glu noire

Publié le par trainefeuille

 

glu noire

 

Des trombes d’eau vers nous autres humains

comment résister, les radiateurs sont allumés

et aussi la cheminée familiale;

c’est lancé sur nos côtes

cette tempête des forces hostiles de la Glu Noire,

nous pauvres ahuris

on avait le sentiment de ceux

qui se sentent invincibles,

ça! causé par les hommes? on a envie de courber la tête,

cette tempête du siècle droit sur nous le dimanche de la colère

avec la forte marée ,les taches sombres et indélébiles partout.

Que les vêtements contre ces forces, et ils sont souillés.

Coup de balai dans notre modernisme-culte.

 

Vite! cachons nous, avant que les grandes vagues

ne se lavent de nos salissures sur cette côte,

personne ne veut s’y aventurer, avant le souper familial,

une grande claque dans notre vie protégée,

nous qui sommes prêts à faire bientôt la fête

Attaque noire avant les réjouissances,

là où il y a les pêcheries et les hommes .

Il va falloir faire vite,

fête du nouvel an oblige,

on dansera comme on pourra

fétus de paille que nous sommes

hommes de paille, vêtus de paille

comment danser

ailleurs que dans ce mazout.

Le souci de cette époque  

c’est qu’on sait qu’on ne peut presque rien

on a juste les conseils avisés de Mamie,

contre l’Inquiétude de Fin de Millénaire!

 

Couche noire,sur le rivage frais dégagé à grands frais

de la marée basse au petit matin,jusqu’au soir

une entité antédiluvienne nous est imposée;

le pétrole en pleine poire!

tout à coup c’est fait,les vagues sont prises dans la masse

du coaltar couleur démon;

tandis que les pluies flagellent et ruissellent sur les vîtres, secondées par des vents

cherchant à mettre à mal les toitures des granges,

oui drôles de surprises sur les côtes ,

durant la nuit...

 

 

 

 

 

 

 

-C’est là qu’énervé,Adelin lance dans son rêve,à pleine vitesse

sa voiture à râtisser les cailloux-.

 

Les grosses plaques s’étirent s’étalent grassement sur nos certitudes

nos habitudes de vie...

Amertume en creusant dans le sable: c’est la généralisation de la salissure!

 

Les militaires sont là, ramenés après le déjeuner et avant le souper.

Ils font la tortue: « un, deux, trois, han!! »

Des goëmons inondés de mazout; si on touche les cailloux,

on est si mal protégés.

Un prof de lyçée, comme un titan ramasse pelle sur pelle de lourds fardeaux .

Il y a gros de colère...on s’arme, de courage.On a envie de se planquer la tête.

Jeunes à l’ouvrage. Un jeune et son père;

des filles avec des gants fins fignolent.

Il faut jeter les tenues chaque midi chaque soir.

 

On se met facilement à causer

juste le nécessaire, entre deux efforts

en ce drôle de moment historique

Pour résister à la catastrophe,un très vieux monsieur est venu,

il ne va pas à la fête.

 

Dans nos cervelles...le dépôt de mazout sur les neurones;

et un grain de sable en plein dedans.

Ainsi un colonel en retraite, voyant toutes ces tenues

vite usagées et noircies

se précipite et les plaque sur la pancarte Total!

 

Le mazout! Et je suis chômeur, vite cachons nous ,foetus

on aurait préféré une tâche moins sombre.

On ne peut avoir un rivage sans nuage.

Drôle de rêve, ce sable bizarre qui vient droit sur nous...

 

Sur la plage des pêcheries, unis on râtisse consciencieusement,

on va faire la fête, rigoler, il le faut.

Mais les tenues sont tellement souillées.

L’écoeurement...

Contre les forces hostiles on a quand même insisté.

Une jeune fille s’approche, on a si chaud,elle apporte de l’ eau,

éberluée désarmée devant ces boules puantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Faire la tête, ou

faire la fête,

vite cachons nous, foetus!

 

Dans la nuit le vent terrible est arrivé,

oui cachons nous

au fond de la baie notre volonté,

belle ,sauvage...où est ce?

C’est l’abominable au fond de la crique

la marée haute et forte droit sur nous,

a couché sur le sable des forces hostiles.

 

On est tous unis autour de la cheminée familiale.Le vent nous a ramené là,

15 personnes,petits et grands ,tête penchée partageant

ensemble le repas de Noël.  C’est la nuit, on rit ne voit rien,

mais on pense aux criques où jadis venaient nos familles.

On va faire la fête.

Malgré tout,une autre nappe de 1 km va arriver ,

pour le souper.

La nature nous l’a dit, elle est mal armée

contre nous même; c’est trop dur

le 31 décembre

derrière les écrans.

 

La nature,pourtant elle aussi fait tout pour faire la fête.

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Publié dans bretagne

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