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Les oiseaux, ces grands enfants , crient ma douleur celle de mes amis qui ont un cancer avancé, ils crient la joie telle celle du nourrisson qui parvient enfin à saisir son jouet avec sa main, celle de la personne qui arrive soudain à surmonter la lourde difficulté qui le handicapait
Ils expriment à leur façon ce que ressentent ceux qui se languissent, celles qui sont angoissées, par leur chant , en déployant leur leitmotiv, leur ritournelle ;
Quelque part dans le Guide des chants d’oiseaux d’Europe,
« la fauvette grisette, toujours active, avec des mouvements secs et nerveux, a un chant qui correspond bien à son tempérament, une strophe brève, bredouillée à la hâte…en parade le mâle décolle d’une haie à l’oblique, monte et descend en chantant, calotte hérissée et gorge gonflée, il s’exhibe en débitant ses strophes précipitées tchèrrr ouett ouett , il peut avoir des notes peu mélodieuses et grinçantes …en cours de vol chanté les strophe s’allongent et s’enrichissent de nombreux motifs empruntés à d’autres espèces ,par exemple imitation de l’alouette des champs, de la fauvette babillarde, du merle ou du chardonneret
Au début de la saison de la reproduction on entend également un gazouillis continu chuchoté dans les fourrés »
« …tchak tchak tchak… ouis trak trak ouis trak têk têk tulié tulié teurrrlié tu dlili tu dlili
Crrrouou prui prui prui kiou kiou kiou sic sic sic sicsic tsirrr juir pit pit pit rututututu dzi dzi dziu tchllp psi duh tliu kokok kokok kokok –ok –ok korr-kok
…Que de vocabulaires chez les espèces!
« bine bine bine bine bine bines-tu ? » c’est ce que pensent les vignerons de que dit le bruant ortolan… »
Pour moi leurs chants ,ce sont textes lus, poèmes récités, pamphlets répétés, en chantant si mélodieusement, de façon changeante, avec des variantes, des renouvellements , des incorporations variées d’autres bouts de chants , ceux d’autres oiseaux, revisités
ils récitent des petites fictions ,des nouvelles sans cesse réajustées, qu’ils les créent juste par le fait de les oraliser,
ils racontent leurs histoires au fur et à mesure, ils les inventent ;
ces symphonies et mélodies , ce sont des livres ouverts ; ah ils ne sont comme ceux de nos bibliothèques, fermés définitifs et poussiéreux,
ils déroulent des mots des phrases des paragraphes des strophes à eux, des sons enfin, et c’est de l’air de la lumière qui arrive, des couleurs, des ondes, chaudes, plumeuses ,gutturales, profondes
loin d’exprimer un couperet réducteur simpliste et lapidaire, ils expérimentent dans les potentialités de leurs trilles une trame riche, créent un puzzle sonore de leur composition, composent et recomposent avec leur alphabet de quelques notes qui ne sont pas que roucouleuses ,
loin d’être rabat joie, ces oiseaux demeurent dans le plaisir de la création-énonciation, de la joie, instantanée, sans relâche, plaisir permanent ; ils sont à l’origine d’une irradiation qui se met à tourner, à pénétrer tout ce qui se présente de vif, à flamboyer…distribuent tous azimuts des énergies qui sauvent, qui compensent des nuisances…quelque chose pour demain, pour durer, pour se prolonger …
les oiseaux réussissent, eux très bien à dire leurs poèmes, ils les chantent très bien, racontent peut être même le spectacle oh la la ,de la débâcle des humains, là devant eux,
humains qui eux, ils faut le dire, ont bien du mal avec leurs « cui cui », ils les tracent sur quelques bouts d’écorce, pour les enfermer, les sécher , pour les oublier, les sortir peut être parfois avant enterrement, sans grande pompe, ah ! qu’ils aiment les formes courtes, eux, ils le disent, qui sont cessées exprimer le tout ,le trop, en quelques groupes de lettres et de mots, mais ils sont bien présomptueux !
finalement ils sont bien obligés de se remettre sur la tâche , pour parvenir à écrire leur recueil de poèmes
nous, nous nous contentons de chanter