quel crêve coeur

Publié le par trainefeuille

Quel crêve cœur c’était pour lui! Alors Bruno voulu à tout prix participer activement à ces campagnes nationales « nous voulons des coquelicots » car pour lui c’était très grave. Tous ces immenses étendues de Champagne Berrichonne , ne sont plus que d’immenses étendues de culture intensive, de monoculture ! une seule espèce végétale maintenue coute que coute sur des centaines, des milliers d’hectares ! ce beau paysage, dévasté ! on croit de la culture opulente l’été est signe de bénédiction, mais c’est l’inverse, toutes les autres espèces végétales sont tuées ! et les espèces animales, nommées microfaune, aussi ! par des tonnes de produits chimiques, des herbicides, insecticides, fongicides (bon, de celui là peut être en faut il un peu)

Plus rien de vivant dans toutes ces grandes plaines colorées prêtes pour la moisson ! et ce depuis tant de décennies, il en est encore écoeuré, c’est encore pire, se dit il, que d’avoir de grands arbres séculaires atteints soudainement par le gel à -15 !

C’est comme ces champs un peu partout à l’automne, de plus en plus nombreux, présentant une couleur suspecte, inquiétant : rousse, voire orangée, à cause des herbicides ! pour éviter le travail de l’agriculteur ; toujours et encore !

Alors avec quelques autres illuminés il se retrouve sur la place du village le soir du vendredi.

Avec ses papiers soigneusement préparés, pour l’argumentaire, avec les dessins illustrant les faits, il fait le pied de grue ,il va à la rencontre du rare pèlerin qui se montre et doucement , gentiment lui demande quelques secondes d’attention, lui pose deux ou trois questions, et lui propose de signer la pétition. Cela, qu’il pleuve qu’il vente ou qu’il gèle, ou presque ; ou bien l’été quand la canicule est encore présente à  18 heures.

Chaque fois, il y a peu de gens, mais peu à peu la pétition s’étoffe, et il ressent un peu de joie.

Ce soir là, une des personnes militantes, à sa grande surprise, se met à invectiver la personne du maire, sortant de la mairie, en l’accusant violemment , avec des mots malsains,  de ne rien faire pour les épandages dangereux à côté du bourg, et encore d’autres choses. Bruno était comme paralysé, le maire se mit à parler et énoncer son vœu concernant une interdiction d’épandre pendant la durée où l’école est ouverte, mais le type, colérique, continuait son cinéma délirant. Bruno n’a pas su prendre la parole de façon adéquate, ou plutôt il l’a fait mais pas assez énergiquement s’adressant uniquement au maire pour lui dire qu’il disait des choses intéressantes. Il aurait du s’opposer à ce type, qui est parti très vite ensuite.

La pensée de Bruno n’avait fait qu’un tour ; quand je pense que nous voulons changer le système en changeant surtout l’état d’esprit des agriculteurs, pressurisés, stressés, culpabilisés, mais au contraire vivre mieux, en accord avec soi même au niveau façon de penser, de faire, être en cohérence, en harmonie, mais là c’est tout faux !

Et ce type qui nous casse tout ça, d’un seul coup ! cet ayatola  extrémiste, ou même tout simplement ce déséquilibré, a donné le pire des messages, a dévalorisé totalement nos efforts

Et on n’a pas assez réagi ! je lui en dirai deux mots si je le revois ! nous voulons la compréhension, garder une bonne façon de parler, même si on est en désaccord ! sans agressivité ,sans amertume ;

cette mauvaise façon de voir les choses, présente un futur tout aussi dévasté, ou plutôt l’état d’un esprit tout aussi dévasté, et il pense à nombre de personnes militantes qu’il connait et qui sont d’une sinistrose !...tristes, revanchards, défaits… Non et non !        

 

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