rdv au Dorat

Publié le par trainefeuille

Je me retrouve ce matin à 7h au Dorat, Haute Vienne, encore une surprise pour moi, ce n’est plus ma contrée !

j’assiste au lever du jour, sur les vieilles pierres du bourg, sur les remparts, sur la porte de ville ; la vive lumière céleste crevant sous les nuages achève de me dépayser. Que fais je là ? en tout cas je suis dans la surprise et l’émerveillement. Anciennes bâtisses de la place, et au beau milieu une statuette féminine en bronze qui représente cette petite cité , « capitale de la Basse marche », arc boutée sur son rocher. Je revois soudain le moment de la construction de cette ville, de nature défensive, et même antérieurement, l’époque d’avant les villes, et d’avant les bâtisses en bois, l’époque des pierres, des cultes de la nature…arrêtons le vertige !

Près du lyçée désert je suis posté, et alors ils arrivent, les jeunes ,petit à petit, ouf autre chose que de la vie minérale et historique. Ça cause, tandis que les lampadaires discrètement s’éteignent.

Je vais boire un café au bistrot « le français » où déjà un type est accoudé au comptoir ,s’occupant de son verre de blanc. Retourne me vautrer dans ces ruelles pierreuses, chatoyantes sous ce petit soleil, me sens bizarrement d’ici, où ici tout dit que c’est le début du pays d’oc…un pays où le patois n’est pas comme plus haut…

Les murs mal faits, arrondis, les toitures inégales, ça me plait. J’aime cette pseudo imperfection. La grande collégiale, je le sens, repose encore, cette grande roche sombre, ce grand vaisseau de pierres, trapu, non je n’ose pas encore aller à l’intérieur affronter l’obscur, et fuis vers la civilisation, me retrouve dans une boulangerie, ouf. Que c’est lumineux, bien actuel…Amen !

C’est toujours un peu comme quand je vais sur les collines granitiques du sud Indre (en vélo de préférence), sur Crevant par exemple: magnétiquement je me sens autre, attiré par cette frange, cette limite, je sens que je passe une frontière, que je passe là où les gens ne « me connaissent plus ! ». C’est là où l’hiver, le froid me saisit, me dénude, les arbres givrés sont roses derrière le soleil levant, où les prairies les haies sont souvent blanches, dans ce pays où il y a plein de plis ,contre plis, de coins, contre coins, recoins contre recoins…redoutables car désarmants.

Les collines, ce granite, c’est massif, ça fait écran, c’est à l’horizon, je mets le pied ailleurs ! et si je continue, je me retrouve alors immanquablement …à Boussac, petite cité en Creuse, où il reste un peu de magie , dans un creux, sur la rivière .Pourtant son centre bourg est si petit, son vieux château est au fond d’une impasse. Majestueux, je l’ai visité. Château massif, pièces vastes, salle de garde aux dalles disjointes et immenses, monumentale cheminée décorée aux armoiries herminées ! car c’est une famille liée à une famille de Penthièvre. Il est dit que ici le granit est aussi pur qu’en Bretagne, toutes les murailles de ce vieux castel du 13ème attestent d’un bon état.

2 passants pressés marchent vite et engagent la clé dans leur serrure de porte, moi, c’est le moment du petit café restaurant d’en face. Bien ! j’étais allé déjà il y a 3 semaines, c’est là où il y a la petite vieille qui n’ a pas sa langue dans sa poche.

Ça fait longtemps que je viens ici, et j’ai toujours apprécié le charme de ce bourg. Je venais à vélo, même en hiver, séjournais à l’hôtel, allais le soir au cinéma. Tout autour, ce sont de sacrées collines (et des collines qui témoignent d’un sacré), et aussi des vallées « impressionnantes », surtout à l’échelle de ma progression en vélo. Clugnat, les Roches aux fées, Toulx Ste Croix, St Sylvain bas la roc, les légendaires pierres Jaumâtres…

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Publié dans poésie

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