en Grande Brière
Matin feutré en Grande Brière, grande banlieue de la ville
Grâce à mon vélo vu
Un couvreur de chaumes
Un couvreur de charme
Sur une maison blanche
aux abords du dolmen de Kerbourg
là où en dessous se titillent les âmes
des chers disparus,
vieilles pierres rassemblées à travers bois ;
qu’est ce que c’était bon ! avant que la modernité n’éclabousse les vieilles pierres…
Rencontre sur la route avec un homme à pied
Dans le petit matin petit échange
Sur ces petites routes dans les recoins des petits coins
aux perspectives de bocage,
je suis bien préparé, pour le souffle de l’étrange
moi qui suis maintenant étranger
bruit de la mémoire
qui écrase les années
Charme odorant, ça vient par les nuées salines, les lierres
qui cachent la mer, et les ruines.
J’ai pris des sandwiches dans un petit café à Assérac
Avant d’aller à l’avant-ture pur
par le chemin qui traverse les blés. J’ai bien préparé le plaisir,
se restaurer, boire avant de monter sur le bicycle
Et détecter l’inconnu, et les perspectives sur le monde
Pour les siècles et les siècles
Les sandwiches en deviennent pittoresques
Qu’est ce qui me lie tant à Herbignac ,Assérac ,que mon enfance
Tout près, si près tenue, ténu qu’il ne faut pas négocier sur la qualité
Je vis mon enfance ici,
explorer l’endroit mystérieux ,qui ne le savait pas
Et là il peut y avoir rencontre entre lui ,et lui.
Mais pas de rencontre si les voitures défilent si vite
J’ai décrété cap sur pleine mer, dans mon rafiot intérieur
Mais toutes ces sensations ont été supprimées
Il y a 30 ans Demain je repars ,
et quitte ce coin de celtitude
Désapprouvé par l’administration
Des » pays de Loire »
Je me suis mis à explorer la carte, dévisageant tous les lieux dits « Ker… »
Mémoire gravée ici tout autour, gravitée
Virginale rencontre
encore je me repais en « plate » des buttes aux Gorzeaux (roseaux)
Ces ilôts chargés de tiges denses et bruissantes au moindre filet d’air
Oui demain je pars, dans ces voitures qui vont trop vite
Ce coupeur de roseaux professionnel, à casquettes que j’ai rencontré au café
Je me rappelle de sa touche sympa,tronche mal rasée, sonné à façon
par ce terroir de mer
Les petits mouvements présents
Même à la Grande Pierre des marais, comme ils disent ici
(Comme grand Pierre, Pierre Evain, notre grand père d’ici
Si affable, et heureux de vivre, il causait lentement mais sûrement
Souriant. Heureux de vivre comme lui je voudrais)
Etre un homme heureux à vélo, à pied, à cheval
Univers à ne pas parcourir en voiture
Maintenant,
là,
en vélo matinal
l’été
Et l’odeur de tourbe ,
(dans le temps ils en coupaient des morceaux pour se chauffer l’hiver)
La mère matière d’ici
Ruines de Ranrouet, uniquement par d’étroites routes
Et bien s’arrêter au petit café de St Molf, c’est vers chez le Grand Pierre
Avec sa Pointe du Bile, Pen Bé, Kercabéllec, la baie des Dames, Pénestin…
Oui la Pointe je la vois pas mais je la sens
Comme ça se tremper dans ce territoire
Lui aussi supprimé de la Bretagne il y a 30 ans
Un couple de buzards se met à me parler de ce pays, de sa langue .
vive les coupeurs de chaume et les fières cheminées
au travers des arbres moussus.
Les maisons se ressemblent jusqu’à la prochaine
Derrière c’est la mer et c’est
Mr Chauvelon, notre prof de sciences en 4ème, qui nous emmenait à 4 ou 5 potaches, dans sa grosse Mercédès le dimanche, faire des sondages à la tarière sur la butte aux roseaux.
Pour traquer les végétaux préhistoriques, voire même les minuscules silex, ou bien des restes d’hommes préhistoriques. Avec un bon casse croûte sur le pouce au milieu !
Présence
de la Butte des chasseurs ,de St Joachim, le long du canal de Bréca, l’ile de Pendille, grand canal des Blancs Fossés
à travers bois et marais
En barque goudronnée , « la plate », suivre sur l’eau odorante et noire ,
« pigouiller » parmi le manège des hérons
St Lyphard, depuis son clocher on découvre tout le plat pays
Ile de Fédrun , Camérun, village de La Chapelle des Marais…
Oui Pierre Evain, Mr Chauvelon me parlent
Fouiller les « mortas »couleur charbon.
Ensuite le dimanche parfois on se retrouvait à Nantes au sein d’une société savante,
nous les seuls jeunots, pour présenter notre butin de chasse au beau milieu de beaux messieurs et de belles dames un peu blanchis, pas très « terrain »
un jour de 2000 je suis là, ce matin
au pied de la Grande Pierre , un peu penchée
car « les boches pendant la dernière guerre l’ont plastiquée. »
dit le gars mal rasé à casquette, de tout à l’heure
s’était mis à me causer, comme ça,
de son coin qu’il aime, ce pays au silence feutré :
les cris d’oiseaux pris dans le vent des roseaux.