cette musique trad qui remplit...

Publié le par trainefeuille

Poème pour Didier

Ou jeux sur les mots

 

Dérouillée, cette musique ancienne remplit le cœur du désert

Lieu sucré

Ces espaces souterrains, et ces vallées-robes ,quel tourment !

Grillade sous la peau

 

tu dansais presque ; toute ride bue 

sans rire

approche toi de la gaie connaissance, car vide

est l’homme au corps de feu 

Baisers des chevelures , vallées dérobées,

Tout est déjà fait, sous ton aile,

oui à la décroche heureuse 

 

Didier tu es diminué ; mais l’accomplissement !

 

tu revis des années profanes à l’ombre des grottes,

Y a-t-il un radeau ?

Redonne de la chair à l’homme ! (qui est rempli de ses cendres),fais

Comme la parfaite lumière qui redescend au travers de la rivière

 

Tu es tout seul devant ton assiette, à faire bombance

Quelque chose à faire ici est de plus en plus difficile

Mais bientôt, tu ressentiras un plein de sourires

 

Dieu aurait il créé les pas de danse

y aurait il eu des fuites ?

 

Dans ton esprit vicinal que de vastes étendues virginales

Tu emmènes des mecs épais couper ronces et orties géantes

Ça leur ferait du bien de ne pas dormir

 

Noble visage de l’esprit

Chevelure du vent

Vas vite y retrouver la machine à écrire

en pleine action

A quelque frontière

Avec la souffrance

tu ne sentais plus tes bras

Sur une botte de paille

à faire un bras de force

 

Combat de sciure

Dieu t’a créé nu et pur ; tu es démasqué ,

Pendant que tu vois à la télé tes filles cadettes

se déhancher sur le 5000m en marche chrono

belles chevilles nues On n’a pas fini de déconstruire le vivre

Celui tel qu’on nous conduit à le faire aujourd’hui ,entre rires et coups de gueule

Une meuf ! On n’a pas fini de se moquer de son minois et de ses fesses, et de son jeune âge

Le corps des meufs n’est pas sans électricité

Or on n’ a pas fini le vivre son corps

On n’a pas fini de vivre entre nous : faire du pain, faire le foin, réparer les vélos…de laisser vivre notre dedans, non plus

De fabriquer notre vie comme on le souhaite, comme on le rêve

On n’a pas fini le vivre

en fête

 

Les gens ont des idées

On avance par le dialogue, là tu existes !

Trouver ensemble des mots ,un langage, qui nous redresse

On n’a pas fini de chanter nos idées, de chanter les brins de la vie

Restant imprévisible, c’est ce qu’on peut faire dans nos journées

On n’a plus peur de se laisser monter sur les pieds, on n’a plus peur du travail ,

de la lutte, de sculpter l’œuvre unifiée de nos jours ,

Le bocage t’habite, et l’attention aux choses communes

Rester ingouvernable par rapport à la rentabilité , à l’autoritarisme

on ne compte pas, on ne veut pas être payés

 

Les relations, la confiance, ça fait exister des moments

Je m’enrichis de nos points communs comme de nos différences

On n’a pas fini de construire de beaux espaces en commun, de belles actions communes

 

on n’a pas fini de visiter l’humain qui est en soi, en nous

« A tous les 2 venant ici, on avait envie d’être créatifs

On a travaillé, on a rebouché les nids de poule ! « 

« Quand tu vois passer quelqu’un à vélo tu discutes, tu es content

Quand tu donnes une certaine énergie à un territoire ,tu rejoins le bien commun,

tu es dans le bien vivre »

Habiter un territoire c’est habiter les sphères de ta vie, toutes

Habiter un territoire c’est réfléchir, c’est politique

Mettre des livres en commun, pour faire aller les gens vers les autres gens,

 

Contre la bétonisation de la vie, la bête-omnisation ,

C’est aussi entrer parfois en confrontation avec des humains

on est là pour apprendre

 

« On se prenait la grosse tête, on n’y connaissait rien, et maintenant on se regarde avec confiance »

« Ici, des gens, qui ont été à l’hôpital psy, qui ont été à la rue, qui ont été cassés, parfois ils ne prennent pas la critique, tu rentres dans l’affectif ! mais des interconnexions nouvelles sont alors possibles »

Papoter, t’éprouver et te trouver : ouvert !

tu existes .

Et tu te trouves plein de réseaux,

 

On se questionne sur ce qu’on a à défendre

les livres ça change la vision, tu trouves des mots, tu trouves une histoire

la bibliothèque –la résistante !- nous dit ce qui se passe derrière les masques

ici, c’est comme un livre ,en train de se faire, un langage commun, des mots qui se ressemblent, nous ressemblent

Des mots de joie, des cris,

Tu fais du pain , ou de la dure mécanique de tracteur, « et moi je te soigne, fière d’arriver à faire ça »

la solidarité te façonne, on n’est pas en chien de faïence

Mais quand il y a des conflits à gérer, c’est compliqué, c’est imbriqué,

il n’y a pas de chef ! une autre coutume est à inventer !

Habiter nos vies ,le rêve !

Tout le monde écrit son histoire, car on a aussi un projet individuel

C’est créatif, ce que je produis

 

On est contre l’a-bêtisation des communs

Contre l’abêtisation du corps des femmes

Loin des masques

Etre rebelle, re-belle !

Le corps est content

et on s’écoute,

-et l’esprit aussi-

déconstruire son privilège :d’homme

et de blanc

aller causer avec les gens qui ne correspondent pas à Monsieur tout le monde

l’attention aux autres ,ça entre dans la vie quotidienne

 

Les paysans nous ont formés

tu fais les foins, tu vois les milliers de papillons !

tu n’existes plus comme prédateur, ou prédaté,

tu n’es plus juste un pion,

pose toi, qu’on voit comme tu vis !

