c'était en charentes
C’était pas prévu ! je devais partir mais je suis resté, et j ai beaucoup apprécié de rester a tes cotes Joëlle ,quelques jours (et oui je ne suis pas parti ,en vélo faire le tour des ( départements de la Bretagne, c’est raté, car pas de voiture pour m’y rendre! )
j’attendais…dehors devant la maison je te regardais faire des lirettes de tissus et j’ai bricolé un peu, pas très loin, ça coulait doucement j’aime ça et j’aime aussi partir !
allez on y va !
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…sous le nez du clocher vu tout là bas (quel nom du village, où suis-je ?)le ballet des tracteurs chargés de blé …je sais que c’est dans le secteur de Tilly…
j’étais parti ce midi de Luant, la Pérouille, Nuret, St Gaultier, puis l’autre côté de la rivière
(la Creuse) vers Luzeret, St Benoit…toutes ces petites bourgades de Brenne, traversées ,c’est calme, c’est plat, sauf vers St Benoit, vers le Porte feuille ;
l’épicerie est sympa et toute petite dans le vieux bourg perché de ST BENOIT ; la femme est souriante, accueillante ,ainsi j’évite la « grande » surface locale, et après je drive
sur Beaulieu, là je vais chez Dominique l’employé communal qui m’a déjà accueilli dans le passé,mais y a personne !
tout ici me plait c’est petit et mignon, les routes les bocages les hameaux…mais je me répète !
bref y a ce soir au menu le camping sauvage ! le champ de blé coupé, le soleil bas me fit un super flash pour monter ma petite tente je mange, j’entends que ça brame le bétail partout ici je marche un peu le soir.
Le matin je cours au bourg du clocher entendu oui, c’est Tilly ! et là dans une miraculeuse présence , une épicerie tabac café unique, une vieille dame au poste qui quitte sa cuisine pour me servir, ça me parait humainement accueillant
J’aime ce lieu sans âge je ne sais pourquoi, mais je repars …l’attrait de l’inconnu ,de la liberté
et des rencontres possibles ?! je vais chercher une fontaine qui est mentionnée mais je me perds vers un hameau qui est entre 2 villages et c’est la confusion, malgré ma demande à 2 autochtones je ne trouve que des minuscules et improbables petites routes sans issue …paumé je vais au hasard, pour, vers l’ouest, pour en sortir, ouf suis passé, allez !
le sud de la Vienne ! voyons, Coulonges et les mentions partout de sentiers avec des fontaines à découvrir j’ai pas le temps c’est pour plus tard !
...Montmorillon, c’est midi alors boulangerie, car c’est pour un pic nic ! fait beau et je vais dans le centre au bord de l’eau près de la cité du Livre, et dans une ruelle avec qq roses trémières, je mange, quelques passants sont là,je repars bientôt, pas de sieste pas de grosse chaleur il est vrai, je vais gagner du temps !
Je suis la rivière, et trouve une belle source près d’une ancienne usine, c’est pour la gourde ! 1 heure après pause près du champ de mais, légère sieste !
et ensuite je consomme une pizza, dans la prochaine petite ville : Chateau Garnier, encore une traversée d’une large petite ville, belles architectures, beaux styles, mais que de magasins fermés y a personnes ou presque, bon c’est l’été…je ne peux donc rien acheter pour ce soir ;
Je roule encore pépère, entrée de village et là sueur froide rétrospective, m’étant juste arrêté sur le trottoir après un virage serré, voilà qu’un gros camion chargé arrive plein pot 2 secondes après; ouf !! j’ai eu chaud !
Je continue en fait tout l’après midi et c’est Couhé mais camping pas possible alors on continue et c’est Civray, ouf le voilà le camping ! je vais me doucher ! après l’installation je fais connaissance d’un couple de retraités l’homme un ancien cadre de la gendarmerie, et actuellement un élu d’une petite ville, elle, elle pêche (on parle eau et pollution) elle, son plaisir c’est peindre ; grands voyageurs aussi ; et leur fillette suisse, colorée ; ils m’invitent à manger , dehors !merci !
