les abeilles donnaient un bal

Publié le par trainefeuille

Matin, les végétations fument la pipe, dans les franges en guirlande ,les veines d’eau

dans la boue des chemins, traces brillantes pour y deviner l’avenir,

fruits à terre… y regarder pousser des solitudes, aussi celles qui préoccupent

Vieilles échines qui ne sont pas en toc, ces vieilles chemises, ces longères qui telles des dentelles, remercient Dieu ;les frotter avec la vigueur de son sourire ,

Au milieu du champ, un arbre sur blés , il donne le la dans les bols d’air fin

de ce coin d’or fin de pays,

Là où on se meurt, c’est de 1000 feux,

 

Bel ouvrage, bien fait des labours, les laisser germer,

Tu es perché, discret bois, je sue à vélo à cause de toi , théâtre de la nature,

Les abeilles sauvages donnent un bal, les haies les buissons enfleuris brillent mais

sur quels visages ; qui se ment là, à admirer les étendues d’herbe riche ,à regarder passer les pies qui s’élancent ?

on est de la ville, on se meurt de réfléchir vite si vite, de bouger si vite, une heure c’est ici une heure c’est là, se connaitra t on ?

Y a là 2 copains qui ont l’art de flâner de percevoir dans les choses des voies pas ordinaires, vieilleries ou poésies, paillettes scintillantes, ils les frottent sur leurs manches, comme des vieux bois

vagabonds qui ne savent où aller où terminer,  jusque en ces lieux où les rues et les odeurs sont devenus sombres ;avec les vieux volets , ombres trop vides,

mais des flammèches au dessus se livrent , un vieux monsieur donne à boire aux hirondelles, une fillette à l’école dit quelque chose à l’oreille de sa copine à la grille d’entrée ; c’est le vert printanier,

Un grillon  réveille un petit garçon de sa sieste, le soleil tape sur la peau des ronciers, regarde passer les formes multiples du végétal ,

Sous les doigts du ciseleur, 3 chevaux de labour gris au travail, vus dans la lucarne , qui sont bien dans les fibres de ce petit pays ; on demande où vont ils ?

L’un se penche à l’encolure de l’autre

 

une vache de bonne tenue se recoiffe se frotte les cornes sur la croix blanche, elle descend de scène regarde la guirlande des rayons du soleil

elles n’ont rien renié, minérales ces bêtes raffinées dans ces vallonnements

regardent au loin défiler la marée de l’humanitude, en compagnie des libellules bleues

les arbres dardent leurs chattons, le ruisseau veut chanter là bas, famélique,

au comptoir du bistrot il y a qui, personne !

vieux bourg cadenassé, tu dors ! tu manques de rêver

même avec tes phares allumés !

dans le flou c’est l’enfoui  

ici caché on veut mourir, totalement 

 

la campagne, j’y monte à califourchon  me délecte des virgules de terres fraichement remuées,

vois tous les muscles qui jouent, bois les jus d’orange des rios, oh ! silence si bizarre et puissant de l’eau qu’on ne voit plus …

Où aller ? tout en haut du grand mur 

on se meurt des cris d’enfants absents, pas de rires à bride abattue, victimes  de la tyrannie des soudards économiques, l’énergie farouche est trop loin des bois délavés,

des façades paysannes, silhouettes creuses derrière les haies, haies de quel honneur ?

 

Pontarion, Km 140, délaissé par habitude ,qui regarde passer jusqu’aux jours meilleurs, tu accueilles les passereaux qui ont tant à dire,

on ne se meut pas d’un regard froid, indifférent

suis-je le bienvenu ?

après avoir mangé mon 4 heures dans ma 4 L, comme vacancier je suis là, perché

sur mon mollet, vais pour me tremper dans les gorges du Taurion que je surprends bien plus bas

appel d’Adelin au téléphone : papa tu pars travailler ? tu reviens quand ? Odeurs de scierie, je ne sens rien, je suis interdit,  les miens me donnent en plein cœur  

