VASSIVIÈRE

Publié le par trainefeuille

JE poursuis ce que je m’étais promis de faire :la rigole du diable à arpenter

Dans ce far west au centre du limousin tout est grandiose à sa façon,et désert

Je vais jusqu’a Mareil le Vicomte pour trouver rien, pas un étranger a qui échanger un

Mot ,il y a personne donc… Personne dans la tourbière de La Mazure ? admettons

 

Y a de si nobles batisses dans les bourgs, mais fermées ,tristes ; à vélo je croyais trouver un passe pour entrer dans l’intimité de ce pays, grace à la lenteur, avoir le temps d’apercevoir un papy une mamy qui m’accorderait une œillade, une entrevue ; raté

Remonter le temps oui l’annuler voir la vie d’avant ,d’avant le modernisme d’avant je ne sais

Je souhaitais tomber sur un village, au moins un, qui serait gaulois, voire récalcitrant, rebelle libertaire réfractaire qui voudrait encore de l’énergie d’amour, qu’elle coule encore la bonté entre les gens, libre, et envers l’alentour…ont-ils tous fui ?

J’allais à la découverte, mais qu’allais je découvrir de nouveau sous ce soleil du 21è siécle hoquetant ? le 21 è siècle « normal », standard ? celui qu’on trouve dans les tous médias

Trouverais je des traces, au moins ? d’encore quelque chose,

des poussières de miracles

mon but :pas de destination finale, pas de but, mais le chemin, cheminer, rester, profiter du trajet, le plus long possible, les plus petites routes possible, narguer le temps et admirer, tester s’il me reste des capacités de ce genre, ici, mais là je sentais que je m’y sentirai pas mal, pas seul dans ces côtes et ces vitalités de la nature et que j’y serai attentif

 

Je rigole du diable et traverse bois fourchus et côtes diaboliques plus ou moins vite, avec mon cycl’estrier rouge et carbone/chrome ,léger pour aller légèrement discrètement distancer les nuances des airs d’ici

Détours et recoins ,par d’autres angles ,voir le plus tard possible ce lac : Vassivière ! Je veux laisser un mot sur chaque marche des maisons et fermes rencontrées pour m’annoncer, pour faire un vœu ! Je voyagerai dans les tréfonds des marais chevaucherai les siècles, pour enfin toucher le fond, et repartir tout à fait certain

L’aboutissement je le trouverai cette nuit là ! quand en pleine lumière blanche je me lèverai sur la plage et entendrai sur la surface du lac, une fine musique, étrange

Douceur divine !

J’avais faim de tout ça ,et aussi si peur de n’avoir pas à manger

Mais de villages déserts il y a des tonnes en ce mai je cherche à faire mes emplettes comme tout le monde, comment font ils ? je compte le nombre de villages qu’il me faut pour pouvoir m’alimenter, et le midi et le soir j’appuyais comme un écervelé pour arriver à quelque chose !

Je suis civilisé !

Et de l’eau, pour la nuit ! parfois ce n’était plus de la tranquillité, je n’étais plus au diapason de ce pays

 

Pourtant j’écoutais ce pays comme ma propre voix intérieure

Après les nuits glacées j’étais comme de l’acier trempé,

Une nuit j’ai rêvé de mon propre père l’appelant à l’aide dans je ne sais plus quelle situation périlleuse

puis

Pti déj seul dans le café ou l’auberge locale, bien au chaud ,boire bien chaud, rien de meilleur alors !

Les fées et naïades ne devaient pas être loin car au comptoir y avait de ces taiseux bloqués telles des statues de sel…

 

 

Une belle nuit serait avec toi

 

Les gens qui habitent ici ont choisi et vivre ici l’hiver ce n’est pas évident

Moi qui ici les frôle en vélo sait que pour moi ce n’est que bonheur et divertissement ;

ça ne coûte rien

 

Une fille libertaire qui me lance de ces œillades et j’en suis tout coi ou tout cuit, prêt pour une réincarnation de suite ? au milieu d’une tourbière j’y repensais quand

un ruisseau libertin et frondeur, noir vif et étincelant sourd d’une tranchée de frondaison, réclame son du , plus que nous qui exigeons jamais l’impossible

Sur mon coursier , petite route claire par ci, petite route claire par là jusqu’à ce pont de pierre de Senoueix, sur un grand secteur plat et rocailleux, je m’y repose ,et suis rejoint d’un coup par 2 amoureux

 

je m’immisce dans l’intimité de petites églises anciennes, qui étaient en pleine sieste, et dans celle de Lanouaille j’empreinte sa petite table pour lui écrire un mot

de tout ça j’arrive tout de même à faire mon marché, ou mon miel,

 

Le sentier de cette tourbière trace ,décrit comme une arabesque mystérieuse, mais je n’ai pas de moyen pour le voir

j’y cherche un point de vue pour ma belle journée parmi les fleurs carnivores, errant à raz de terre parmi les petits hasards de la vie campagnarde

Perdu dans les milliards de tours de roue que j’y fais, mais c’est quand même le graal

Tout simple

Le soir à la fontaine sur la petite place du village un type vient me voir, il me raconte sa vie ses choix actuels ,ça me change !

 

Dans ma tente à 7h je revis ,soleil en face déjà haut ; la toilette est mini, à l’eau glacée c’est le rituel obligatoire , olfactif oblige, ah ! une auberge ouverte si tôt ! inoui !

 

je veux faire la grande boucle autour de Vassivière, dans ce grand dehors, grand décor

j’en oublie ça, que le problème le soir c’est trouver quelque chose avant que ça ferme !

pourtant d’un côté c’est exaltant, et il y a toujours un menu risque que je me perde,

vu que je vais au petit bonheur ,suis à l’abri, me sens perché sur mon spad,

et curieux comme la souris !

