dessin

Publié le par trainefeuille

 

Je dessine un texte

 

Au vieux prieuré d’Orsans, appelé le prieuré des oiseaux, ouvrage d’une rare intensité

fait  à l’encre de chine

le prieuré des buissons blancs

sans visibilité (avec des tuyaux partout) ;

passionné

je voudrai broder les mots

faire du porte à porte

avoir de la veine !

et coller le langage de la couleur

un mot, un son qui déborde !

c’est fait pour traverser !

Il fait le tour du monde ; en ce moment il coupe la poire en deux, vas de fête en fête, de miroir en miroir

quand en lui tout est figé ? il va s’installer dans l’ancienne prison au pied des grues gigantesques du port, pour dessiner et peindre des enfants des femmes des étrangers en sueur les muscles tendus ,regards hagards, harassés, sur des terres brûlées…

Détresse ,solitude ;  silhouettes collées sur les ruines de leur maison, coulées dans un terroir tout noir .Oubliées de Dieu ?  clopin clopan il collecte tout son monde

il dessine à la gomme, car comment dessiner, et certitudes et poésie ?

il dessine le dragon qui l’étreint

Entrepots abandonnés, à côté des espaces anciens des anciennes moissons, 

Grues démesurées comme un cri ; muscles défaits, vieux corps estropiés

mais il n’est pas soumis, c’est plus fort que lui, il ne stocke plus les cauchemars

un film en filigrane

un cavalier de feu

derrière la montagne

Ce sont les spectateurs qui finissent eux même le film

il parvient jusqu’à l’atelier de derrière

il a mal aux entournures, il le sait

il cherche sa plénitude

lieu de rencontre des fruits ;

il gagne du terrain !

 

Les maux d’une colère brûlée

Hommes et femmes en sueur en peine

faire deviner les silhouettes, sans oublier

la fille frêle aux mains coupées !

Oui, le film a été plus fort que lui

Et les voilà

Dans leur jean collant

En papier et encre de chine

Echo venu d’un chant précieux, vois leur sourire, sur le motif

Est-ce vapeur ou couleur ?

présence

Pleine de joie de sens

des présences

Travail au cutter ! auto réparation des formes

Echo venu d’un lieu

pentu

éperdu

Il me montre les chemises brûlées

des gens qui sont de joie défaits

quand sévit le manque d’espoir

 

Des sourires soudain, venus de nulle part, et cette jeunesse dans les bureaux le chant de l’humanité, inconsummable

la danse au château la musique si belle et la voix à fleur de peau

les belles insoumises sont elle contre lui ?

L’éolienne est fabriquée par les jeunes étudiantes chinoises en noir

ouvrage d’une rare harmonie -on se regarde un peu en partant-

Les mains pleines de colle, cet instrument est sculpté d’un air martial

Et puis, de par leurs rires elles se lancent  dans la peinture

Dans ce qui n’arrive pas à se nommer

on attaque par la peinture sur les cuisses ,mélange détonnant de ces diablesses :

et ce sont les cuisses d’une autre !

 

avec un morceau au piano

les mélodies décollent

son sourire colle bien à la fête

les mots innommés

ouvrent des portes

ça va trop vite

il faut retravailler

ces jeunes filles en sueur

cette assemblée qui nous accueille

nous déborde

tu lèves les yeux , tombes sur ces jolis

derrières galbés

où circuler les yeux ?

ces sourires qui lui sont en rémanence, ne plus que savoir en faire

il n’en finit pas de dessiner

ces chants musiques et jeux

de France et d’Asie

les langues se mélangent

il est pris d’une vapeur ,torride

veut brosser des matières sur la palette

dessin envoutant, à peine esquissé

incognito

son chemin de réparation

Devant l’opercule de son regard

elles bougent, leur jambes, leur sourire

effilés,  en ces lieux si réels

Et t’apprennent le langage

mis en forme

avec quels matériaux ! 

A coller dessus

 

fringantes

Et te restent tellement de débris de tendresse ça et là

Mélangés avec ceux de la Chapelle Sixtine

Si profonde, si initiale

Qui déborde des pièces éclairées

de Vélasquez

La peau se referme

Du matin au soir

Dans l’impasse

conviviale

On se regarde un peu

Dans le désert

Des ressources

Les vieux corps face à face se regardent

s’écoutent

se parlent

et à côté de toi dans les buissons viennent s’installer

2 jeunes filles en noir

on se regarde un peu en partant

comme le témoigne un cri

 

Manoir du noroit

Elle s’installe par moins dix, dans son appenti sans chauffage, pour broder,- elle a 84 ans-

des motifs rouges sur des coins de drap blanc, c’est le dessin d’une jeune fille aux mains coupées : c’est une fée,

De loin en soir le manoir,  de terre lève les yeux

des gueux

vieux corps de l’insoumise

humanité

 

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Publié dans poésie, poésie berry

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