parti en 18

Publié le par trainefeuille

Il est parti ! pourtant il pleut un peu, bah pas de regret, on verra plus tard, cape mise dès la forêt, et pour tous les bois traversés ensuite ! entre ardentes et st aout, il est cueilli avec du jaune partout les arbres transparents de jaunisse, à terre et dans les branches, la faute aux feuilles, pas mal du tout, ça lui fait passer la brume et la grisaille qui est partout autour de lui

dans la tranchée de la route, et les nuages qui sont plutôt noirs, faut être fou pour avoir décollé

il s’arrête et voit le partage des nuages : ceux très noirs à l’ouest, et vers le nord des éclaircies ça et là, et il est au beau milieu, s’arrête manger qq choses à l’abri d’une haie, et là il fait sec.

Il lui passe plein de choses par la tête (« j’aurai pu emporter un micro ») ; tout au long de la petite route de Lignières, des noms pittoresques de lieux dits en pagaille , c’est lent mais il a son temps, il admire des auréoles bleus, rares dans un coin du fond blanchâtre, son VTC lui permet de se muscler doucement (le jaune, sans dérailleur) , tout regarder même les piafs qui le laissent largement derrière ; les haies de toutes sortes qui bordent la route : les basses (trop nombreuses) et les belles, les hautes bien développées, qui font le bonheur des dits piafs,

Les champs bruns, bientôt suivis par les champs de cailloux ; ceux qui vers St Baudel charrient des pierres blanches ; c’est bien après Lignières , et il y stoppe car une grosse averse se pointe, et il y a là une rare petite auberge, bien appréciable, et la bière y est bonne, la pluie vient cette fois de l’est !

Mareuil sur Arnon village à l’aspect pas bien vaillant, que de maisons de volets fermés depuis un moment ! vieille église de Condé, itou celle de Primelles, 12 ème S, pas loin de St Florent sur Cher, puis Lunery, toujours le long de la rivière Cher. Là c’est une vaste plaine inondable, il y a là les terrains de sport, et les rares maisons sont sur pieux en béton, surélevées,

St Caprais, beaucoup de maisons neuves, on sent l’influence citadine, proche. Le Subdray. La végétation est rare, route de la Chapelle St Ursin, l’autoroute proche, et l’hôtel F1. Terminus.
sur le conseil du gardien, il monte le vélo dans sa chambre. Coucouche panier, bien mérité ; Douche et repos lénifiant , nécessaire, le corps a beaucoup donné, pas que le vélo. Attention une crampe ! Puis il sort prendre le bus en face, un jeune couple lui explique : il reste une heure avant le dernier bus, pas le temps nécessaire pour rallier et revenir de Bourges ! s’arrêter à station Métro et y faire des courses !OK. GO. Il y trouve un établissement Wok désert, une personne serviable lui prépare un plat à emporter, retour dernier bus, mangé et au lit. Il aurait aimé une radio , il y a la TV mais c’est tout. En pleine nuit il a trop chaud, et lit un peu Yann Quéffelec. Sa passion des bateaux de toutes sortes, de la mer, dans le sang, partir ; il a un peu pris lui aussi le chemin de l’aventure, ce jour…

tourner autour de soi, dans tous les environnements, les creux comme les bosses, le sec le trempé, l’obscur ,le lumineux, parfois, tourné autour de sa solitude ,ses ressentis ; ses obsessions, et sa quiétude, il n’a que faire de ce que des gens peuvent penser ,de ce qu’il fait

Si ça ne sert à rien ? c’est possible, besoin de rien, mais de rêves, éveillés aussi ; mis en forme, avérés ; il a largué les voiles, et les avirons dans son élan. Les amarres, mais ce n’est qu’une petite aventure . Pas de risque ! il admire la tapisserie de sa chambre.
Après un petit déj copieux il se lance. C’est un parcours découverte, ça commence par des marais, à Faitin, une large fontaine jaillissant en gros ruisseau transparent et odorant, des chemins humides et des taillis où il s’égare, qq lieux dits comme « pain perdu », et c’est Plaimpied, et y trouve ce canal de Berry ! mais côté nord si c’est OK avec bitume et tout, vers le sud c’est l’herbe sauvage ; il essaie néanmoins une trace , mais à St Just c’est fini. La brousse quoi.

