rituel

Publié le par trainefeuille

Rituel ? le paysage ?

(Librement à partir de K White)

 

On est de la civilisation paysagère : l’environnement compte.

pour le paysan c’est un jardin

pour le gourmand un fruit à déguster

pour l’artiste un sujet de contemplation ,d’étude :

un territoire lyrique

pour le religieux un lieu de méditation où Dieu a sa part

pour le sportif un espace de plein air

pour le poète une aire à arpenter ,à sentir

pour le citadin ce sont des cubes et des tubes de bétons gris ou beige , des lignes droites ou croisées, des voitures et des rues

 

ou paysage l’espace naturel ?

paysage ;fouillis ou ordre ? ou ordre dans le désordre ??

est ce un tableau dans lequel on est pétrifié ?

ou alors :aujourd’hui le paysage c’est vite survolé, ça ne surprend personne, on a déjà vu, et on passe à autre chose ! ça nous semble connu par cœur , or

il comporte d’infinis détails intéressants, selon l’éclairage, l’angle de vue, c’est plis, replis, confins ; couffin même, il faut en abuser !

dans le paysage y a plein de petites poches, c’est comme ça que chacun aime s’y retrouver,

il y a un rapport avec l’identité à chacun

 

y a-t-il 2 lignes 2 formes 2 couleurs 2 formes identiques ?

 

le poète prend la nature comme moyen , comme locomotive à vapeur,

voyager de ci de là à travers ondes, ressenti, odeurs, éthers brumes et le reste ;

feeling induit au raz des pâquerettes,

guidé, dans le laissez faire proposé par Dame nature,

désoeuvré,on se laisse méditer, ce temps tout à fait personnel est un lieu de

tutoiement, chatoiement du paysage avec soi-même,

maternage avec cette trame dans laquelle on baigne,

ce mystère,

de par ce temps d’écoute

la permanence est lentement à l’œuvre autour de soi 

parce que la voix de la nature, est un vrai silence

on ne réfléchit pas,

c’est presque jubilatoire, on est imbibé de l’alcool nature,

 

on est dans le pays,on se remplit.

voir le végétal vivre laisse rêveur, yeux grands ouverts,

on se sent à l’œuvre nous aussi,

entre matière et énergie

on ne peut qu’habiter poétiquement le monde comme le dit K. White ;

 

le paysage mental se recrée, c’est lisible,

mis en perspective, on comprend un peu mieux ; ça laisse à voir plus loin.

On est avec la tenace envie de ré-enchanter le monde.

en même temps que d’aller vers la mémoire ; c’est un travail

sur la transcendance, et le relais .

 

dans la campagne on se fait un rituel de réappropriation

par le biais de cette recherche,

un lieu-dit qu’il faut faire parler,

qu’il faut essorer de son essence poétique ;

l’ étrangeté est produite,

il y a des sites qui sont « forts » ! qu’est ce à dire ?

il y a des sites cachés , des choses révélées

comme de vieux arbres, de pimpantes sources, de gros rocs usés,de jeunes et belles sorcières,ou fées ,elfes, en des endroits qui nous parlent.

 

le paysage c’est une rencontre avec quelqu’un , c’est sous nos yeux que ça se passe,

et c’est de l’ordre de l’infini, du ténu, du tétu.

On le voit, et puis on danse. Y a que ça !

c’est sous nos yeux pour un dialogue, celui d’engloutir le monde,

on y est ,

on en oublie le mystère de l’existence

écoute ce tutoiement !

ce cadeau des dieux !

 

Perception ; c’est aussi un flottement, ça met mal à l’aise.

Pourtant, interpréter le moteur de la nature, c’est comme une symphonie libre et puissante

comme la toile d’un peintre

quitter la peur ,définitivement, amorcer, vierge, le virage dans l’instant, ici.

Elargir l’aura dans le champ de trèfle

les mots, c’est les gouttes de pluie sur les fleurs de trèfle,

alors ,

comment nous sont donnés ces mots ? quelle pluie ?

A portée de corps, de sens peut être là est la clé du mystère,

pour toucher le génie ,l’arpenteur du lieu

depuis des lustres, par le corps on sent mieux tout ce qui est dans le désordre .

 

Le paysage donne du relief à nos pensées

on voit que les choses ,n’existent qu’ avec du relief.

le paysage le seul endroit où on peut avoir du recul !

la matière rejoint le rêve, le rêve rejoint la matière

pourquoi ne pas rêver un territoire : celui d’où vient notre clan ,ou

celui où on va aller .

 

On est en marge ? et aussi au cœur de la vie en voyant un paysage ;

retracer ce qui y est en vie ,en jeu depuis toujours !

pour un site, il faudrait revoir en arrière toute la vie :il y a 20, 100, 300 ou 2000 ans !

voir un paysage c’est tout un métier

à sa façon

c’est un nid géant, aux traces d’hommes

une origine, dépouillement de soi 

 

Eloge de la friche

forêt refuge

esprit nomade .

Unir les strates du temps , le

patrimoine de nos aïeux à voir avec un oeil de cosmographe,

angle d’attaque pour explorer l’univers, pour tenter de l’expliquer.

Quelle approche ? au temps qui se passe…

mais il faut se donner du temps , de la place pour le mystère, pour qu’il veuille bien nous en montrer une once ! car

on ne sent jamais si bien une chose que quand on y saisit une épaisseur de mystère, de secret.

 

Dans le mystère de la nature, il y a le mystère de notre venue !

De la venue de la vie !

Paysage : miroir ? à l’image de l’eau .

la tragédie du chaos ? ou sa merveille? Quelle texture

dans un chaos ?

quelle profondeur , selon Marcel Duchamp ?

Le regard essaie t il au-delà du paysage, à saisir une énergie première ?

 

Réflexions pour la veillée…

Par temps de grand vent , devant les paysages défaits ,

tâter du tangage , par gros temps ,tâter du langage oui, sans abuser les soirs d’hiver

car les mots les phrases sont bien les nouveaux terroirs, à découvrir, les nouveaux espaces, naturels pour les hommes…

 

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Publié dans poésie

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