cerf en bois

Publié le par trainefeuille

Je n’existais plus alors je me suis remis à me fabriquer quelque chose,

J’ai pris un joli cœur bourré en tissu coloré avec de petites figurines en fil de fer et papier mâché ,des pattes de taupe (je compte essayer quelque chose) et des glands, et des pointes en plâtre qu’il m’a fallu ébavurer, et je suis allé chercher du lierre

chez l’infirmière

La cage thoracique était terminée, et quelques organes aussi, il me restait le corps à faire.

Une fois revenu à la maison, je le découpe dans un panneau de contreplaqué, essuie le sang qui coagulait, je l’ai peint pour le décorer, et l’ai positionné fièrement sur la pelouse de la mairie. Je l’ai chevauché, il a été dur à maintenir, un peu trop raide, car il avait les pattes entravées par des fers à béton ancrés en terre, je l’ai libéré, voulant l’emmener à l’Ecluse, pour voir si je ne rêvais pas, mais il y avait un vent glacial ;

j’ai du prendre un gros édredon pour m’asseoir et je serrais les 2 bras autour du cou de l’animal soyeux et chaud, et par chance est venue à moi une chatte avec ses petits, sur

ce  squelette inanimé. Avec lui je m’essayais au chant, sorte de briolage, pour le réenchanter.

Mais je voulais au plus vite retrouver l’humanité, et je croyais que le moment était propice pour trouver un individu et entrer en relation , mais mon cerf n’avait pas envie de s’attarder, les rares humains fuyaient à droite à gauche

Pourtant je le sentais, nos âmes étaient prêtes à se mêler un peu, le temps d’une fraction de seconde…c’était un mélancolique, je tentais de dédramatiser, de détendre l’atmosphère,

Je lui ai massé les pieds de devant et de derrière, inquiet de n’être pas assez accueillant moi-même ,j’ai réparé de l’amour avec ma clé de 12 , il a fermé les yeux, moi j’ai ouvert les miens, incrédule de jouir des choses si facilement ! la certitude que la vie a quelque chose de majestueux, ce que je peux parfois ne pas voir, en tout cas de moins triste qu’il n’y parait.

Apparait alors au fond de lui la lueur, la bête nous transporte ,bien droite dans la tempête ,

ce cerf agile, aux grosses pattes qui me collent, comme celles des grosses araignées noires, avec lui je saute les ronciers,  il sentait la sueur, cet animal de bois ! sûrement la peur, je voyais ses yeux éteints ; ne pas chuter !

On est maintenant devant l’école primaire, là je le laisse , je le replante,  ça fera la joie des petits demain à la rentrée ! Qu’il retrouve alors sa nature profonde ; son âme c’est son secret, je l’ai entrevue, est en bronze…

Rien à faire, j’ai quand même réalisé enfin, qu’il n’y a plus de relation froide entre un humain et un animal en bois !

 

Une voix s’entend ,au cœur de chaque enfant, si tu y crois, il n’est pas de bois, c’est comme toi, si on croit en toi, tu deviens doux, vivant, si on t’effraie terriblement tu deviens raide, froid, alors que fais tu …A la récré, un enfant moins timide s’approche du grand animal

Il met sa joue contre celle de la bête en bois, lui transmet toute sa chaleur, par sa caresse, tout son possible non descriptible, et les voilà partis, il avait vite sauté sur son dos

Sont au galop ! on ne sait qui des deux a fait la métamorphose, si c’est l’enfant , en un moment d’inertie dans un autre plan, ou si c’est le cerf qui a tout lâché, le voyage est démarré et eux seuls le savent, ils sont élancés vers une aventure sidérante et joyeuse, dans de grands espaces bleutés, mais voilà qu’ils traversent de grands espace glaciaux intergalactiques, noir comme c’est impossible, en un éclair,…

 

Puis ils admirent un spectacle inédit ,jamais admiré :…

 

Le gamin appuyait de toutes ses forces,  de ses rêves, les plus fous, les plus soyeux, les plus audacieux, les plus tendres …

Et après ? je ne sais, je les ai perdus de vue totalement

Ce que je sais c’est ce que les enfants m’ont dit ensuite ,qu’ils n’ont plus vus ni le cerf ni l’enfant devant l’école pendant au moins 2 minutes ! et puis et bien, on les a revus,

au même endroit ! OUF !   

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article