expérience tant attendue

Publié le par trainefeuille

« On » casse des pans entiers de la société, mais nous, « on » se casse pas la nénette !

La société a du mal à tenir debout, on  ne voit pas d’issue.

La Bretagne a mal à son âme, y a que des villes industrielles , faites comme partout ailleurs, américanisées ; sous le règne du dieu production-consommation. Elle cabriole au dessus du vide. 

Ne sait plus où elle est. On flâne sur les quais pendant ce temps. On se tâte

On ne risque plus d’appareiller !Finis les petits ports de pêche, les chalutiers de bois colorés ,  nombreux, à Lesconil  des années 70…Il n’y a plus que quelques rares masto, maintenant, râtisseurs de fond ,si bien qu’ on les accuse de sur-pêche.

Toutes ces villes, leur ZI, leur ZAC…exactement les mêmes.

On croyait la Bretagne toute pleine du sens du beau , du noble, de l’expérience ; est elle suffisante ? est elle pleine ?

Non, de la belle ouvrage reste toujours à faire ; et il nous en faut !on en a besoin!

Arrivera t elle à se réaliser ? Quand les autres peuples seront respectés, elle le sera. Si elle reste seule rien ne se fera.

Comment se sentir de la ZI, de la ZAC, du Croisic ?

Où est son âme, et à qui ?   Pourquoi tout démonter. Aller oui, mais vers quoi ?

Pourquoi  les mêmes amours, les anciennes amours, ça ne marcherait plus?  famille ,  tradition,  langue,  danses,  province,  nature, l’ enfance !  La poésie, quoi .

Parce que ça ne rapporte rien, n’apporte rien tout de suite ?

Etre partout,  et côtoyer  l’homme désheureux !

Ce Village est imprégné de nuit même le jour, c’est  plein d’absences. L’hiver rien ne transparait de l’activité des gens. Mais ne croyez pas que  quelqu’un qui vit là , trempé , dans ce milieu, détrempé ,  ça n’existe plus ,détrompez vous !

la Pointe st Gildas, tout juste en Bretagne , bout de terre  avancé,  se relève, s’étire de tous ses rochers déchiquetés. De toutes ces écumes qui viennent au choc frontal.

En Bretagne, par la musique, par les danses  j’arpentai avec délectation un sens du beau ; vive les écumes, vive les jours !

allter mondialistes , alter bretons, alter utopiques,  nous  voulons un autre développement  de la vie : dégonfler les mammoutes.  Maoustes : Ouste ! Pas se dégonfler

Qu’ils se lèvent les justes, même ceux qui n’ont que patte, qu’un œil , qu’une idée!

Qu’ils se lèvent, les impôts pour les riches et les rentiers  , possédants et décideurs de leurs propres intérêts!

Là où est le désespoir, j’ y chatouille un mollusque noir qui ressemble à une bouche. Cri.

Comment le monde peut il être meilleur, en B. ou ailleurs si je ne le suis déjà pas !

Mais il l’est déjà !  Des gens ouverts , conscients attendent, espèrent   réfléchissent,  volontaires pour  réparer les vides de la société. Mettre de la chaleur humaine  là où on ne (se) parle plus.

Servat , Kerval, les poètes, où êtes vous ?  Etes vous donc aimés ici ?  Le monde , le vôtre, n’est pas fini.

 C’est le combat pour « autre chose »,  pour un autre état d’esprit. En B. comme ailleurs la lumière peut être dure, et peut être  douce ;  les hommes au plus près le sentent.

Ne plus dénigrer , aimer les natures ; le fatalisme est trop présent.

Bretons  basques, alsaciens berbères, berrichons (honteux ?), catalans… se retrousser les manches mais sans les machettes. Je préviens : ce sera dans le plein silence des infos du 20 heures.

Contre le stress  qui est la maladie de l’homme solitaire, il y a le remède, l’homme solidaire, solide.

car  le réconfort, y a que ça qui valle le coup.

Pourquoi on y arrive pas, jamais ?  L’homme  de mésentente est si présent, l’homme se tait si fort.

Vive les conflits d’idées !?- le confit d’idées- ! ça fait précipiter, ça cristallise et éclaircit. Les décideurs ont horreur de ça.

