fougère sur granite
je suis parti pour les monts ;retour ce midi
mais pas sûr.
A Marsac le boulanger me conseille. Essayez du pays, vous verrez de l’effort.
7 km de fougères hautes et drues à foison, des fougères folles et vertes sur granit et humus
Etrange ces petits dessins au hasard des routes enfilées
Je redescends sur St Léger .Dans l’échancrure de la petite église, silence d’un vallon
où j’entends les 12 coups.
Silence de la moisson qui vient
Trop grand soleil , dorures des haies sombres
Dans les collines boisées l’ombre se fait une fraiche toilette
Ce soir quand pointera le petit lumignon ce sera éteint mais
dans la petite chapelle de la Forêt du Temple c’est une veilleuse
Bien équipé je reste une heure, allongé sur le vélo, accroché au cosmique
pour ne rien perdre de St Gousseaud , village perché oblige, ça va monter,
7 km mais frugale lumière d’arbres, petite fête de l’air sauvage dans une chouette petite montagne reconnaissante
Je suis humain je peux je veux ,j’aime
la terre et ses cachettes et ses souterrains
je reste en scène
Je peux y repasser plein de fois
J’oublie tout, c’est l’année sabbatique , dans ce granit.
Je mène une danse à peine voilée , endiablée dans ce roc
dans ce bocage aux volutes de verdure , végétal de haute volée
laissant s’échapper par interstice un de ces panoramas
d’où les vieilles pierres me parlent .
Ombrages du feuillage
dans le ciel mais
odeurs suaves des sureaux
ténébreux aux narines
Je vais chemin chantant, bien achalandé cahin caha chevrotant me croise une 2cv en bonne forme. Ensuite ce sera les USA, puis la Hollande ?
Monts d’Arrée en forme de chaos de rocs assemblés au dessus de filets d’argent
et de lavoir aux teintes saintes.
Je vois les collines sur 7 km,
Et à Bersac , adieu Berthes !
La jeune fée bien connue, en serge noir au milieu sur la route
Si naturelle qu’elle soit,
me parle de l’étape du Tour ,
Qui l’eut cru, d’une fille du cru !
Décidément ,à la faveur du vieil orme, je demeure en époque celtique
au milieu du culte où l’homme a laissé l’ampleur à la nature.
Ben oui la fille des collines, c’est elle :
« essayer la route qui à travers moi monte au menhir »
Crâne rasé j’y vais ,je veux voir ce territoire si bien caché, mais avant il faut franchir
ce ruisseau bizarre en Berry :« la Notre Heure » !
Ces forêts sont lumineuses, et reconnaissantes de ma bonne forme ,
y a de l’humus dans le chant doux des collines.
Chant de la manne céleste
Les graminées me cèdent leur ocre chaleur ;
Sous les auspices d’arbres en pèlerinage.
3 fois ! traversée de petits êtres étonnants et bondissants, alors
comment ne pas être maladroit ? je rôde ici
en silence, voie de la sagesse.
Rochers sous le bosquet de châtaignier où le temps rouille les feuilles .
Dans un mégalithe, à l’intérieur il y a un petit verre posé .
Quelle attente, et quel élixir ?
Intenable ce manège ,alors j’attaque une petite sieste.
A foison ce tranché du vert sur le bleu cru
et derrière les collines de forêts il y a , sûr, les coups de la petite église
de Grandmont ,cette abbaye en ruines ;
demandez aux anciens si je suis loin du compte !
et du marché de Naillat
Sans être à bout de ces merveilles, si petites …je crie
là, plein de fois sans doute, dans ces herbes banales,
Luxuriance de ces fines tranchées lumineuses
où coule le temps
à l’envers du nôtre
7 km de fontaines, lavoirs
et route directe qui monte à St Léger. Vers un dôme ensapiné.
Et c’est ma grand-mère que je vois qui monte lentement la côte du bourg
sur son vieux vélo avec ses habits et son chapeau noirs.
sur son passage ,des fleurs sous les ombres opulentes,
et je repense à la jeune femme en sarreau, au chant vif et pointu
Dans ce coin c’est moi qui plie
Ombres bienfaisantes des graminées,
au 1er chant de la chapelle
Je suis le fil ténu
Mais les petites routes trainent ;
étranges, ces petites étincelles dessinées sur le bitume