 

« ça rend juste pas possible des mecs violents »

ceux là qui n’ont jamais confiance ; en eux

le paysage ,aujourd’hui risque parfois d’être façonné par des mecs violents

 

en fait ce qu’on fait vise moins à faire des actions qu’à créer des liens

« tous les 2 on avait envie de soin, de care, et de vivre comme c’est

on avait envie de relations »

Ce qui fait que tu prends ta vie en main

 

On ne regarde pas l’heure,

Même quand je dors je continue comme je vis

il y a un réseau d’énergie qui nous lie ;

on s’estime ,on se le dit pas assez

 

le territoire ,on le fait tous les jours

et les vaches font partie du quotidien

tu peux pas comprendre un territoire sans l’éprouver,

en construisant des cabanes je m’enrichis

ça rend ingouvernable :

notion d’habiter toute renouvelée

humains, issus du monde des humains, nous sommes ;

être en prise avec les gens du coin

chaque personne est une personnalité

extraordinaire

 

Ici on est sûrement en sud Bretagne, et fièrement, c’est ce que nous, on veut dire, mais

c’est nié ,contesté par les institutions

tout ce qu’on veut, ici, est insurrectionnel, tu vis sur une zone politique

une zone expérimentale !

c’est illimité ce qu’on a entre les mains, et tout aussi ce qu’on a entre nous,

au fond de nous

très difficile de nous faire peur !

nous marchons depuis la nuit des temps vers la lumière de la fraternité

il ne faut pas délayer le contenu de tout ce qu’on défend

du merveilleux doit être présent dans nos vies

 

Notre force, les soirées dans le noir, on écoute la musique ,des histoires, les sons, et on discute

un jour par mois ; c’est l’instauration du jour du silence ; on communique

par le regard, par gestes. » 

de force fragile

 

on tire au sort les gens debout

on tire au sort tant de pauvres

à l’abri de quelques hommes de travers,

écoutes le jeune bufflon qui parle,

c’est la vie que tu décroches, de par le monde !

et pas par la petite porte

monde en fer ,gens en verre

le miroir, et toi,

laissé surprendre par le belvédère de la joie !

 

lait nu totalement

Dieu ne s’est pas enlevé de la Vie

du vaste incommensurable

et de toutes les intériorités,

polichinelle !

s’Il n’a pas créé ce monde,

chaleur nue

 

sur les morts j’ai gratté, astiqué la rouille,

fêté les pardons 

il y a une vie par delà des rides

le long des pentes quelques uns ont aperçu

ton cheminement tout au long des nues

allez, paies ta tournée !

tu es à raz d’amour ? tu es

comme le capitaine négrier qui choisit de se convertir

après avoir survécu à une effroyable tempête ?

 

on a laissé partir la barque !

comme les blés tu attends

de la lumière

quelques encouragements

 

Didier tu es diminué ,ce sont ses genoux…

Et tu dansais

Avec de gros sabots lourds

Inondé ,épousé de calme ,

Prêtes moi ton accordéon

 

Et la danse a dérangé les pavés

 

J’ai griffé la rouille, moment de beauté !

quelle belle verrière en or !

 

Didier le doux est debout, est ce diminué

A Lèves on est bien

Les oiseaux ont parlé, se posant sous le soleil

Ils ferraillent, pimpants comme sur des vélos fleuris !

ils laissent des trainées

obstinées

dans l’eau et la boue, mais tant d’années t’habitent

Comme un jour de géant

Cherchons l’accord des moissons qui s’enchainent

Et dansons la bourrée qui n’est que vent de paille

 

Même parqué, tu repars à la course 

Sur la terre, où sont tes portées de musique ?

Faire encore un trou dans la couche épaisse

Tu écris, plus que centenaire 

Embraie 

A perte de vue

La vie en est garnie !

Garantie, et

Bientôt c’est la fête des filles !

Même des plus timides

Ne sont si belles ni si laides

 

Tu t’es laissé surprendre par

le ciel bleu à l’esprit ludique

visage non déformé

sans fioriture continuons l’art

au stylo

 

le ciel tient la chronologie

les couleurs surplombent le paysage

 

on a tant bricolé tous les 2 ,

et rêvé de s’arrêter

éclairé doucement

vas y dans

ce terroir à musique

éclairé de l’intérieur

c’est écrit à l’or fin
 

Ca va résonner partout ce soleil en boules de paille

allez,

il y a un banc accueillant pour tout le monde 

l’amarre n’est pas rompue

il y a des années-lumière de chants profonds, féconds,

de baisers aux femmes volés

de robes de grandes étendues de velours-foin

de fibres d’or

 

Il y aura bientôt la fête

au clair d’un Dieu qui n’a pas de nom,

balançoire magique

d’entre des mondes

qui a pour événement cette belle petite

vallée ouverte du Perche

il y a un coin de paix

à la belle chanteuse enlevée

ça resplendit au soleil,

au beurre fin

près de l’à pic on va dresser le pic nique

les instants passent, et c’est frappant

éclairés du couchant

c’est la profusion de fenaison

coulée royale

 

c’est le rêve qui va mal !

tu n’es pas bien au milieu des disparus de ce jour

 

je prélève mon dû sur un cerisier

nuptial

 

dit le grand barde, ou plutôt le bouffon

attablé silencieux à prècher

tout seul

en terrasse

ou sur le pont du partage

 

dit le poète, courant, traversé ;

elle murit, la vie, elle travaille …

pendant que les machines avalent tout

Avec leurs grosses roues elles ne peuvent pas

Entrer ou alors seulement à minuit

A la lueur des petites tablées

de vosgiens…

 

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