attirance des eaux troubles
Attirance des eaux troubles ? les hauts fonds sont noirs,
le refus de sourire !le silence de la glace, l’acier trempé inéluctable, irréductible, l’impasse
du puits, si attirante, comme la mort !
le rien, l’impasse du dire, de se confier, à qui ? l’impossible, ne rien pouvoir recevoir,
je suis fait pour ne rien faire,de ma peau, pour en baver, je réclame ma punition la plus terrible ! l’exil, les plus sombres tâches les plus bêtifiantes, les plus arriérées où j’ai honte de moi
Ma couardise, mon indigence, la noirceur dans mon âme, je suis rien, au boulot, au bureau,
je ne comprends rien, je ne prends pas la parole, je suis éteint, muet, je ne suis pas à ma place ! ? où est elle ?je veux tout et veux rien,
Incapable, laborieux je ne sais ; étanche, autiste, je ne réponds à rien,
lampe errante, vermignon ridicule
Silence si pesant, la rampe du mal, il n’y a plus de volonté, l’écoeurement, le moindre à coup extérieur et à chaud ma galvanise, car c’est provocateur pour moi, je suis oh combien ! susceptible, je prends tout de travers, je donne de travers et je me fais fiche en boite ! honte !
je donnerais tout pour ne pas ramasser une réprimande,
Non ,je ne m’intéresse pas du tout à tout, ne suis pas curieux, oui, j’en ai rien à cirer de tout ça, c’est pas là ma vocation, j’ai sans doute raté ma trajectoire,ma vraie voie, ma vie, j’ai pas de relations humaines vraies, pleins de gens que je ne connais pas, que mes proches ou mes collègues connaissent,
je ne suis pas moderne, je n’ai pas envie de changer !
Je veux m’enterrer vivant dans ces vieux coins de campagne, où plus personne ne veut aller voir, ou vivre, là où l’eau ,fatiguée et sale a besoin de soin, je le fais, suis un sorcier, anarchiste fier de l’être, et un sourcier ! mais non, je ne suis que le témoin de tout cela,
la clé de la compréhension de beaucoup de phénomènes qui nous échappent est là !
Et alors dans ce lieu magique privilégié je regarde, là où la nature enlève sa chrysalide, où les cristaux de l’eau sale, sont tordus et souffrants , qui me font souffrir aussi, et je suis comblé quand je vois que l’eau en sortie de station d’épuration est belle oxygénée, elle sent bon, ses éléments sont de nouveau beaux et harmonieux, sa musique est belle et rayonne,
et j’y suis sensible ça me régénère ; la nature s’épure ici,se refait une vie,de façon plus globale, et je suis appelé à en faire autant
on est relié, avec les présences non visibles, avec l’univers ,ou les univers
c’est pareil quand j’ai le bonheur de travailler au sein des rivières et des ruisseaux ;
être réceptif aux forces dans la nature qui me traversent, ça rend poète, pouèt pouèt ; suis un peu facteur, ce sont les faits,
même si le relationnel me manque, car je suis bien seul, seul avec Gaïa, avec le tellurique, je suis la verdure, je suis l’espace autour,
car ce qu’on n’a jamais regardé vraiment ne peut avoir de signification à nos yeux, ce qui nous entoure ne prend son sens que si on fixe notre attention dessus.
c’est en considérant les êtres vivants que sont les choses de la nature (leurs vibrations…), en les captant comme une éponge, que nous les faisons vivre, et toutes ces harmoniques qui nous livrent leur musiquette nous font progresser, exister, nous donnent de l’énergie .
il nous est demandé de transcender celà
…et oui au bureau de mesure, suis pas du tout métrologue, pas procédurier ; pas à s’aveugler ainsi, pas de contrainte, j’aime pas, pas m’encombrer, comme on dit dans les Combrailles ! avoir une vue globale !
Oui j’aime voir les stations d’épuration rurales ; c’est toute la nature autour que je respire,
suis mouillé dans c’t’eau jusqu’au cou ! suis guérisseur ! de pure campagne !d’air pur, d’horizon, grand naufrageur et grand amateur de source fontaines ruisseaux
rivières forcées ou non, fossés ,mousses aquatiques et larves d’insectes aquatiques
mais pas les tiques
haies d’oiseaux !avec de si grands vénérables arbres ! tout cela est un ensemble, c’est soit en bonne santé soit bien malade…
Comme les eaux usées je suis sans doute malade, de cette incompréhension de l’existence humaine, de cette société qui marche si mal, mais ici la vie me rattrape,
mais au bureau suis taiseux, pas heureux de mon sort ; c’est vrai que je ne vais jamais au contact ,en réunion avec les autres Satese, ce sont les autres collègues , ou le chef ou le ou la jeune spécialiste en informatique, qui y vont,
on ne me téléphone jamais ;au bureau pour moi ce sont les rapports de visite à rédiger à la tonne, dans mon coin, suis le larbin de service, point barre.
Spécialiste du terrain, c’est vrai, mais basique…
Suis à peine là ; et pas considéré par la Grande Boite , -j’en ai d’ailleurs parlé à mon supérieur récemment-;
décérébrant ce boulot, je fonce et je force pour ne pas me demander si ça me passionne,
et que c’est si répétitif,
Refais sans cesse les mêmes trucs connus, je n’arrive pas à varier, sans doute suis-je vieux ! ne suis pas une âme pionnière qui s’investit, des idées neuves ne me viennent pas ; me replie sur ma petite planche, méfiant, m’enferme, m’enferre, n’aimant pas vraiment les -amicales- moqueries, de mes collègues (et de mes proches) ; chez moi les angles n’ont pas été arrondis,
je m’emmerde, alors changes de boulot !! que fais je là, qu’est ce que je veux, je n’ai pas de capacité
Y compris en famille, qu’est ce que j’aime ? où je ferais des efforts ? je gâche l’équipe, je gâche le tandem familial, je ne vois rien ! suis ridicule sans doute,
je m’en tape ?!
suis pris plutôt pour un rêveur, méditatif, depuis longtemps ; que ça fait sourire du monde !
Ça n’est pas encore fait pour moi, la famille, je suis en retard, pas encore arrivé, pas dans le coup, c’est la distance, je tourne autour, le rude foyer de l’amour, le tour de foyer du secret, du sacré, le dur secret de la vérité, le dur secret de la beauté, l’approche de la violente poésie de la vie est rude, quelqu’un passe dans mon sang, distille mon cœur, chaud ou ému ou glacial, à la recherche terrible de mon éclat, ou de mes brisures,
si misérable d’avoir cherché à fuir au loin, le regard de l’amour, je reste abattu et malgré tout fatigué, rattrapé, content quelque part avec une sorte de paix
quand je regarde au fond de l’égoût ,c’est moi que je regarde ; je me suis fui ; je me suis tu, et recherche pourtant un moindre appui
auprès d’un collègue ? est ce la charité ?
je laisse faire ? pas assez jeune pour lutter ; le déjà vieux chêne penche trop,
Ils voient tous mieux que moi, ces jeunes qui prennent la vie avec tant d’énergie tant d’humour, tant de respect
Lutter, avec peur et fatigue ; pour moi, c’est coincé là, c’est encore trop… nouveau !
Alors soit !
Pas d’impatience cassante ? mais c’est bien délicat pour moi
Trop près on se gêne, trop loin on est nigauds
…
Et pourtant
Depuis 2 ou 3 ans, avec les nouvelles têtes jeunes au bureau ,gars et filles
Ça m’assouplit
Ça me soulage
Enfin
De l’air
De l’eau
Du sourire