tournant

Publié le par trainefeuille

la solitude dans la vie réelle c’est un fait, alors il parle à voix haute et rompt un peu cet état de fait, 
ressentant un peu de ridicule,  il en sourit, et poursuit ,va au-delà , plus en confiance, parler 
haut c’est penser, dialoguer avec son autre soi, se souvenir se questionner, se confronter, ne pas être d’accord, se prendre à la gorge , braver ! 
Penser en parlant, parler en pensant, s’adresser à un arbre, à une fleur ,un crapaud, sortir des paroles de chanson,  des mots poétiques, chercher des sons...harmonieux, acérés  ou doux, qui s’adressent
   les uns aux autres, en écho,  
chercher des alliances , des significations qui sont autres, des mots qui sortent, qui se choquent, entre ceux qui sont bien habillés et sérieux, et ceux crottés glaireux mal mis, qui font honte ou décalent complètement, trop osés, trop libres, 
les crier à la face des choses autour, afin qu’elles lui reviennent, lui répondent si elles le souhaitent, 
enrichies décantées aérées, allégées, ou alors tout à fait usées
il s’adresse, adresse des phrases à l’air ambiant, à ses parfums, à la pulpe de la chair des vieux arbres, il les tord pour qu’elles passent, filtrées par les feuilles, les insectes et leur insolence, leur absence de peur, absence d’humanité, 
il y croyait à cet écho de l’invisible ,des énergies, de l’indivisible, il s’y passait quelque chose, mais alors quoi… Jubilation tendre, inconvenance, pas d’agressivité, rien que ce qui bouge 
c’est ça qui est important, pas à y réfléchir, même dans le froid glacial du matin, ça bouge 
ce n’est pas gravé dans le marbre, sculpté dans l’immobile, 
renvoyant ses textes en écho il faisait comme du ping pong, les testait en riant, ses phrases finissaient par dégouliner en cascade, se remplissaient, se répercutaient, en amenaient d’autres, incongrues, comme des wagons d’un autre train qui s’en allait ailleurs  , en remettait, repartait du point de départ, essayait , ressassait ou coupait comme au cinéma... 
Les volatilisant à la cantonade, aux vents légers , lui répondaient les chant humoristiques des oiseaux, qui lui faisaient comprendre qu’il pouvait encore y aller, pour que ça soit plus convenable de joie neuve de colère saine, plus de salive d’intonation de trilles !...ils lui montraient comment on peut pleurer à chaudes larmes rien qu’en utilisant des sons et des souffles,
La couleuvre à collier qui s’arrêta devant lui lui apprit la même chose : tout existe dans le vivant, avec des harmoniques infinies, voit ma robe mes couleurs mon allure mes crochets que j’agite devant moi, fais comme moi avec tes phrases, coule les dedans !

 

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Publié dans poésie

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