à partir
A partir si vite si loin dans ces contrées ça dérange, dé-lange, démange.
Le goût, à la fois doux et survolté, du paysage revient sans cesse à la bouche
1000 fois en vivant dans ce pays qui suit le soleil au long de la sainte journée.
Ce petit matin est gris pourtant .Couches de brumes s’étirant mollement et matinalement , mon œil ne veut à aucun prix déchirer ces nimbes de jouvence. Puis le froid lâche doucement prise, et le petit rutilant monte.
De plus en plus vaste il montre ses dents jaunes :« voyez moi », dents qui gourmandes vont lècher
Caresser ,rôtir même, si affinité chaque détail de sa création, chaque aspect du panorama, insuffler de la cosmique énergie, jusqu’à ce minuscule et intrépide territoire ,Pays fort entre Sologne et Loire et Sancerrois ;où terre et lumière font bon ménage, en été comme en hiver.
Pourtant, terre finissante ?
Terre à vendre, à prendre , mais à temps disait le petit père l’autre jour, au bar :avant qu’elle ne soit impraticable, dur comme du caillou, bonne à jeter, bonne à « rin ».Tous ces monticules de pierrailles rondes retirées un peu partout des champs ! A boucher des trous, pour remplir les vieux murs des granges. Mais ça donne ces belles touches de rouge, ces morceaux de grès tendre.
Dans les murs ou dans les entourages. Petits vieux à vendre, à prendre, à temps, qu’ils racontent encore quelques histoires humaines, qui n’en a pas besoin, avant que ne se perde mémoire et mémoire. Avant que la terre ne le reprenne, pour que règne toujours un zeste de mystère.
Terre de « Belly » comme ils disent, ou disaient. Terre rugueuse comme eux, de misère. De forçats.
Mais moi je ne peux rester que léger devant tout ça, ce doux pays, tout est simple et beau, rien n’est à changer ,de ses couleurs. Pays Fort. Contraste. Le rude et le tendre, le clair et l’obscur, L’un cache forcément l’autre. Celui qui ici prend la terre est un héros, un vaillant, un envoyé.
9h j’arrive à Vailly, un volet s’ouvre, il y a encore toutes les nuances et les teintes. Le soleil joue.
Subrepticement .L’ouverture de la célébration quotidienne. Vaquer à ses occupations, pour moi quérir l’eau nettoyée, pour les autres…c’est comme toujours, on se sait guère. Si. Aller à temps faire l’essentiel.