La lucarne de l’étang regarde tout cela calmement

Et cette cohue immobile de mottes de terre, et là bas la petite fourmi

une voiturette sur le serpent macadam

 

marais ,tu as de ces roseaux,  je trouve du temps ce midi pour y régner ,

à côté d’un  arbre aux papillons, vif en fleurs le soleil me mitraille savamment

sur le poitrail , fait son remue ménage, je cligne des yeux sous l’ivresse,

ton océan, dans ma tête fait des bonds ,de rare nuage plane ;

bien occupé, je ressors le cerveau net, sur les chapeaux de roue avec mon billet,

toniques mes cordes vocales sont de bonne humeur,

 

maisons en berne ! de la chaleur humaine SVP sinon rien ! pour enfin s’y laisser bercer ,

ou percer

pourtant tant d’arbres donnent leurs fruits se baissant à raz de terre

 

Hameaux de peinture, petits marais inexplorés , mon pas peut alors quitter les chemins et me conduire dans une chapelle qui n’est plus visitée que par la boue des chemins , la lumière tapisse sa peau

Le couchant c’est mieux ,chaque motte ,coque rouille se fait voir

Sang des gens honnêtes et fiers qui tâtaient le fil du couteau ,

le village est respecté par les éclats du silence, un rire-gazouillis qui étreint la verdure, le naturel qui brille de 1000 feux , oui ça s’appuie sur quelque chose qui rôde

 

je m’arrête rendre visite au petit épicier magrébin du bourg :alors mon ami, toujours à vélo ? son regard éclaire ma route, livre ouvert, radieux.

je grignote sous la pluie d’orage

devant la longue perche au soleil

 

Sur la petite place, la statuette de la jeune prêtresse égyptienne trône, tenant bien haut la lampe au bout de son bras fin, regarde au loin, au bout des heures , les rayons y caressent les pierres grises tout là bas ; ici dans les éclats de voix les étals s’animent,

c’est la préparation de la fête de la pomme

 

Sauvages graminées d’argent si finement ciselées,  effluves de parfum ventre à terre,

dardent elles des idées ?

tu sens le monde en ses campagnes, il te faut le décrire

en dehors des registres, trouvé là même où les cerises commencent à rougir, tout comme moi vagabond suranné

 

Petit bourg dans ta méditation ,  regarde, des petits vieux marchent et chantent très doucement, encouragés par les oiseaux

Immobile sur mon piquet je vois tout depuis mon minuscule lopin de terre, ça me rentre dans la tête , je me mets des glaçons dessus, 

des cendres me tiennent debout, ou bien c’est la grande graminée sauvage !

Un avion est très loin, mon cerveau n’est il fait que de morceaux faibles ?

mais là bas les 3 chevaux gris au labeur bien avant les hommes qui sont je ne sais où,

il faut remettre tout à zéro avec nos mains calleuses,

 

mais où est ma boulangerie et sa boulangère ?Ah  le confort !

Un petit je ne sais quoi me tape sur le bras, ami? cri ? qui me cherche 

Polis arasés du soleil sur l’herbette, touches pointillistes, voici ce cœur attendant les jours meilleurs

 

une vache se gratte la robe contre la statuette égyptienne, grand sourire ! 

la vie à l’instant dans l’univers d’ ici  fourmille dès le revers de la feuille,

le désordre autour ça crépite,

j’ai du rouge sur le derrière ,c’est mon beau vélo qui roule au naturel !

 

je reviens hier !

revoir tout ce qui bouge, noir et frustre, même dans les vieilles granges effondrées,

gros mamelon maternant hirondelles  chauve souris ou chouettes

les chasseurs ont quitté les bois et les gerbes de vie animales, ils ont les yeux rouges ,

 

je croise une jeune femme arrêtée, penchée sur son mollet, soudain qu’elle est surprise!  

La morosité des gens qu’en fais je ?  je mets les roues dans le plat, descends l’eau de la rivière

qui souffle sur le sommet de mon crâne, des fleurs entrouvrent les yeux, en traversant la respiration si lente de ce coin

 

tu es toujours sur le fil du rasoir, avec le soleil contre tes yeux rouges, avec la luminescence des veines sur ton corps

Vite, réinstaller des brillances , se mettre à crier partout,  éclatant d’un drôle de rire,

moins cabossé que celui des saisons tristes,  il reste à installer les sculptures humaines ! des si magnifiques , si en mouvement ! à la hauteur, quoi, qui ne se lassent jamais !

super tableaux de peintres !

 

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