Et je fais aussi connaissance d’un alterégo, comme moi en périple avec une petite remorque derrière son vélo, VTC, un juste retraité, un ex libraire durant 20 ans, passionné ;on discute jusqu’à la brune se baladant dans le parc pour se dégourdir, charmant, comme un copain, discret, il parle de Macron sans arrêt ! il va aller demain vers Sens (89)
Suis parti ! et c’est la pluie ! en juillet ! lui comme moi on doit avancer, toute la matinée humide, le midi arrive à MANSLES au café tabac animé je mange un sandwich la patronne s’apitoie sur moi, et je ne sais quoi faire ,je lui dit ne vous inquiétez pas ce soir c’est l’hotel à Angoulême et demain le train pour rentrer, pénard !
L’après midi ça s’éclaircit ,je poursuis alors, super ! depuis ce matin, on se suit, un couple d’allemands et moi, eux sont à vélo, lui un drôle de vélo couché, en partie en bois, on cause un peu, à l’abri d’une échoppe, ils veulent voir un tumulus ; attendant la fin de l’averse ! après dommage je les perds…
à St Amand de Boixe, belle vieille collégiale que je visite, mais quittant ce village j’y repasse 2 fois car les pancartes ne me parlent pas !et font défaut, ou bien c’est moi !?
Marsac, mariage dans une église romane, un mec fait le pied de grue a cotés d’une Rolls !
je franchis plusieurs fois la Charente ,et ses bras,y a de petites plages et guinguettes, qq personnes sur le sable, et qq canoe cayaks ; je suis proche d’Angouleme, qq enfants se baignent, malgré ce temps… délicat !
Arrivé au grand camping de ST YRIEX, banlieue d’ Angouleme, je me douche avec plaisir, lave mes affaires, puis pars en vélo à 3 km dans un super U suburbain,
mais voilà comment rapporter toutes les courses faites ?? je n’ai pas de sac à dos, je suis obligé de manger sur place , pour faire le vide !??
quinoa végétarien, haricots, 5 légumes…il me faut acquérir des cuillers en plastiques vendus par paquets! 50 ! mince alors
je ne mange pas tout et je mets les restes dans un sac acheté que je mets en bandoulière pour rentrer au camping ,on me regarde , mais tant pis ! puis je me dégourdis les jambes dans le grand parc près de la rivière attendant le calme et l’heure qui décline mais une sonnerie ininterrompue se met en route dans la base nautique déserte ! ils vont venir bien plus tard l’arrêter
lendemain matin, je circule dans la banlieue , vais faire des courses dans des boutiques ; quel succès !
y a du monde ,de la vie, du passage, et on me pose des questions, on me parle des parcours à vélo dans le coin !me donne des conseils ! a la pharmacie, à la boulangerie, je trouve la possibilité de boire un café ! alors que je ne trouvais rien de ce coté là !! c’est dimanche, et oui, j’avais oublié, et je ne veux pas allez m’enfoncer loin dans la grande ville proche!
Je re-navigue dans les vastes cultures, le lendemain et c’est à Echallat, après une averse, le repas du midi . A coté de moi un totem ! et plein d’ inscriptions de gamins : détente, art, espoir, la fête, bonne ambiance, joie, gaieté ,pineau, réflexions, évasion, partager, campagne ,don de soi, ruralité, échange ,cognac… ! si j’étais pas bien je serais pas là ;
découverte ,rire ,apprentissages ,bien mangé, joie de vivre, soleil, vélo distances ! ouais !! musiques, danses ouais ! roses trémières ,intergénérations, tourbillon ; et une date pour finir(08.2012) . Une petite famille arrive en auto, la femme vient s’enquérir de mon bien être ,je la remercie et lui pose des questions ; elle me dit le 1er dimanche d’aout depuis des années à la demande du maire il y a une fête, ici des artistes viennent et ouvrent et s’installent chacun sous un porche, ils se tiennent à la dispositions des gens petits et grands pour leur faire découvrir et pratiquer leur art, et c’est un franc succès ! vrai lien social !
il ne pleut pas !chaleureusement requinqué je suis, encore par les petites routes sinueuses , suis une petite vallée calme, passe devant un chateau viticole et vaste, je m’arrete observer mais je vois une femme qui se relève de ses activités avec ses plantes et vient vers moi ! je la salue vite fait et m’éclipse encore plus vite fait ! lâche !
