taupinières
Taupinières
Ou bien touffes d’herbette entre les plaques de ciment :
Ici les ronciers luttent contre le néant, aux côtés des oiseaux et des pierres
La nature cherche à donner, quelque chose à transmettre
Quelque chose de sacré ? ramasser les baies des gratte cul au cœur des épines
J’en ai marre de faire si peu pour améliorer les choix de mes voisins
ils ne veulent pas s’encombrer en entretenant le désordre chez eux
mais tout couper de la végétation !
Ne pas laisser la fausse vie stresser la vraie
Quelque chose de sacré ? la faculté d’imprimer notre pensée
Chacun en détient en nombre des cordes aptes à vibrer
A sauter
évitant de perdre la mémoire intime ,
se mettre dans la cache fraiche des mots,
ne pas être néfaste à leur bonne marche !
ce ne sont pas des glands ! quoique…Semons !
ah ! l’odeur des mots et du vin chaud !
Mais mes propres mots, quelle salade ! (entourés de bouts de ficelle à 100 sous )
des mots mal foutus tombaient, à cause de la pluie,
Je crie au vinaigre
Mais ici et là de mes voisins que le silence ; on ne sait pas se réchauffer de la voix ;
La musique que les bibelots sont en train de faire , écoutes ! elle apporte un grain de sel,
Sonder l’ombre fraiche des mots dans le Grand Livre Ivre où l’on joue aux dés ,
pour faire reculer le prédateur :un désert qui s’installe.
Sinon on est obsolète
Marre de bricoler avec une vie de papier mâché, de marionnette se prenant les pieds dans le bois,
Le Berry, le chant des lavoirs et des haies qui se regardent, qu’en faire ?
On en a besoin pour traverser des chemins de drôle de boue . Aujourd’hui en rêve t on ?
Où peut il cacher sa lenteur, ce pays, hors du modernisme industriel ?
Halte ! tu ne pourras pas demander encore aux arbres de reculer, aux oiseaux de disparaitre
On ne pense plus à une nature éclatante ! à des cascades de bruits variés
Vite ! Quelques pastoures rêveuses ! ici dans les champs des savoirs, lents à mûrir, qui attendent d’être à cueillir.
le Berry c’est pour la vie !
Sa sève ses sinueuses petites routes en force. Connectent celles entrelacées du monde , cosmique
Son lumignon est allumé , je le vois depuis 35 ans, il a formé ma vie, d’une facilité d’une simplicité qui n’avilit pas. C’est une partie de moi, qui n’est pas assez ressortie.
l’hiver ce bout de pays n’est que de noirs colorés, la Poule Noire ne me dira pas le contraire ; Patrie du tranquille, du petit père, mais y en a plus beaucoup sous les casquettes.
Que veut il que je fasse avec lui ? rester avec quelques bêtes et de rares poètes ?
qui l’a-t-il jamais regardé correctement ? A commencer par les habitants.
Les rebouteux disent que c’est une boîte à malices. Bon. Mais c’est aussi la résignation répandue. Les gens ont un physique embarrassé, prennent le bain du hameau.
Mangent de leur jardin.
Pendant que je gratte le gras des mots, de la peau, cherchant, la vie a tombé :les jeunes sont partis chercher des usines et des bureaux, loin. Pas de plus grand désordre !
Les retombées : quelques presque jeunes qui reviennent aux vacances , oh ! petites.
Où chercher la splendeur , la valeur naturelle ? entre deux siècles ,les âmes du lieu mêlées?
Les grosses araignées noires et velues, bien installées dans leurs antres ,veillent .
Et les gros animaux sauvages. De brigand, aucun.
Ce coin est à replâtrer, car sa peau craque .
En de calmes travaux ?non mais vent glacial
Je ramasse à la balayette, tout ce temps perdu ; on est des glands ! on s’est planté !
On pousse. On se lève !
Tant mieux. Rendez vous sous le néflier à 87 ans ;on ne sait jamais.
Ne pas rester en face du miroir. Si c’est pas de la sagesse, ça !
On est résistants, encore mais ultra modernes, branchés. Ici on ne fait pas la queue, mais
de la couture, du cheval, de l’écriture, de la peinture ; on ramasse de l’herbe pour la chèvre.
(Il est bon de la serrer dans ses bras). Bons sauvages quoi.
Chacun possède son équation (ir)rationnelle, le Berry aussi. A beaucoup d’inconnues.
Remettre d’aplomb l’édifice ? pas avec des mots-carpette qui rendent esclaves
Pas de dérision !