A Dun sur Auron, trop calme , de canal il n’y a pas. Alors il quitte tout ça , prend les petites routes de traverse, en parallèle et c’est Meillant et son château, derrière une grosse forêt.
et La Celle, où il casse la croute dehors, pas le choix. Tout est froid, vite pédaler à nouveau,

Bruyère Allichant, une grande route ouf un café ! bien chaud , l’était temps. Il remonte la rivière Cher par des lieux comme Vallenay, C résençais, Petit Robinet, Venesmes, Lapan, mais ça monte et descend, puis c’est une plus grande cité : Chateauneuf sur Cher. Il y a là une basilique ! ouverte ,il est dedans et se repose, content de ne plus sentir l’air glacé sur sa peau, sur le visage, pour qq instants. En sortant à côté des nuages noirs, une apparition du soleil ! ça ne durera pas longtemps mais… là des gens marchent sur les trottoirs, ouf ! de la vie !

Arçay, puis le côté droit du Cher, c’est moins vallonné. Il avait donc entamé largement la remontée vers Bourges, et c’est Trouy, vers cette région plate , et Pisse Vieille et retrouve l’hôtel F1 ! vers 17h, comme hier. Saute bientôt dans le bus , il est échaudé, et file vers le cœur de ville , rue d’Auron, là il commande une pizza, en attendant se réfugie dans un bar tout en acajou, chaleureux, et il y reste un bon moment. Corsendonk, Bonne bière belge rousse, des gens sympas, « si on veut se revoir, faut se quitter » ça y est écrit. Dans ce fameux dernier bus, de 19h20, il regarde les gens dans ce bus.de tous types et couleurs , jusqu’à l’arrêt « césar », et de ratiboiser sa pizza dans sa piaule.

Bon il a bien exploré mais il rentre demain, et ce sera bien. Aujourd’hui il a vu un grand oiseau au dessus des étendues de culture , blanc avec un grand bout des ailes noir, busard St Martin ?

Plusieurs fois il a fini des côtes à pied, il avoue.

Au gite, il s’y replonge ; quelle enfance, quelle culture et quelle malice ce Yann Queffélec

S’il n’a pas à cœur la Bretagne et ses humeurs maritimes ! bateaux, aventures de gamins, réflexions ,histoires et contes, lieux hantés, toutes ces fascinations, sousjacentes , se mêlent , toutes ces forces… éloge de la nature…humaine, tout ce dont elle est capable…ce chenapan dit non aux normes, une verve, quoi, les rouages de ses mots ses phrases, sont graissés de malice ; « ai-je bien lu ? » Quand il les écrit, il a l’art de laisser les choses respirer, palpiter encore…Bombardement de Brest, lien avec son père et écrivain Henri... « c’est pas édulcoré, p’ti vieux » lui disait il… Dormir pour lui c’est « faire le tour de la nuit ». Gouleyant. Il place

son carnet contre ce livre  …Diffusion…Il est lassé d’entendre le glou glou d’un robinet toute la nuit, quelque part dans le coin, et ce n’est pas son estomac.

Vendredi dernier jour. A côté d’ici c’est la Chapelle Saint Ursin, qu’il doit traverser après une voie rapide et ses camions, pour espérer trouver la vallée verte où siège ce canal. Voie ferrée, et ça y est l’enfile le bitume à l’environnement organisé ,et les feuilles mortes, il atteint Marmagne , et à qq km c’est Mehun sur Yèvre et un troquet ouf, accueillant ! c’est proche de la piste ; il examine la tête des consommateurs et fonce sur Foëcy, et en qq écluses, jusqu’à Vierzon, celui de Brel ! passage de l’autoroute compliqué, des petits ponts très étroits, et il fait bien froid …De retour… Mehun, il quitte et file plein sud, le vent froid l’arrête, il casse la croute rapide dans un bois. Bout de pizza froide. Cerbois, Poisieux, St Georges/ Arnon, toute la Champagne berrichonne en paysage! Quelques belles fontaines, entourées de vieilles pierres , et aussi des carrières ensauvagées, parsemées d’arbres anarchiques,

Il a fait froid, car au fil des heures dès que le soleil veut se pointer, une horde de nuages cendrés ,pas clairs…vient lui ravir la première marche. Chouday, Avail, Ségry qu’il connait un peu, l’église est ouverte, jamais vu ça ! à 11 km ce sera Meunet Planches, il cherche la maison de Bruno, ces villages éteints, ne s’y attarde pas. Mais ils sont humbles. L’air de dire : après moi le déluge. Il arrive en vue . « Merci à mes radiateurs internes qui ont bien marché, soutenant ma vieille carcasse,( le dos, à la fin, avec le sac…) j‘ai le sentiment d’avoir fait une longue méditation, un lent décapage de fond. Malgré le froid des crispations ont disparu . Grande absence partout .Prêt ! »

Comme pour l’écriture, il lui semble y avoir de multiples portes d’entrée pour traverser ces contrées en transition, en milieu hostile…

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article