blés
blés
au loin palette de peintre
partout
en carreaux,vert-jaune ou jaune foin
en moirés nuancés
ilot d’ombre verte touffue
un bois dans un creux
Des petites pancartes annoncent
« Pissoison » « Fontbon »
Mélange de genre de jaunes, de gens
jeunes et généreux, comme des douceurs
méridionales et médicinales.
Velouté de ces champs d’épices d’épis.
Blés par horizons entiers
Se frotter la joue sur cette soie tirée à perte de vue
se rouler dans ces étendues de couleur
à pleine gorgée.
Le soleil fait la fête à longueur de jour,
tous ces milliards de cailloux blancs ont donné
ces milliards d’épis d’or richissimes!
il joue à l’artiste
forme,pauffine les grains -les gains-,
tel un sculpteur.
Mais ce jaune, le même que celui de l’astre royal!
Fusion confusion, le soleil ce sont les blés
transmutés!
Humilité des épis, tête penchée,
mains fines,pendantes
Les airs moites tremblent et s’évaporent vers un azur pâle
Immobilité de la chaleur
Envol d’un groupe de corneilles,qui réussissent à s’arracher,
éparpillées
Rares toits par dessus le plat des blés: « les valles » , « les nourris »...
Bruit velouté des épis sous cette petite brise.
Là un arbre, veillant avec son auréole noire autour du pied.
Bruyance jaunie de ce tapis étalé.
Ample couleur ambrée
Langue de sable, plage vivante ,
déferlante abandonnée .
Le soleil fait péter ses vibrations,illumine l’air
et le moindre recoin de détail;
il passe tout en revue,sèchement.
Il vous descend dessus,vous dissèque,
projète du blanc aux yeux.
Voyeur, rien ne lui échappe.