Les vents, ça éprouve la flexibilité des arbres , faisons en autant
L’amour incommensurable du vivant ,on va jusqu’à l’ignorer. La vie aura le dernier mot, pourtant. Mais on n’a pas sa description pittoresque, son cahier des charges. Sortir
des hommes désespérés, des squelettes inanimés . Echanger sur les coins à morilles,
avec qui ?
Ici ce ne sont que grands ours blancs aux pieds cassés. Où tu es, beauté ?
Pourtant chacun peut se décorer , se rehausser, en délicatesse! son auto son visage ses habits ! se prenant soi à témoin ; ainsi on ne peut plus dire qu’on ne sait pas !
Comment assimiler tout ce qu’on ne sait pas ? et tout ce qu’on sait ?
Tous ces grands voyages que tu fais dans les buissons et les clairières et les sources
et les frondaisons les panoramas. Tripotant les épines, tricotant au logis. C’est produit localement. On se parlait peu . Ici hommes et plantes et oiseaux sont mélanges .
Mais le savoir monotone des insectes l’été! et celui du coucher du soleil, et de la levée de la pluie ! Dans ma petite vie bien rangée.
J’ai viré vers une vie bien rangée parmi les ombres ; alors autant la savourer
Avec les yeux éteints, ah le mal que l’on cause !
J’avais rendez vous ; suis au bout du fil. Au bout du rouleau. On s’est laissé déposséder
d’une côte, comme Adam. Devenant des robots biologiques.. .Pas de côté pittoresque,
je te pris. Pas d’escapade. Vas en Egypte ou au Laos pour ça. Ici c’est suite de remembrement et démembrement et compagnie. On se brutalise ,bien sûr. Quelle toupie de béton , la vie !
Ici hommes et bois sombres sont gelés, même en dehors de l’hiver, sont coupés à vif sur pied,
Désenchantés. Passés à la moulinette. Douche écossaise. Quelle machine a fabriqué tout ça ? tout ce gâchis ? ces parts inemployées de soi-même ,ces saveurs ?
Me faut du flair, de l’air extérieur. Le lumignon est cassé. Le cœur n’est pas dans un joli tissu ; il est au crochet, comment le réparer ? Quand chacun est à part, sans audace, on ne sait pas faire.
La peau est trop terne.
En tombant, ramasses les mots par terre, ils sont d’une constitution assez forte.
La nature ? c’est un récipient qui donne la fierté. Tout n’est pas rétréci, mais il y a
la matière noire. Ne pas chuter.
Quel vide, quel sérieux dans les hameaux. Et toi qui tentes d’être un pont …
Ne pas laisser les mots se graver dans le marbre.
Soudain le printemps, la nature veut recolorier les haies . Donner une épaisseur aux chemins.
Mais où est la cathédrale de nos émotions ? personne n’en est exempt, de la capacité des humains à jouir de la joie, du fond de soi. On a peur d’aimer le Grand Livre Ivre,
bêtement rebelle. Qui est écrit au dedans, au dehors.
Peur.
On ne prend pas tout son temps dans les moindres détails. Que chacun détient.
On en revient pas très bien ,de notre mal de vivre ,d’être né.
Elle a voulu me faire plaisir la grosse bête, elle qui est reliée au grand socle rond, la Terre.
Qu’est ce qui peut me faire plaisir d’amour ? qu’elle me questionne . Mais je me suis cassé les cornes en tombant ! Comme un chien ! Ce n’est pas comme les V des augustes grues qui me passent au dessus ( quel est leur imaginaire ?)
Et nous, squelettes peu animés, nous alimentons la rumeur.
Du (vin chaud)n ! alors on n’a plus peur ! De la source non domesticable ,non négociable.
Creusant le silence de la vie, nous même, nos propres dieux ; Devenons
le grand costaud de Subligny, dansons la polka du grand Rouge, on se hâte !
on ne fait plus le malin.
Tout au fond gardons de l’amour , en ultime bibliothèque ;
la splendeur qui meurt .
Eplucheur de mots ramassés à terre, il faut compter qu’ils reprennent des couleurs !
A cause de la drôle de pluie qui tombe ils ont les yeux éteints
Mots battus, rebattus , je te les dresse devant ces vieilles maisons vides ! Démarche
de papier mâché.
Oui, dans cet imaginaire gelé, je serai grand ours blanc, et dans l’atelier de la matière noire, me cacher, car
Certitude que la petite musique cherche à passer. Agile elle veut de la chaleur.
Elle a la faconde rubiconde telle celle d’un garde champêtre ou d’un dragon…