la vie si pleine
La vie si généreuse si pleine fine et enthousiaste je l’ai touchée dans mes carnets petit à petit
à petit feu, croquée, plaquée ; j’ai vu se jouer la tendresse ,pas préparé resté sur le cul scotché Et Joëlle au milieu du jeu ! chef d’orchestre incontestée elle noue les fils des fêtes dans les têtes des enfants des petits copains et copines , et
c’est les anniversaires fêtés comme il se doit ;au beau temps dehors les pâtés de terre, les jeux d’eau, les courses en voiture en plastique à pattes -les porteurs- tout autour de la table à toute berzingue,ça fait date …
C’est resté là, souvenir calme et c’était là, le bonheur ? la bonne humeur ? là où chacun se terre au mieux de lui-même, là où on apprend la vie ,pas la peur ,la négligence, la fadeur ; la mièvrerie
Non c’est plein pot, j’ai mis du temps à l’apprendre, à le vivre pleinement
Je la voyais les voyais elle est trop ils sont trop !! trop top, et moi ? que fais je là ? pas cap d’être aussi bon ! aussi libre ! de rendre quelque chose,moi ?!
Je les ai pas vus grandir mais les ai vus heureux, bienfait immense, vrai cadeau,
Me sentais bien petit, éloigné de tout ça de prime abord, même pas peur ! merci les gars
Adelin remontant ses grandes lunettes et m’interpelant, me dévisageant expressément comme ça d’en bas, ça m’a chatouillé, j’ai été sidéré, voilà ce qui s’est passé, ça a aiguisé le papa.
Où est ce passé, et bien y en a pas, c’est aujourd’hui et c’est hier, toujours pareil, frais, sans tache , chaud le cœur ,et en liberté! magnifique petite humanité chez moi, chez nous,
toutes ces scénettes revisitées , vivantes encore…
je les emmenais ici et là, c’est chacun qui me menait en fait, volontaires et inspirés dans leurs jeux, sans ennui, y avait rien à faire que de les regarder, cette vie marrante, pétillante ; ils décidaient ,
Ils jouaient suivant l’inspiration, si simple que ça donne le tournis . Si vécu et bien vécu, en rester là !!
Car c’était pas tout à fait comme ça chez moi étant petit, alors ça a bousculé ma façon de voir l’enfance ,beaucoup de remise en cause au départ, souvent je faisais la tête, au milieu de la fête, bloqué ,jaloux, de ma propre enfance « inférieure, ratée »,.
C’est quoi un père normal , le mien ? je cherchais autour de moi, sans réponse j’étais comme la méduse, dans la mélasse, tout seul , et fier ,prenant une distance bien fâcheuse
J’étais pas rigolo, mes ptis gavroches, infréquentable, vous me glissiez entre les doigts, je vous glissais entre les doigts
Je vois ces photos d’il y a 20 ans, ravissantes de joie, neuves, pas touche ! spectacles gratuits !
Je suis re-né. Elle me disait :cherche pas à être comme moi !
on faisait ensemble du vélo dans le coin ; elle me laissait me dépatouiller, je me trouvais un peu ridicule, je me détendais ; qui c’est celui là , qu’est ce qui c’est passé ?
Et tout ça ,ça s’est passé déjà, comme hier, comme il y a 20 années, le chapitre est clos,
Elle s’y donnait de tout cœur de toute son énergie,d’amour, incroyable, leur apprenant tout, leur fabriquant sur mesure ,et inspirée des repas des vêtements, des sorties des fêtes et j’en passe,
intimidé je prenais des notes,
trop fort pour moi…
ce soir pti papa sanglote
Comment est ce que ça a pu se passer comme ça ?je découvrais sans arrêt,
j’attendais le soir pour les voir, ou le week end…la nichée de famille, j’imaginais jamais cela avant
Il soupèse ces vieilleries, qu’est ce que ça vaut !cette ribambelle qui s’agitait qui riait et rêvait a une valeur plus que tout,
Il en est passé du temps ainsi, me calant dans leur rythme ; acceptée cette tendresse qui nous envahissait tous, faisait lumineuse chaque minute passée ensemble, l’ai regardée en face
Crise d’aise, crise de rigolade
Bien joué ! j’étais réjoui mais j’ai pas assez joué avec eux, pas assez ri, pas assez avec eux
C’était si dur la tendresse ! la tendresse est ce sérieux ?
Au début je voulais surtout qu’ils se calment…me glissant entre les jambes à toute vitesse avec le porteur, pendant les vacances mettais une semaine pour m’adapter …
Pour entrer dans la farandole dans la joie, j’ai été apprenti des jours et des jours
Adelin ,par exemple m’a montré à sa façon que je n’étais pas le gros méchant et égoïste que je croyais être, avec ses questions à lui, authentiques et touchantes, son regard à lui, prometteur, il est venu me chercher
Déguisés dans de vieux vêtements ,quelles grosses parties de rigolade, au milieu des mamans qui papotent ;- c’était moi en fait qui était dans de trop vieux vêtements -
Me morfondais d’eux au boulot, vivement ce soir !
Ils devaient se marrer me regardant…je rajeunissais ;après avoir longtemps résisté…
les sentais les admirais prenais de la patience ; maintenant ils sont adultes et je les admire tout autant
j’ai eu beaucoup de mal à leur apprendre quelque chose, de moi ! je ne sais …
C’était violent, les années papa, la brochette familiale, mais ça y est ,on est tous formatés pour l’amour, et pour longtemps !
Adelin remontant ses trop grandes lunettes sur son nez …