plus loin je femme en train de ramasser de l’herbe avec son fils au bord de la route, elle sursaute m’ayant pas entendu venir…Bassac, halte écriture , vieille et belle église protestante ouverte , qq personnes sortent, bonjour ! repos a 14H30 à l’aire de Condé, soleil !
alors je sors toutes mes affaires à sècher , et voilà qu’une femme de 71 ans arrive en trombe elle cause s’énerve toute seule je la salue elle se radoucit, et cause sans arrêt, sa carte en main, parle de ST Gildas des Bois (44) ! et Perpignan, elle parle des hommes, du sien, de la messe en breton payée pour son mari défunt, de la vie ;elle me tape sur l’épaule !
j’entends qq cigales, que de vieilles maisons de pierre blanche aux formes tarabiscotées , aux toits romains pas carrés non plus, avec qqfois des pignons ronds…
j arrive à Jarnac, un seul café ouvert dans le centre ,du monde dehors dedans, avale le café puis je fuis la foule, je n’arrive pas à me forcer, et arrive vers Rouillac
c’est plat, je remonte alors je n’ai plus de vent contre !que de chateaux à vin ,de domaines viticoles et vastes vignobles, le soir ça mouillasse je pose vite fait la tente en bout de champ de mais, car pas de camping dans cette assez grande ville ! je marche dans le coin avant la nuit, et avec cette petite pluie je m’abrite un bout de temps sous un perron datant sans doute de beaucoup de siècles, à la forme cocasse, et je vais marcher en centre ville mais y a personne ce dimanche
la nuit c’est la pluie à seau, et du vent, je fais des prières, me lève retendre mes frêles cordages, mais au matin, la petite tente a tenu ! en fait j’ai pu dormir ! mais je suis inquiet pour demain, depuis ce nid douillet !
au petit jour c’est calmé !! je vais à pied en ville à la recherche d’un pti déj, je ne trouve qu’un café ouvert à cette heure, tenu par le maire !près du champ de foire immense et vide…
alors du coup , heureux des signes du destin, je n’abandonne plus, finie cette idée de rentrer par le train, je continue, cool, vers Ruffec ! on verra là bas !
je passe plein de succession de petits villages assoupis, charmants, pas de chien, ouf !
arrêt café glace à 10H dans un restau à Aigre, suis seul ici ;et toujours soleil ! j’écris, recharge le portable, et c’est bientôt la rencontre…d’un joli coin entre 2 bras de ruisseau, une petite tenue maraichère, vivante et ombragée ; ça me plait, et traverse Villefagnan où on me conseille à la boulangerie de manger plus loin, en limite du département 16, à Montjean
bon ! bien ! ensuite à 14h c’est Cussac, et une belle immense église romane, en tunnel ! ouverte j’y fais une petite sieste à l’ombre des vitraux, très bien à l’intérieur, pendant que la tente sèche dehors, plus loin dans un cimetière y a de ces tombes gallo-romaines sculptées!
A Couhé j’aperçois le camping bondé, j’opte pour la recherche d’une chambre d’hôte , au feeling, vais a l’office du tourisme ,là une anglaise au charmant accent me propose d’aller voir son amie ,chatelaine en face du camping !! là je fais connaissance avec cette personne, dételle, me lave ,et elle m’invite à prendre l’apéro ! elle me parle de son aieul, peintre célèbre…que dans le coin, (600 toiles dans le monde !) elle en a fait longtemps la promotion, puis elle me propose un circuit près d’une abbaye près de la Dive pour découvrir qq peintures de son peintre;j’y vais seul, puis au retour , elle me parle de l’itinéraire de sa vie, c’est précieux ! détendant ,simple, sympa, bel échange qui nous fait du bien ! Bonne nuit bourgeoise ensuite dans mon lit dans cette chambre ancienne au confort, et au petit déjeuner où on se retrouve ,on se dit qu’on a été content de se connaitre, on a des choses en commun, c’est sûr
elle dessine et ne veut pas exposer, c’est pour elle le plaisir de sa recherche intérieure, au milieu néanmoins d’une solitude…
je repars !
