le cerf en bois-2
Je n’existais plus alors je me suis remis à me fabriquer quelque chose,
J’ai pris un joli cœur bourré en tissu coloré avec de petites figurines en fil de fer et papier mâché ,des pattes de taupe (je compte essayer quelque chose) et des glands, et des pointes en plâtre qu’il m’a fallu ébavurer, et je suis allé chercher du lierre
chez l’infirmière
La cage thoracique était terminée, et quelques organes aussi, il me restait le corps à faire.
Une fois revenu à la maison, je le découpe dans un panneau de contreplaqué, essuie le sang qui coagulait, je l’ai peint pour le décorer, et l’ai positionné fièrement sur la pelouse de la mairie. Je l’ai chevauché, il a été dur à maintenir, un peu trop raide, car il avait les pattes entravées par des fers à béton ancrés en terre, je l’ai libéré, voulant l’emmener à l’Ecluse, pour voir si je ne rêvais pas, mais il y avait un vent glacial ;
j’ai du prendre un gros édredon pour m’asseoir et je serrais les 2 bras autour du cou de l’animal soyeux et chaud, et par chance est venue à moi une chatte avec ses petits, sur
ce squelette inanimé. Avec lui je m’essayais au chant, sorte de briolage, pour le réenchanter.
Mais je voulais au plus vite retrouver l’humanité, et je croyais que le moment était propice pour trouver un individu et entrer en relation , mais mon cerf n’avait pas envie de s’attarder, les rares humains fuyaient à droite à gauche
Pourtant je le sentais, nos âmes étaient prêtes à se mêler un peu, le temps d’une fraction de seconde…c’était un mélancolique, je tentais de dédramatiser, de détendre l’atmosphère,
Je lui ai massé les pieds de devant et de derrière, inquiet de n’être pas assez accueillant moi-même ,j’ai réparé de l’amour avec ma clé de 12 , il a fermé les yeux, moi j’ai ouvert les miens, incrédule de jouir des choses si facilement ! la certitude que la vie a quelque chose de majestueux, ce que je peux parfois ne pas voir, en tout cas de moins triste qu’il n’y parait.
Apparait alors au fond de lui la lueur, la bête nous transporte ,bien droite dans la tempête ,
ce cerf agile, aux grosses pattes qui me collent, comme celles des grosses araignées noires, avec lui je saute les ronciers, il sentait la sueur, cet animal de bois ! sûrement la peur, je voyais ses yeux éteints ; ne pas chuter !
On est maintenant devant l’école primaire, là je le laisse , je le replante, ça fera la joie des petits demain à la rentrée ! Qu’il retrouve alors sa nature profonde ; son âme c’est son secret, je l’ai entrevue, est en bronze…
Rien à faire, j’ai quand même réalisé enfin, qu’il n’y a plus de relation froide entre un humain et un animal en bois !
Une voix s’entend ,au cœur de chaque enfant, si tu y crois, il n’est pas de bois, c’est comme toi, si on croit en toi, tu deviens doux, vivant, si on t’effraie terriblement tu deviens raide, froid, alors que fais tu …A la récré, un enfant moins timide s’approche du grand animal
Il met sa joue contre celle de la bête en bois, lui transmet toute sa chaleur, par sa caresse, tout son possible non descriptible, et les voilà partis, il avait vite sauté sur son dos
Sont au galop ! on ne sait qui des deux a fait la métamorphose, si c’est l’enfant , en un moment d’inertie dans un autre plan, ou si c’est le cerf qui a tout lâché, le voyage est démarré et eux seuls le savent, ils sont élancés vers une aventure sidérante et joyeuse, dans de grands espaces bleutés, mais voilà qu’ils traversent de grands espaces glaciaux intergalactiques, noir comme c’est impossible, en un éclair,…
Le gamin appuyait de toutes ses forces, de ses rêves, les plus fous, les plus soyeux, les plus audacieux, les plus tendres …
Que se passa t il ? le jeune garçon perçut dans une fulgurance et une belle lumière colorée
un message important ; en voici la traduction le plus fidèle (et la plus lente) possible en langage pour les adultes .
L’univers a su construire au fil du temps des structures de plus en plus complexes et ordonnées
A partir d’un vide microscopique initial, il a su tisser une immense tapisserie cosmique composée de centaines de milliards de galaxies hébergeant chacune des centaines de milliards d’étoiles .De fait, il est constitué de « murs » de galaxies, (délimitant de vastes espaces vides tout aussi étendus), eux même constitués de dizaines d’amas de galaxies, eux même constitués de milliers de galaxies … Perdue dans un petit coin de notre galaxie –la Voie Lactée, - une étoile -notre soleil- dispense généreusement son énergie et sa chaleur aux 8 planètes qui orbitent autour de lui. Sur l’une d’entre elles, la Terre, il a permis d’éveiller et d’entretenir la vie, et la vie consciente. (monde macroscopique)
Il y a un ordre, une harmonie !
Revenons y
Au début de son existence ,il y a eu l’inflation : expansion vertigineuse de l’univers pendant une minuscule fraction de seconde, déflagration de l’espace !
