PRISSAC
PRISSAC
Ca y est j’y suis enfin arrivé,à Prissac!
Depuis le temps...
Oui tôt ce matin je suis déjà ici à pied d’oeuvre,
bien avant le boulot, au coeur des volutes de mon inspire,s’il en est, je vaque.
Comme un chien indigène,je divague dans le petit bourg, désert à cette heure.
Pris un chemin à peine clair,venteux .
Les fils électriques ronflent à plein, soufflent dans les oreilles,les fils des clôtures
secoués grincent .
Chemin rempli de glaise,collante ;mais que fais je là.Comme c’est dur d’écrire.
Une tôle mal arrimée ponctue mes pensées, me déclarant errant perpétuel;
je regagne vite le couvert du bourg ,glissant sous la bourasque,
sous les souffles aériens.
Je croise un troupeau bêlant, avec des petits.Groupés autour de la botte de foin,
abrités comme il se doit.
Le bourg est serré contre ce vent,qui s’appuie au dos des maisons couleur terre
à peine visibles ce matin, malgré le jour levé.
Sur les portes ,verdict: « à vendre ».Une ancienne vitrine aux vitres très sales
fait office de remise à bûches.
Pas de client à la boulangerie. Personne ne viendrait se hasarder à sortir.
Attente et patience,les deux jumelles ,les deux vieilles de l’hiver.
Ici est la lutte contre des drôles de choses,pas de doute.
Ca bruine , les giboulées viennent et reviennent, s’acharnent;
je patauge.
Près de l’église passe lentement une vieille dame.
Sortant de la petite salle des fêtes,une autre femme se hâte.
Et puis c’est une femme jeune,son bébé emmitoufflé serré contre elle,
elle fait la bise à une autre ,et court.
Sont bien pâlottes.
Je repense à la bergère de tout à l’heure...
Encore une ! En voiture. Et oui c’est ici l’entrée de l’école!