur tout le sud de la province
L’eau bat pavillon…dégagé,
ici les lieux ont pour nom grand frais grand vent
qui émerge au dessus des troupeaux ocre ,non-chaland…
La Bretagne c’est le mal au cœur, la reconstruire ne pas la laisser, aux touristes seuls,
Attention train-train
quel tournis, elle est partie à vaux l’eau, où est Lesconil ? ses petits bateaux de pêche, son port animé des parlers bretons , les troquets avec les mousses, le 16 h à la criée, les crieurs leurs mimiques…en blanc et noir les vieilles dames bigoudènes
C’est éteint ce que j’avais étreint , morne, défiguré, stérilisé,
A la benne !
la langue , son contenu, ça a été tué, parti en vrille, le pouvoir n’en voulait pas… n’a pas de remord,
la Bretagne n’a plus de consistance, de forme, c’est un petit toutou sur le canapé,
allez , on se crie « santé » en breton, et vive les petites routes de l’écriture
inqualifiables,
amour ,harmonie c’est un ressort encore bandé
Pure l’énergie puissante,
Bretagne. palimpseste , effacer, pour y trouver à nouveau , réécriture reconstruction successives
traces anciennes qui sont là,
Comment récupérer les filles ? la Bretagne, elle avait 5 Filles chante bellement Clarisse Lavanant
Surréaliste, échouée sur le sable, laisses la parler ! petits villages de grâce, mémoire de nature, on attend , respiration intérieure , elle a grandi sur l’eau ,s’est tant relevée,
a acquis sa constitution ,vive. Ils ne pouvaient pas tout étouffer l’affectif
en nos cœurs, et la tendresse pour Anne,
5 filles…
Corps féminins aux ciseaux, d’inspiration dadaiste ? dont une grande nue avec grâce ? rouillée, la récupérer
marcher à sa façon en suivant les traces bretonnes, suivant les gros trains de vague
d’écriture, vers les espaces ensoleillés des roselières,
Ya du vent , mal trié, comme une silhouette de l’eau,
Tôles béantes, gros cargo paré à virer, entassé sur lui-même, il frémit au dessus de la roselière,
Quelque chose peut elle surgir du reste de la forêt mythique de Princé, parcelle de l’ordre
du cosmos, marchant vers soi même, loin de cette masse de géants, d’installations portuaires,
Dans la benne !
L’estuaire est pris, où est l’esprit, y a-t-il même des traces ?
ici l’eau est partout, vive, ou roselière,
avalanche de produits du ciel,
grande grue dépitée,
dépotée, la Bretagne n’est plus en action, pas sortie de la poussière ,
le serpent de mer fait des grimaces, top formaté, top plastifié,
où une présence ? où fantaisie ? artistes producteurs ?
ici commence une ligne de cœurs qui se lèvent,
fierté !
Aux
gens qui se disent qu’est ce au juste que la Bretagne ? une gestion ? une administration ?
…
ça a été démonté , le bocage, les haies, ce n’était que des cages , non rentables , désuet et laid ! à la benne !
comme de cette province il ne reste que des bouts, tranchés, que des bouts des temps anciens, des odeurs, des lueurs ,
poussières écoeurantes, la douleur vient nous aider nous qui nous consumons, on est assujetti à tant de choses, piétiné,
à quand le grand coup de tabac ?
la grâce, l’émerveillement : inconnu au bataillon ?
trop de maitres ici bas, d’encombrés dans la tête,
plat, avec canettes écrasées,
C’est éteint ce que j’avais étreint , morne, défiguré, stérilisé,
déguenillé,
A la benne ! la langue dans cette maison , tout son contenu, ça a été tué, retué, parti en vrille,
Recyclerie, déchetterie ; c’est plutôt déchetterie, car les échos dans cette maison, ça ne rentre pas dans les formats actuels