papa bouclette
Au coeur tu gardes une petite bouclette ce sera toujours des fleurs pour toi
Mais de périodes en périodes on est passés un peu
à côté l’un de l’autre comment se dire quand on se voyait
c’était pas facile de se mettre au diapason en si peu de temps ; si peu d’espace
le sentiment, les repas, les vacances ensemble, et l’amour , est ce que ça rendait si mal dans sa peau ??
ça sentait si bon l’odeur de l’amour à l’époque où on était près de toi, petits
Bien des fois je me souviens de l’odeur de tes joues quand tu nous faisait la bise (qui était très sonnante et charnue.) Affection , et la mémoire de cela, oui.
Eté aux sources, oui, dans tes bras…comme c’est drôle, de la part d’un garçon.
Ça sentait si bon la bruyère si bon l’amour
Ça sentait si fort l’amour qu’on s’en souvient , parce que ça ne reviendra plus…
Vertige. on ne voudrait pas
Que ça s’arrête, quand on le retrouve ce bonheur, si petit et si fort
On ne veut pas être absent à cette joie là, absent au regard de l’Autre
Tu la sentais venir cette maladie si personnelle, qui te gouvernait, prendre le pas …
Mais tu faisais silence ! Tu voulais à tout prix prendre de la distance
cette grosse averse ,avant la nuit ; en profiter…
Mais nous, avec Joëlle et les enfants on a voulu tenir, soudés, dans cet événement
L’amour perdure malgré ce silence qui remue tant
Continuer sous le son de cloches invisibles le cap de l’amour , de l’incompréhension
On l’a dit à nos enfants, petits encore, à Eline toute pleine de vitalité
Pour papy « lui garder une petite place de temps en temps, une petite pensée »
« tu sais papy Marcel est mort » Joëlle la prend à part, et passe sa petite main sur son cœur. Les 3 garçons sont frappés de stupeur à la terrible nouvelle.
Une petite fleur des champs
Qui s’agite doucement on ne sait sous quelle brise quel souffle étrange et paisible
Un petit rire pour toi, comme si !..
On croyait à ces petits riens
Qui changent tout
Et
Changent un rien à la vie qu’on mène
On est juste d’accord là-dessus te faire plaisir encore t’envoyer ce message au-delà
De tout, même si c’est grand dommage
Malgré tout
Mais on ne peut pas, nous, parler de la mort,on ne peut parler que de la vie et des petites morts, celles des ratés de tous les jours.
Le trou reste à combler,sans cesse ,celui du chaud ,et le froid qui fait des ravages.
Quelque chose à faire ? oui certainement
Contre l’obscur qui souvent nous guide mais comment
Vide de l’amour aspiré bouffé par cet événement
Dans le puits de la vie de la mort
Et la vie est à faire couler, le contraire de faire couler le sang
C’est comme à chaudes larmes,
La vie ,c’est comme des loups à mener
Mais l’amour, filial, c’est des forces si puissantes,
Tu nous a transmis à ta façon,ces forces de vie
Au cœur tu gardes comme moi une peur celle que tout ça ça serait rien que faut croire en rien
Que tu te fais trop d’idées
Le temps est passé. Point.
Qui ne revient pas, qu’on est passé à côté l’un de l’autre, depuis toutes ces années. Point.
On est passé l’un à côté de l’autre, mais on a pensé, l’un à l’autre.
Et on a puisé au meilleur, dont on a tant besoin, hein, comme grand père, grand-mère, tante Albertine…
Merci tant et tant . Ca a commencé il y a si longtemps.
Pas à pas : vertige et tendresse.
Quand petit tu vois que ta main se trouve dans les bouclettes de son regard
Le temps qui passe n’est pas fuite ,c’est le Pérou
Tendresse, y es tu ?
