la pluie
La pluie
Elles tombent à seaux, ces gouttes, révèlent un paysage en pleine déconfiture, sans forme, sans couleur ; la grisaille se poursuit jusque dans les regards ,les rend d’une seule teinte, les assombrit,
mais le pluie fait reluire des objets les plus infimes ,les plus banals, les plus inattendus : un brin d’herbe, un pan de toit, un morceau de tôle rouillé, ou les trottoirs, les pierres…
et ma plume, si elle grince, elle défend sa couleur , accroche le papier lumineux, se répand en bleu, défend ses circonvolutions, fait naître ses arabesques humides.
Les trajets d’encre, ces gouttes là, sont sages, elles s’inscrivent dans l’épaisseur des déliés, se marient ,se fondent dans les lettres, et dans le papier y créant des chemins gondolés, gonflant de mots la page de leur naïve sève , impriment un mouvement naturel leur idée, révélant la phrase en train de s’élaborer.
Tandis que dans la forêt les feuilles jaunes une à une s’égouttant, éclairent le sous bois .