Puis je traverse le sud 86 sur toute sa longueur ,avec Gençay, St Maurice la Clouère, joli village, coin herbeux près d’un four à pain, mais j’ai envie de revenir à la maison !!
et vers St Savin, en attendant , en arrivant vers Lussac les Chateaux j’ai eu une grosse trouille, car je dois emprunter sur qq kms la nationale je me suis mal débrouillé avec la carte, et puis pour franchir la rivière il n’y a que cet endroit, et je serre les fesses, les gros camions me rasent, en montant je vois dans le virage une petite caverne dans le roc, et une petite vierge Marie, je la prie vite fait et la remercie !
23 km tout droits ,monotones ,tout plat,pour arriver à St Savin, ouf ! il est 16h ! comme je voulais ! alors je vais à l’accueil de l’abbaye, prêt à visiter le musée , visionne un film 1H30 sur la vie des moines, sur frère Arnaud qui vient pour exécuter la fresque double du plafond ! si haut et si vaste !on le voit parler, à l’œuvre, habité, il donne toute son énergie, forme un 2ème artiste, il va jusqu’à l’épuisement pour heureux, céder le pas ; passionnant !
il y a aussi beaucoup d’explications sur les panneaux placées dans les cellules des moines désaffectées, les techniques de peintures selon les époques, sur la Bible, puis c’est la visite de l’intérieur de l’abbaye, toute de colorations , clair et bel endroit de silence
Ce soir au camping du village, je fais des courses à la supérette, mange à la tente puis retourne dans ST Savin boire une bière en terrasse, en rêvassant, en écoutant des anglais … c’est
ma dernière soirée avant le bercail. Je comptais marcher un peu sur le GR ce soir mais non, fatigué, je fais le tour du centre bourg. Je rentre par où ? on verra.
Le lendemain , pti déj dans un café sur la place, que de monde, des hommes murs au comptoir, qui se tapent dans le dos, camarades, qui s’esclaffent, se congratulent, « ta femme t a-t-elle fait un gros massage là ? »il y a là le maire de ST Germain ,cité très voisine, « alors tu as passé la frontière ? » ; ce que la jeune serveuse aime moins c’est les œillades vers son jean collant et son joli postérieur qu’elle cache pourtant en partie par sa chemise derrière…
à la télé c’est la messe commémorative du père Hamel ; et il y a dans l’assistance des musulmans, super ! les « camarades » ne regardent pas ; allez c’est reparti,
des odeurs de chimie hélas dans les champs retournés ici et là, que de fermes en triste état, mais de belles roses trémières, vives et puissantes ! vers Béthines au café je demande l’ile aux serpents « ça n’existe plus » ! A Ingrandes c’est l’envie de voir enfin ce musée Henri de Monfreid, seul devant ce musée un petit papier faut téléphoner ! bon,
bientôt un passionné vient qui m’emmène dans un de ces beaux voyages faramineux, c’est une vraie légende ce type! Cet immense aventurier moderne ; il disait qu’il doutait quand même de lui-même, il aimait le risque, plus que l’argent, autoritaire il dictait tout , était très logique « pour entrer dans un pays il faut apporter qq chose ! pas pour admirer les plantes ! »
(alors il apportait de la drogue ! ou des armes) . Je pose des questions, vrai échange ; « mais ça passe de mode » Le guide souhaiterait que le musée soit rénové, il y a un beau film qui me ravit ;H M a fait tellement de livres, de films ! le guide apporte qq docs perso !
sympa ; du coup je mange au restau que je connais bien ,ici, celui d’Ingrandes.
Il bruine, retour ! je traverse la CREUSE à Lurais, reconnais le 1er adjoint, on cause devant un batiment communal en chantier :isolement intérieur par la chaux et chanvre ; des jeunes femmes étudiantes architectes sont là ; je rentre par Douadic,25 km, m’arrête quand même au champ du dolmen ! où avec Richard on a passé une nuit à causer ,à dormir à la belle près des bottes de paille, (en vélo il y a déjà qq temps, c’était très bien !)… la Pérouille ! seulement ! qu’est ce que c’est long !et c’est le bilan !
Ça a été comme un voyage en moi-même ! la route c’est mon for intérieur, les découvertes profondes en moi !mon périple dans les lieux ,dans le temps !
Suis allé de moi vers moi. J’arrive chez moi, content !
dans le trajet j’étais nature, maintenant c’est pareil, rien d’extraordinaire ! et ça fait 500-550km en tout !