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J’étais sous la fascination par les autocars jadis quand j’étais collégien,
Je les trouvais beaux, ces « êtres » construits par l’homme, avec des formes encore un peu rondes parfois, avec de multiples couleurs ,et puis quelques chromes, brillants !
ils étaient chauds, après une journée, chauds ,et aussi sales quand il y avait les aspersions avec les pluies, ils vivaient quoi !
je me logeais sur la banquette à côté du chauffeur, tout devant, je voyais le paysage, et la grand vitre qui était secouée dans son logement, avec les secousses, ça ne m’inquiétait pas du tout, c’était joyeux, ça bougeait, ça me semblait une bonne grosse boite qui a vécu, qui vit toujours, et surtout elle contenait mes copains, mes copines, des gens que j’aimais bien (j’avais un faible pour certaines filles)
Une telle, je me demandais et regardais où elle descendait.
Donc c’était une superbe embarcation, pour le meilleur et ceci tous les jours, alors quelle aventure !
Je sentais l’odeur de l’huile chaude, du mazout un peu, et le moteur avait pour moi une symphonie à l’intérieur
Ainsi que tous les bruits de sifflement d’air à cause des dispositifs pneumatiques pour les vitesses, les freins, la porte ,et quelques crachotements et mauvais râclage de gorge, disons quelques grincements de vitesse « il a mal aux dents » disait le chauffeur, qui débrayait souvent pour parvenir à changer de vitesse
A l’intérieur j’étais sous protection, le chauffeur me tolérait devant, il mâchouillait sa gitane maïs, serein mais bougon, à la tête de son petit royaume, racontait des bricoles,
A l’intérieur, on parlait ,riait, se mettait debout, ouvrait les fenêtres, tirait les rideaux, montait sur les sièges, se dressait dans l’allée, juste avant que le chauffeur ne se mette à râler beaucoup plus fortement,
Il y avait dehors différentes bandes de couleur sur les tôles, séparées par des tiges en alu,
la peinture était fanée depuis longtemps, ou alors reprise ici ou là flambant neuve sur une plaque revissée, quelques fois ici ou là quelque bosse ou renfoncement, mais ça allait bien ! il en avait vu d’autres !
Ces cars ancienne mode, déclassés des luxueuses Excursions, pour lesquels ils étaient en service auparavant, à travers le pays ou même l’Europe , aux formes un peu rondes, ou un peu effilées à l’arrière, désuètes aujourd’hui, c’était comme ces vieux rafiots de pêche , pas grands, pas fiers pour deux sous, mais avec quel charme ! que j’admirais à Lesconil en 1975 , et les cars d’aujourd’hui avec leurs formes sans forme , trop lisses, sans relief, ne m’inspirent guère de poésie
Sans doute en est il maintenant de bien des choses…