L’univers primordial est rempli d’une « soupe » homogène de particules de matière et de lumière. Après le Big Bang, l’univers, très chaud et très dense, avait 9 kg de matière, bourré d’énergie (monde microscopique), par expansion fulgurante il s’est emballé et
en un temps incommensurablement court le volume de l’univers a gonflé d’un facteur 10 puissance 90 !! (monde macroscopique)
chaque région de son espace étant repoussée l’une de l’autre par une force répulsive inimaginable
. Il est passé de la taille de milliers de milliards de milliards de fois plus petit qu’un atome (10 puissance -29 cm) à celle d’un ballon ( 10 cm)
Pendant cette inflation vertigineuse la vitesse d’expansion de l’univers dépasse de beaucoup celle de la lumière, puis l’univers poursuit son expansion et continue à se diluer et à se refroidir mais à un rythme beaucoup moins effréné ,jusqu’à l’expansion calme et tranquille comme aujourd’hui
La température est passée de l’infernal (10 puissance.32° K) à quelques 3000°K en l’an 380 000, et à la température actuelle , glaciale, de 2,72°K ( -270°C) dans l’espace intergalactique.
Cette température contraste avec de dizaines de millions de degrés au cœur des étoiles ,et avec les dizaines de milliers de degrés à leur surface
les étoiles rejettent leur lumière chaude dans la lumière plus froide qui règne autour , et ça augmente le désordre total de l’univers
à 13,8 milliards d’années les particules élémentaires (atomes…) se sont complexifiées extraordinairement, jusqu’aux galaxies :la structure a émergé de la non structure !
Le cœur brûlant des étoiles et la froideur de l’espace due à l’expansion de l’univers , en permettant l’épanouissement de la complexité, sont responsables de notre existence !
L’expansion de l’univers est freinée par la force de gravité ; la gravité fait que toutes les structures de l’univers s’attirent, et « tombent » les unes dans les autres
Toutes les structures sont en mouvement perpétuel et participent à un immense ballet cosmique, mouvement de rotation autour d’elles, de révolution, d’éloignement ou de
rapprochement les unes par rapport aux autres . Elles naissent , évoluent et meurent .
Parmi leurs très nombreuses propriétés, les étoiles « reines blanches » extrêmement denses
dont une cuillérée pèserait plus qu’un éléphant !
Quelle magnificence, quelle beauté du monde ! avec la place de l’Homme: entre l’infiniment petit et l’infiniment grand ; au milieu ! (la vérité est très belle, pleine de mystères inimaginables), l’homme est interdépendant de l’univers , dans sa chair même, car il est poussières d’étoiles,
il est composé des atomes fabriqués au début de l’univers lors du big bang, (dans les 3 premières minutes) puis par les étoiles massives , puis par les supernovae (explosions géantes d’étoiles massives au bout de leur vie, débris gazeux chauffés à des millions de degrés, disséminés dans l’espace interstellaire, dans la voie lactée), ou lors de collisions cataclysmiques d’étoiles à neutrons
tous les éléments nécessaires pour fabriquer l’ADN sont présents!
Mélodie secrète de l’univers, dessin exquis des bras spiraux d’une galaxie …la lumière permet de remonter dans le passé et de voir le monde en train de naitre
Le scientifique étudie la nature car il y trouve du plaisir, et il y trouve du plaisir car la nature est belle ! le monde n’était pas obligé d’être beau, mais il se trouve qu’il l’est !
On est admiratif devant la grande unité de la nature : les lois physiques qui régissent une galaxie située aux confins de l’univers ( dont la lumière a été émise avant même que certains atomes de mon corps ne soient fabriqués par l’alchimie nucléaire d’une étoile) sont les mêmes
que celles qui s’appliquent à notre petit coin de Terre, grain de sable dans le vaste océan cosmique. Où que nous pointions nos télescopes dans l’espace, les mêmes phénomènes physiques se présentent à nous.
Ce qui se trame chez nous se décide dans l’immensité cosmique !ce qui se passe sur notre Terre dépend de la totalité des structures de l’univers !
L’espace est interconnecté à l’échelle de l’infiniment petit ,et à l’échelle de l’infiniment grand
Si l’univers est tel qu’il est, c’est pour permettre l’apparition de l’homme et de sa conscience ,c’est pour rendre possible l’émergence d’un observateur capable d’admirer la beauté et l’harmonie de l’univers, de se poser des questions sur lui, de le comprendre et de lui donner un sens !
l’univers se trouve avoir, depuis les temps les plus reculés accessibles à notre exploration, les propriétés requises pour amener la matière à être consciente.
Il a été réglé de façon extrêmement concise pour cela.
Frères des bêtes sauvages et cousins des fleurs des champs, nous portons tous en nous l’histoire cosmique !
ce n’est pas un seul mécanisme ,une simple machine, la Nature est belle !
c’est pour cela qu’il faut garder la foi et l’optimisme !
J’ai compris, s’écrie t il ! j’ai envie d’apprendre à l’école, de grandir pour étudier le monde dans tous ses états , pour être au milieu du grand orchestre du monde !dans la joie ! et je vais en donner le goût à mes petits camarades !
Et après ? Ce que je sais c’est ce que les enfants m’ont dit ensuite ,qu’ils n’ont plus vus ni le cerf ni l’enfant devant l’école pendant au moins 30 secondes! et puis et bien, on les a revus,
au même endroit ! OUF !