on voit partout

Publié le par trainefeuille

on voit partout

 

On voit partout de ces femmes,

la quarantaine jeune,

sur un parking de super marché

courir et sauter dans une voiture.

 

Vives et l’air sympa, elles sont pourtant effilées,

si maigrichonnes même,

mal vêtues d’un jean qui ne moule rien

plus rien,

(jamais de robe, quel charme alors? quelle recherche? séduction?,)

les traits émincés ,presqu’anguleux déjà.

 

Je les imagine avant le mariage,

elles devaient avoir de beaux atouts et atours,

peut être même étaient elles rondelettes

sans être adipeuses,

enveloppantes de leur charme

douces à regarder, à ressentir.

Une fois la Lune de miel consommée,

basta!

Elles ont fondu ,perdu, si bouffées

par l’attention

qu’elles portent aux choses qui les touchent,

l’attention de l’instant.

 

Presque transparentes...

Le souci des enfants, le rythme de toutes ces choses

à assurer de front pour mener à bien la maisonnée

courir après les rendez vous les horaires assumer

le quotidien domestique,

après la journée de travail

à l’extérieur;

et le sommeil en portion congrue.

 

Faire preuve d’attention,de patience

discrètes,efficaces,présentes...

On dirait que la vie leur colle à la peau

puis les grignote

comme les falaises du bord de mer ,elles subissent

le travail de sape des éléments naturels et incontournables,

éléments vitaux.

Le temps et les assauts de toute sorte,

le tourbillon de la vie leur suce le superflu

dans cette loi dure,pas de supercherie

elles sont essorées, ça leur mange leurs attraits

gomme les ronds,

finie la mise en scène, rideau!

La pression de la vie a tout aplani, réduit leur volume

Transvasées,elles ont changé de peau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’amour qu’elles donnent sans compter

ne serait il pas de cette matière,

leur corps ne serait il pas de la bonne pâte

du bon pain qui lève

mais qui vite retombe, 

s’élime,s’évapore;à quoi bon.

 

Mais alors

pourquoi encore, ce charme!

si preignant,autre et si évident!

Elles ne semblent pas souffrir

ménageant leur espace secret;

ce sourire dans le regard,

lucidité heureuse.

Elles se sont effilées, affûtées

pour être d’une lame sans faille

d’une ténacité d’airain.

Filles du Grââl,

trempe de la chevalerie,

captivantes!

Comme plus essentielles,

apurées

 

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Publié dans poésie

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