troubles

Publié le par trainefeuille

J’aime marcher lentement sous la pluie sous la nuit sous

Les arbres, je fermais les yeux et taquinais la muse

Montais sur la queue des fantômes et des crapiaux

Et chatouillais de l’orteil les narines des effluves marines des sous bois

Ou d’un vampire champêtre quelconque et bucolique

Comme si j’étais moi même un arbre parmi les arbres, un arbre marchant , ou hurlant

Comme si je revivais les fantasmes de l’époque primordiale de l’enfance du monde de notre intérieur

Arbres bizarres et mystérieux ?

J’aime marcher dans leur inconnu troublant

Etre de peur aux aguets , regardant entre eux s’ils ne cachent pas une chimère ou une licorne ou un loup, à 3 bosses !

Nuit noire et épaisse comme la pleine lune, y a pas de situation évidente

C’est toujours possible les apparitions les elfes ou autres créatures détachées de notre matérielle condition, n’est ce pas,

Horrible magie noire qui ne m’attire pas

Peur du néant, peur de la négation de tout, que tout ne soit que rien…

Peur de se trouver en face de sa propre mort, ou de sa créature précédente, ou

Face au néant existentiel

 

Et le spleen en spirale recommence des bas fonds pas baptismaux des lavoirs des caissons

Sous la nudité étoilée du plan voile

Il arbore ses appâts hébétés ,pour tout bêtement attirer.

Au fin fond des ardoises pendant ce temps les chauve souris sifflent( ne savent elles rien ?)

Entre leurs doigts griffus , devenus palmés

Comme si l’éther s’envole avec tout ce qui passe à sa portée

Les bouches boudent ou bougent mais qu’entend on ?

Le coq court mais plus de poulette

La houle rend frileuse la brindille volage

L’orage gronde mais qu’est ce à côté de sa colère

Celle de la nature

Les miroirs se cassent, comment se caser ,trouver sa place

Ou est le vrai message

Seul le moustique monastique veille, peut être…

Homme, la liberté d’être grand, est elle dérisoire

Ou est le temps des barricades

Liberté de l’enfant qui rêve

Seulement

 

Eglise de Cluis temps chaud et fraicheur et sombreté dedans

Une petite vieille dame est là, devant moi, étroite, seule dans sa rangée de chaises, bien rangée

Epaules étroites toute menue coiffée d’un noir fichu

En deuil

De son mari, ou de son enfant

Silence elle est là, devant les vitraux incandescents, démultipliant l’éternité

L’immortalité la temporalité le silence

Temps qui ne passe

Pas

A quoi pense t elle ? qu’elle est toute seule

Maintenant

Et petite fragile comme un nouveau né

Dans un corps si usé

Demande t elle pardon

De vivre

Demande t elle quelle force

De rester

De partir

Elle ne bouge pas

S’est arrêtée

Le silence ne parle pas

Ne peux que partir

 

Autre jour troublant

C’est la fête des végétaux

S’envoient en l’air

Montrent à l’envers leurs feuilles

Vont pas passer une nuit tranquille !

Ça va partout dans le noir s’agiter

Se plier s’écheveler

Forger ronfler,amplement

Et moi dedans dans mon nid douillet collé sans bruit à ma chaude Joëlle

Dans son noir collant, Entendant cela

Les vents des bourrasques et de la nuit réunis

Ceux de la casse qui ne cesse ; et de l’inquiétude incertaine

Qu’on devine fraiche et agressive

Qui cherche à pousser les carreaux, à coller aussi contre moi

Sa froideur

Ou est le message de paix

Et soudain les arbres

Se transforment en torche, en torche noire

Ils se tordent dans le noir

Ou dans le crépuscule qui s ‘est installé en quelques minutes

Je voyais ce plafond lourd de nuit sur la gauche arriver

Je voyais à peine

Puis le vent s’est levé

Nu je pensais pas à sortir

A sentir le vent refroidissant

 

 

Autre soir

Je suis seul et ne dors pas

Seul avec mes 2 pti lous

Dans la moiteur de l’orage cotonneux

J’entends leur souffle du sommeil

Et de l’autre côté de la vître je vois le mouvement souple

Des feuilles des branchages poussés par le vent

Un grand vent et un ciel à couper le souffle

A grande vitesse  dans ce crépuscule naissant

Ils soufflent en paix, sommeillent en sueur

Et ces grands mouvements des formes vertes sont hauts dans le ciel,

C’est ce souffle ample qui porte la maison, je dirais

Qui porte le sommeil des enfants

Là les arbres et la haie sont agités en tous sens comme êtres vivants

Il faut que des choses soient mortes pour qu’elles ne bougent pas ce soir

C’est rassurant

 

Autre

Eglise

Remplie de plaques de remerciements

C’est ND de Pellevoisin, recueillie, responsable

Simple et grande à la fois

Comme atmosphère , du temps à l’écart

Mais si humaine, si grande de piété

De pitié

Le temps à l’échelle de toutes ses plaques gravées

Graves

Impressionnant

Tout est crédible,

Tant d’espoir accumulé

Sous les ans les familles les générations

Ont empli ce lieu

La petite Estelle Faguette

1876

Le curé Machin,

Toutes ces plaques pourtant si froides, en marbre

Les personnes

Sont là

Et pas là

Miroir à 2 faces

Comme si je les sens autour de moi

La figure remerciant, le regard de chaleur

Ils sont morts

Au cimetière, avec leurs plaques, là aussi

Estelle, à 83 ans…..

Ferveurs de gens que je n’ai pas connus

Ferveur de gens que j’ai connus

Ferveur

 

Mais !

Sous les ampoules à l’unisson,

De toutes couleurs sous les feuilles des arbres

Les parquets de planches tremblent

A l’unisson sous les harmoniques des accordéons

Les rangées chaudes et serrées des personnes évoluent

Sous la musique les corps s’assouplissent se frôlent

Les vêtement volent en rythme les corps s’écartent se rapprochent

S’éloignent en tournant

Bel effet d’ensemble de cette bourrée

De ce festival de St Chartier en 1993

 

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Publié dans atmosphere

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