Les gens préfèrent :  courir  après  plein de choses, en acheter des tas, comme ça ils ne savent pas pourquoi ils vivent. Courir, vivre. Mais ils stressent encore : est ce que j’ai bien ça, est ce qu’il faut que je sois comme ci . Ouf !

La société se casse la gueule mais moi j’ai le temps.   

La B. c’est comme  fées  et sorcières : respect ! A nous d’être  comblés par cette joie. Tant pis si on a l’air de mettre de la morale.

Pas tout casser , pour tout refaire, c’est pas comme à la guerre ! j’ai encore rien dit à personne, mais  j’ai la fièvre.

la Bretagne dans la vie pleure doucement, elle est pareille à nous. Est-ce qu’on arrivera à réaliser çà?

Y a le gigantisme impersonnel  ailleurs et partout, et là y a moi qui campe seul cool au bord de la Mayenne, sous les arbres. Entendu quelques bateaux  passer tôt ce matin ;  la nuit sous tente n’a pas été trop froide, merci.

Expérience tant attendue ce matin  , c’est moi, perdu  volontaire dans le marais de Brain sur Authion.

Est-ce 72 ou 49, Anjou ou Perche Sarthois ?

Ça n’existe plus, le petit hôtel sympa dans cette bourgade ? J’arrive dans ce bourg,  il y a un seul café, c’est  pour moi ! je ne déguste plus seul.

Je me sentais de ce village, comme lui enchâssé au milieu de la nature mature.

Mais  le jour où il n’y aura plus d’âme dans les sous bois ? Où est elle dans les villes et les bourgs ?

Tout le monde rêve d’une chose  entendue ; l’argent qui arrive en masse dans la cagnotte, ça leur prend la tête, un argent facile pour eux. Et ils disent : le travail ? mais vers qui ,vers quoi…

 

Ecoute mon conte.  Il montre les atours du matin, du soir, les apprêts des nuitées.

Il y a deux arbres, 2 troncs dont un noueux, masculin ,l’autre est féminin.

L’un a mal à son fût,me  réclame mon oeil !  sous prétexte que je ne voyais rien. L’autre  me demande mon avis, - autorisé-, c’est une biche aux beaux yeux aux abois entourés de kôol :

« Qu’ils se lèvent les justes, en forêt de Tronçais ». Son pelage en hiver est séduisant.  Si elle m’inspire ? c’est pire…Elle a un œil :en plein cœur de cet univers c’est la chapelle médiévale de la Bouteille (qui  a été lancée de la mer jusqu’ici), d’intérieur petit et nu mais  vaste pour l’esprit,  sans lézarde. Pas de femme   ici, pas de rendez vous ( drôle d’idée !).  Ici parler à son quant à soi, découvrir son ombre, pour avoir moins peur de celle des autres.   Je plonge ma plume dans l’humeur de Tronçais.

Il  a plu. J’ai pris une douche  mais sans dégât, je suis plutôt lisse .

Au coeur  de l’immensité,  ici est le Chêne Stebbing,  né il y a bien longtemps au dessus  du vide. Là, le Chêne Saint Louis,  très grand, né d’une couche, parait il.  S’il n’ y a pas de bon Dieu  alors j’arpenterai  définitivement   alentour .

Dans la brume on peut distinguer un homme tremblant et noir, mangeant sa soupe.

Je  veux y  hiberner. Rompre avec la crise de l’homme suicidaire, ne plus revoir le Ccial !

La nuit était trop froide, je suis allé vers cette lumière, ce petit bar aux effluves fortes,  ouvert  comme ça ,bizarrement, et j’aurai peut être pas dû.

 

Sans sloggan ! comment dire qu’il y a un rapport intime  entre le génie du lieu ,de notre intérieur,

et celui de notre endroit de prédilection,  autour de nous :

on a peut être besoin d’une contrée indisciplinée, étonnante, pour aller avec courage à la rencontre de la nuit de notre forêt intérieure…

notre génie du lieu à soi est sans doute notre force , ne faut il pas faire appel à lui pour

aligner notre énergie mentale sur quelque chose de beau et de prédominant ?

L‘expérience tant attendue dans les forêts, ou dans la Bretagne, c’est dépassé ?

Retourner à la terre, à la poésie ?

 

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Publié dans coup de sang

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