ça venait
Ça venait petit à petit ce 13 octobre, (un cut up a été fait)
c’est l’été !à dormir dehors ! un jour des dieux, oublié !
lumière rasante sur l’herbe courte, tamisée, comme un jardin de poupées, ça fluorise, fluo-rit.
je roulais sous les chênes éclairés et me voilà en Creuse, St Léger la Montagne, quel contraste dans ces mots bien sonnants, je marche et petit chemin obscur, caché ventre à terre, à peine repéré, balisé par les petits frimas, puis combe vaste et éclairée, brusquement ah dame nature tu m’as bien eu, c’est ton charme ensorceleur, on n’y peut rien.
Tu es fascinante par le silence, par l’eau qui coule, si je m’en passe je suis mal,
Vallons, champignons , odeurs, feuilles mortes et ruisseaux, sentes et herbes folles, c’est si simple mais ça marche, cette alchimie. Rocs et fougères rousses, oiseaux et les cris, cachettes et panoramas,
Quels mariages ! montagnes et vaginosité arborescente, montées et dévalements, mousses et Limousin, ballade et long cours, toi et moi.
Des raies de lumière dans le sous bois, une vache dans son pré, une petite route, un labour frais, un hameau aperçu in extrémis, niché dans l’ombre, et au cœur :une vieille enseigne d’un café.
Murs et murets vermoulus, moussus, combe vertigineuse et St Sylvestre, et ensuite je me perds carrément dans une petite vallée, entre deux monts radieux. Coins de lande, celtique ou gauloise ?
Les plantes pour la cervoise sont là ,dans la pente. Les maisons aussi, en équilibre sur les pentes.
Ici on est près de toute découverte importante, à l’écart de l’agitation moderne. Dans ce calme ennui qui n’en est pas tout à fait un.
Déjà je suis devenu danseur des champs, suivant sa coulée d’ivresse, dans les feuilles en or, ça carillonne, mâture tendresse des rondes pierres moussues.
Ronde est l’allure alors je me tape torse nu les frimas mordants, fais ma mue, il est encore temps,
Se laisser attirer dans les bois fripons. On voit plus clair quand vient le couchant, sur la cachette du chemin, l’atmosphère s’immobilise, comme cette petite et vieille église.
A Cuzion l’autre jour je vois un petit père qui marche sur la petite route qui descend, dans les fourrés, et voilà qu’il me cause ! Ca bouge dans les haies.
Je me retrouve dans mes chausses et je cherche un introuvable café, traverse un paysage de tempête qui a eu lieu fin 99, petite vallée que j’ai toujours connue je crois. Aimée toujours.
Fini mon boulot sur la lagune j’entame mon périple dans cette vallée de profonde morosité, aux démâtage massif, aux troncs éclatés, à terre. Porte diabolique ; l’esprit défait, je suis soudé ici.