 

Des petits pères attablés dehors pour l’apéro c’est tentant , mais :« allez plus loin pour le camping, c’est à 7km ! » , j’étais vanné ;

crampes alors je bois,

 

la courbe de la route est très large je vois très loin, je m’allonge au soleil

et rêvais être chez moi au jardin des plantes, l’hiver tranquillement à lire, c’est grand c’est bien,

Comment compter sur la joie de la rencontre ? 3 petits pères 2 petites mères attablés sur le trottoir devant l’apéro…

mais

Les sons brisés au bord de l’eau

 

Observons veux tu une femme voilée, dans ce village désert de la Creuse, elle pousse ses 2 enfants dans une poussette jumelée

Je n’y crois pas baisse la tête et répare ma crevaison

Observons veux tu cette femme jeune et black dans ce village de la Creuse, qui parle en sa langue africaine d’une voix qui porte, dans son tél portable, dans la rue

!!!

Pas très loin, dans un autre bourg observons veux tu cette femme créole qui cause à son grand fiston comme à un bébé

!!! Moi qui reste à faire mes emplettes et pars m’installer au vent froid : 2 chevreuils me regardent

Sur la route des hêtres, suis bien abrité, m’installe dans les hauteurs

Pousse le vélo dans les odeurs de fruits

Vu la cascade des Jarrauds

Délaissant le vélo, nuages noirs

et verres de vin

impossible de se saouler

sauf de chloro ;

épicerie fermée

devenue incapable de parole

Mon père, ouh ouh ! petite musique

 

Belle nuit, mais raide à vélo

Longue à trouver

et

Lac étal

Plénitude

Plage après trous de la route

 

Après la montée abrupte

Je laisse un mot sur la pierre

Cheval de fer cheval de feu

et pancartes cachées

Nuages noirs et croix de pierre m’ont noyé

Je devais être sale

Ma nature raide a fondu sous cette chaleur sans effort

 

Suis en vacances sans sacoche, cyclo solo

Dans une auberge, au comptoir

un jeune couple à côté de moi, doit bientôt se marier à LIMOGES, bon !

un bidon d’essence !

 

Petite musique sur le lac blanc

la nuit

je rêve

je te poursuis toujours dans ce drôle de désert

fée libertaire de mon logis ;

pas de mégère de la Vézère

 

je te poursuis toujours, dans mon repos près de l’ancienne voie

ferrée

ah ! bientôt je pourrai passer un master de vélo !

 

la radio tonne de la forte musique depuis la portière ouverte

mais non

pas de voilure , tout est moribond

 

et les taiseux, emballages mystère

vides

Chapelle du Rat à l’écart perchée, avec son nom occitan

D’où cela vient il ? écoute le chant si particulier ici ,du pouillot

 

Je suis guidé

dans ce plateau de Millevaches

où les villages ne sont pas cachés ,mais les pancartes le sont ,

c’est codé

mes yeux ne voient pas grand chose

 

au bal trad de Faux la Montagne

c’était très bien, accueillant, des sourires

il y a 5mois

voiture porte ouverte radio allumée, seule ,qui tonne, ça résonne

ça dérange personne

dans ce bourg , drôle d’idée

 

est ce la base nautique ou bien la nuit qui est déserte ?

à 7H mon soleil est haut et d’une exigence totale

allez forge et fonce

après un vrai combat je me dirige vers la commune de Millevaches

je chante la route des bêtes, les pancartes parlent en une langue comme occitane

Destination les arbres, et puis le grand café

 

Ici un type qui aimerait parler repart sur son vélo

oh yéyé yé oh ya ya ya

il passe où les autos ne passent pas

le vent froid ne l’atteindra pas

 

symphonies des races

symphonies des racines

mais ce matin

la petite bonbonne de gaz meurt

 

tout est fermé sauf le soleil en face, émoi

et moi, je me fonds dans ces fermes traversées

tout aussi incapables de parole

 

je rêve je me lève ,la fille aux sourires

aux lèvres

L’eau me lève moi qui suis loin de tout,

trous de la route

Je suis cuit

laisse mon teeshirt à l’église !

Le rio est plus vif que moi

La jeune africaine aussi

Toute en sa langue bruyamment

 

J’écris comme un rat

Et fais des grimaces

Pauvre sportif puant

Ici le pouillot finit sa ritournelle par « pitchou » !

Je l’ai dit ?

A 2 pas de pierre il y a de ces taiseux ! incroyable

 

Je laisse un mot sur le marchepied de la poussette

 

La rivière cailloutait en sa langue

Moi je rêve en occitan

Sans doute à cause d’une fête de passage

Peut être

Le rio sourd dans le regard de cette femme voilée

Et la jeune créole raconte à son fils une histoire de naïade

 

on se sépare dans la tourbière de Malsagne

Seul et drogué dans la nature saulée

Je vais monter ma tente

Dans le camping de Faux la Montagne

 

le matin tout est fermé mais en repartant je traverse

une belle combe ouverte

 

Force intérieure du lac

Comment chasser tout ça ?

 

Fait très froid la nuit alors, dès midi m’allonge sous le soleil

Goulument

 

Les rochers de Clamouzat

!! Me souviens c’était avec les enfants ,jeunes

Assoiffé de ces étendues de pierre,

 

Ce matin personne ne se lève

En Creuse libertaire

La tente sur la petite plage du lac, pleine nuit, seul

Rien de mieux

 

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