attention où tu vas

Publié le par trainefeuille

Attention où tu vas tu quittes la zone éclairée, évaluée, le supermarché le lotissement évolués

la lampadaire aux normes

c'est là ! Où claque la feuille sèche à ton oreille fébrile, c'est là ! Où est secouée la voiture pauvre abri, là où cambrent ces bruits qui dérangent ton esprit dans le vacarme du soir, invisible imprévisible. Tu cherches la tranquillité ? Rien de tout ça, que ton chemin de pénombre qui hurle comme la douleur. Les grands arbres se hérissent en te voyant, les étangs à la masse d'argent te renvoient ton effroi, sordide. Tout est froidement banal, préhistorique. Antédiluvien.

Là pas de circulation automobile, chuintent les amas incertains de feuilles mortes, ivres, en putréfaction. L'odeur trempée te fouette le visage. Si tu ne prends pas garde c'est là tout le néant liquéfié, espace large mangé à l'horizon à peine distingué, par de mauvais nuages durs acier.

A te couper la tête ,exorbitée. Les bois bercés de solitude dégoutante et d'ornières sans fond n'ont rien d'accueillant pour l'égaré, tu ressors au mieux la tête brûlée de froid, les mains blanches malgré les poches profondes, les pieds dans la boue béante. Ici pas de vacancier. Les buissons griffons n'ont pas l'ombre d'une compassion, ils t'attendent à leur façon.

Ici pas d'ambiance, de danse ou de lumière,l'atmosphère est à la plus plate. Non humaine.

Nulle musique harmonieuse, rien de pulmonaire.

Les arbres bossus tordus te sifflent, vampires se cachant dans le crépuscule pour te cerner.

Attention homme de peu de foi, le vent caverneux te caressera les côtes et les viscères, te courbera l'échine, te demandera des comptes. Tu demandera à oublier, mais tu pourras toujours appeler à la cantonade ! Les eaux poisseuses pourraient ne pas te porter, homme de peu de foi, si jamais tu voulais tourner le dos à la vie ! Avec les herbes poison ce serait terminé.

Tiens !

Tu auras peur même de l'ombre de la petite vieille seule et misérable ,aux cheveux vénéneux, et tu n'entendras pas le cri du canard qu'on étrangle là bas, sur quelqu'étang. Tu auras peur de cette ruine isolée car la pluie la fouette. Les arbustes ballottés en tous sens te feront sursauter, et aussi la bise qui passe par tout ce qui vit ici

tu auras peur de la bête noire celle qui cherche sa pitance hargneusement et te traverse sans fioriture, sans égard.

Le vent te ceinture les os les oreilles, obsédé par ta dislocation ; tu auras même peur de la simple pluie qui survient quand soudain le vent cesse.

Quoi ! Tu es ici et tu n'aime ni le noir ni le gel ! Les forces de l'obscur bas monde ! Tu n'aimes pas les nuages malsains qui menacent, le vent qui te prend violemment à partie en travers des épaules au petit matin glauque ? Que fais tu ?

Tu n'aimes pas ces sanglots qui te viennent par derrière les yeux et t'étouffent ?

Tu es seul et tu n'aimes pas chercher un chemin en titubant, préférant cette route rassurante et passagère ! Dommage tu aurais alors pu dire ainsi que l'aveugle je sais !

Retournes sans foi à la galerie marchande qui va te reclinquer, surchauffé tu sera endormi ,ventre et tête emplis de bière, piètre consolation ta solitude sera aussi grande, ça grouille et Noël approche, t'en sentiras tu ? Non pas. Ces milliers d'enfants gâtés ne te touchent pas. Sans bouger sur leur petite auto électrique,ils ne lèvent pas la tête vers l'étoile la plus lumineuse, la Mère, vers l'Eternité, Bonheur. Toi tu restes là en face du tocsin des feuilles cramoisies et larges comme des mains d'ogre, machoire crispée, impuissant en face des forces

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Publié dans atmosphere

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