Un laisser aller, un vacillé
Nostalgie des grandes vacances, tous ces coins de la côte sauvage, Assérac, Pénestin, Herbignac ? Pen Bé ,toute cette Bretagne sud qu’il ne fallait pas nommer,
Que tu ne nommais pas mais… tu voulais nous faire découvrir la pêche à pied à nous initier…
regrets de ces bons moments où nous étions proches, et c’était pas volé
Photos en miettes mais photos quand même ,chaudes dans notre esprit
C’est quelque chose de si terrible ;papa dans le clair matin ;
Si fort, tout ce qui nous dépasse.
si fou le manque d’amour qu’on peut se donner
Tenter de comprendre ce trou si profond
Tu as sans doute essayé, c’est tout ce que tu as pu
Mon père comment je peux croire, encore, après ça
Tu devais être en quête ,de quelque chose de si lourd,
Tu as du tant souffrir ,au bord du puits de la vie
Tu as tant donné de coups de main, de temps de patience à des amis des voisins
La famille, et à nous ! aller récupérer à la décharge des voitures à pédales déglinguées pour en faire des flambant neuves !
Tant de temps comme militant qui avait la foi, tu oeuvrais pour que des choses changent, pour que de belles choses arrivent , enfin,pour qu’il y ait une place
Pour les hommes
Pour une vraie entr’aide
Mai 68, tu m’emmenais dans l’usine vaste, occupée par des pique niqueurs en famille,tu nous montrais fièrement tes copains (avec leurs surnoms) , ta machine, tes pièces usinées…
Que sont tes amis devenus
Souvent décédés au lendemain de la retraite
Tu regardais la nécrologie chaque jour dans le journal
Comment si seul tu t’es senti acculé soudain ?
Tu t’es donné tant de mal,
Tu as été un père qui emmène, qui montre ses croyances ;
Pour quoi ?
Que ça a du être dur de voir partir
Quitter un à un ses enfants du berceau familial, avoir senti passé si vite
Les moments de bonheur
Regret de ne pas avoir fait plus? autrement ?
Tu étais pris par les travaux de bricolage ,dans le garage souvent
parfois j’y étais quand le grand Pierre ou le père Suzon étaient là pour trinquer
Avec toi au cul de la barrique
Les liens, ça s’est créé
Et quand on faisait ensemble les vendanges de ton morceau de vigne, avec les voisins
Petit, j’avais prévu les choses du futur dans le domaine du meilleur
Mais après l’amour l’amitié ça se comprend guère
Et, Créer des liens quand on est père
quand ça se fait ? le temps qui est pris par la vie nous malmène
Besoin les uns des autres mais
On peut pas dire qu’on se soit causé
Tu nous a transmis une façon d’aimer la vie pourtant
Comment peut on dire que la fontaine de la vie ne veut pas de nous ?
diminué tu n’as pas supporté
su porter avec un ami
Submergés on est tous à l’enterrement de papa
A l’église
Nadine pleure
Maman est vacillante
Qu’est ce qu’on peut nous tes enfants, petits
Aujourd’hui
rien ,pas grand-chose sauf se tenir l’épaule
Venu du fond du cœur ,du corps
Quelque chose d’autre qui peut être atteint ,
venu du fin fond
Du fin
Du
..
fin fond d’espoir ou de désespoir
miroir à double face
le regret pour moi n’est pas là pas encore
il reviendra par bribes, par bouffées, aux durs moments
- pour le moment
2 sons de cloche
pour t’appeler papa
au cœur du silence secret
petite main dans la tienne
quelque part
ton cœur gardé tout frais pour nous
comment avec un ami
partager
vivre caché
comment
être si faible
pas de ressentiment
en nos cœurs
bouchées doubles à mettre
maintenant
pompe si dure à amorcer
tentative de l’irrémédiable
au vertige du clair matin
pas à pas
se re-construire
vertige de tendresse à découvrir
sans cesse
creuser son sillon
hein ? comme fils de paysan
faut labourer et semer,et du bon !
comme le vin,
y a pas !
dommage tu n’es pas venu
jusqu’à chez nous
pas pris le large pas pu
t’aérer, j’ai pas compris.
Ce serait fini ?