la rue

Publié le par trainefeuille

La rue-5

Balade à vélo, passage dans les bourgs.

 

C’est tout à la fois grandiose et désert, rien pas même un étranger avec qui échanger quelques mots, il n’y a personne donc ? il y a de si nobles si hautes bâtisses, parfois si cossues, mais les fenêtres sont toutes fermées, les magasins fermés,

presque un deuil 

où y a-t-il un papy une mamy qui me lancerait un bref regard attentif, furtif, entrevu, je croyais que ce village résisterait aux flots incisifs et déstructurants du modernisme aveugle, débridé, un repli rebelle ? libertaire, réfractaire, qui vivrait encore sous l’emprise du temps qui passe, partagé, un peu d’énergie de vie,

Qu’est ce qui continue à couler entre les gens ? quelques petites choses intimes, infimes, infirmes ? ont-ils fui ? à cause de la guerre ? celle économique ?

 

Je veux laisser un petit mot écrit sur chaque marche de cette petites cité, chaque maison fermée, écrire un vœu ! («  prête moi ta plume, la la la la la … »), mais de ces villages désertés, il y en a des tonnes ici, en Vienne, ou en Haute Vienne, à Mareil le Vicomte, ou à Château Garnier, belles architectures, inanimées, désolées, trop grand est le calme, ce dimanche dans le centre ville, personne dans les rues, pas même un animal , et je ne peux rien acheter pour manger ce soir ! Pourquoi tant d’effacement, timidité, discrétion, moi qui cherche ton chant, ton murmure…

 

Impression que le vieux siècle poussiéreux s’est accroché à mes baskets, mes pneus, avec toute sa déflagration, se déliquescence, mort, périmé il me dépasse, par-dessus mon épaule,

Dans cette petite ville il a fait le vide, contaminant tout sur son passage, petite ville si livide,

 

Alors le lendemain je me retrouve suite à ma balade à vélo, dans la banlieue d’Angoulême,

Un petit super U ! enfin ! scotché je vais y faire des courses vitales, je vois des gens qui restent près des commerces, des voitures qui circulent, je reste là le midi à pique niquer sur un banc, pour admirer les personnes que je vois pas loin de moi, baigne dans cette atmosphère, le monde de passage parfois vient me parler, me pose des questions, quel parcours je fais, alors passez donc par là, vous verrez c’est pas mal, je reste un moment à la boulangerie, je peux y boire un café, je vais trainer dans la pharmacie, chercher un baume..

Le soir j’y reviens dans cet endroit, ayant trouvé entretemps une place au terrain de camping proche, je ne veux pourtant pas m’enfoncer plus loin dans la grande ville proche, mais après je me retrouve en terrasse à boire une bière, en rêvassant, écoutant des anglais d’esclaffer de je ne sais quoi…

 

L’autre jour, je suis dans un tout petit village, Echallat c’est son nom, seul, je mange ce midi dehors, il fait très beau,

je vois un totem en bois sur la place sur lequel il y a plein d’inscriptions de gamins, en forme de liste :

« Détente, art, espoir, la fête, bonne ambiance, joie, pineau, gaité, réflexion, intergénération,

tourbillon, évasion, partager, campagne, découverte, apprentissages, bien manger, don de soi, ruralité, musique ,danse, rire, roses trémières, vélo, soleil, joie de vivre « … , OUAIS ! ah je me sens bien ici, et compris ! Une petite famille arrive en auto, la femme vient vers moi s’enquérir de mon bien être, merci ! suite à mes questions elle me dit que ,depuis des années, le 1er dimanche d’août ,à la demande du maire, il y a une fête. De nombreux artistes arrivent ici, installent chacun leur échoppe sous un porche ou autre, ils se tiennent à la disposition des

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