tours carrées
Tours carrées
drôles de châteaux de notre temps
aux angles si pointus
longues tours carrées ,sans pitié
agrémentées de coursives et corridors
et balustrades en tout genre
Cages d’escaliers cages à oiseaux
au balcon
mais ce n’est pas la croisière
Plutôt tours d’un bâtiment sombrant
s’accorchant in extrémis à quelqu’écueil
souterrain et bien fragile.
Sombrant dans une tempête,
la plus terrible qui soit : l’immobile !!
ça se passe partout dans les têtes dit on
tempête stupéfiante pétrifiante
qui raidit les bateaux comme les passagers
voyageurs d’un autre âge,
d’une fin de siècle finissant
ne sachant plus comment ...
C’est un combat de géants
gladiateurs juste séparés par quelque filet
de gaz d’échappement
entre les tours carrées aux âmes recluses
qui espèrent ou désespèrent
dans les titans
dans le temps qui file
temps volé entre les tours carrées
Des lignes vives chercheraient de la joie!?
chuchote t on,
à donner aux habitants enfantés ici
elles voudraient dire,on peut garder
et donner la vie à l’intérieur de ce béton!
Des gens pensants voudraient reprendre
de ces bâtiments les commandes
« ayez confiance soyez heureux ici, on s’occupe de tout »
Mais il leur est répondu
« on a peur nos jeunes on ne les tient plus
ils touchent à tout ce qui est malsain,
contaminés par le grand épouvantail
qui habite ici
où iront ils vivre, vers quels soleils couchants? »
Et continue ce combat contre la désespérance
qui est lovée ici
il y a ici une machine sophistiquée
qui les conduit à ne pas tourner la tête
vers les coins dangereux
comme la grande forêt toute à côté
Peur du grand loup qui est libre
lui
Des personnes cependant se demandent
de quel côté ces mastodontes vont se coucher
définitivement
fatigués d’être ainsi
en charge de ce conditionnement
de tant de gens
Faut avoir peur
et fuir
tant qu’il est temps
aller vers le danger
de l’inconnu
les tours sont murs
les tours sont morts
mûres au désamour
à l’anxiété et la violence
qui se jouent
semés dans l’air qui s’infiltre
partout
mais qu’y a t il derrière ces murs
ces télés ces canapés-lits
et toutes ces journées passées
ainsi
qu’y a t il dans ces rues ces caves ces têtes?
pourquoi les gens sont ainsi à panser
leur raison de vivre
ces gros bateaux ont bel et bien sombré
depuis belle lurette
c’est pour cette raison qu’ils ne bougent plus
et l’air libre n’est que prison des grands fonds
desquels on ne se dépêtre pas
Passagers englués
à l’âme sans échapatoire
attendant un futur
de quelque future vie
Pas de bruit à cette heure désertée
lassés ils sont cachés dans les cases
peur d’antiques pillards?
ou partis fuyant ces épaves échouées
Derrière les parois les ouvertures
existe t il un désert?
Partout les lignes droites et angles vifs se télescopent
si crûment sans cesse
de l’équerre à l’infini
Tours éclairées d’un beau couchant d’été,
ces grands bâtiments
arrêtés à quai
rangés en épi
sont percés de mille hublots
brillant de mille feux
Elles attendent quoi
ça fait déjà tant d’années
ces carcasses
des grands cimetières
d’éléphants
enserrées si fort entre elles
« tu ne bougeras plus pour les siècles à venir »
la sentence est tombée
Vite quitter
cette zone désertique parmi les déserts
quitter ce chevet mortifère
et gagner d’autres couverts protecteurs
à foison
et cingler vers les horizons