objets

Publié le par trainefeuille

Quand j’étais petit à la campagne j’étais souvent à 4 pattes dans les fourrés les haies je rêvais d’y trouver des reliquats -des reliques !- des casques à pointe ou des jouets défaits rouillés, à retaper, à découvrir, ou une vieille épée du moyen âge, ou bien c’était carrément un passage secret pour aller dans le monde d’à côté, celui qui n’est pas si visible que ça ;

c’est peut être pour cette raison que, au collège avec 2 copains Yvan et Vevève on allait visiter des souterrains sous la vieille ville, près de la rivière, quand on était dans la boue et l’obscurité –à la bougie qui vacillait avec les courants d’air- et qu’on ramassait surtout des heures de colle le samedi .Attiré par les forces de l’ombre, l’obscur ,l’inconnu total . Mais je m’écarte du sujet ;

Régurgiter, faire ressurgir des choses du passé lointain c’est un sacré voyage ,sidéral, sidérant, et même une vieille auto pourrie dans un fourré me plait et j’aimerai y trouver carrément un bon vieux grand-père de 1885 assis tout sec sur un vieux banc dans un vieux potager devenu roncier inextricable…et j’aimerai bien qu’il en soit de même pour moi !où en suis-je ?

En dessous de vieille ruines trouver un château magique ?

Les objets prennent ils leur revanche ou plutôt :ont-ils une seconde vie ?

Laissons s’exprimer ces objets nommés futiles, il y a chez nous dans la prairie dans les broussailles un vieux char en bois fabriqué jadis par Dorian, et un ex VTT envahi par des chèvrefeuilles oh combien odorants, tout ça bellement embaumés pour l’éternité !

Mon père m’emmenait à la décharge ; dans une ancienne petite carrière il y avait tout un stock de vieilleries plus ou moins vieilles, machines à laver, tracteurs , carcasses d’autos, arbrisseaux, mousses vertes, matelas pourris, il y trouvait plein de choses et avec 2ou 3vieilles auto à pédales ils nous en faisait une en bon état de marche, pareil pour les vélos d’enfant ; on y avait notre cachette dans une anfractuosité dans la falaise on n’y invitait que des copains dignes d’une confiance totale ;ça sentait pas bon mais on aimait quand même ce repère. On était redoutable dans cette antre.

Ces objets ne nous étaient pas hostiles, ils étaient enfin inertes, reposés ,calmes, autres, domestiqués et on aimait se mettre au volant de tel ou tel camion inactivé à jamais

Oui dans son petit atelier mon père qui faisait lui-même ses outils , fabriquait une tondeuse avec un moteur récupéré ici ou là et un couvercle de lessiveuse etc…ah les objets, il savait y faire !

La veine familiale a été un peu conservée, dans son atelier je bricolais moi aussi . Après avoir fouiné dans les petites menuiseries du coin dans la caisse des chutes, je ramenais des cubes ou parallélépipèdes et je plissais rabotais creusais et peignais, créant une auto ou un vieil autocar, avec des chromes tirés de papiers à chocolat, les phares des clous peints et les roues des rondelles dans un manche à balais :::

C’était des véhicules anciens que je découvrais étaient décrépis dans un bosquet dans un coin ou un autre et dont j’ai fait moi même les plans/. Objets devenant animés, aimés avec soin, que je donnais ou gardais.

Détournement d’objet , refondation de l’objet On s’assoit dans notre maison dans le séjour, sur des rouleaux de belle corde végétale, ficelées. Ces rouleaux compacts et confortables avec un léger coussin, proviennent d’une usine de corderie qui fermait. C’est la vie !

Et ces pierres déterrées par un agriculteur de toutes formes plus ou moins rondes ou plates, chargées de fossiles de mer très visibles et variés, je vais en chercher pour en mettre dans des beaux coins de notre jardin, ne sont ce pas de détournements , mais esthétiques et aussi scientifiques cette fois ?

 

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Publié dans poésie

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