Edouard

Publié le par trainefeuille

Edouard ,dou dou pour ses intimes ,était auparavant au fait des beaucoup de choses, l’esprit critique aiguisé sur l’actu, chaque jour en éveil, il lisait le Monde Diplo, l’épluchait, se faisait une idée le plus précisément possible sur les choses, y passait une énergie folle, (démarré en 86 ,c’était le Nicaragua et les Sandinistes, par exemple, et beaucoup de choses comme cela ensuite) il était de toutes les manifs, il avait des idées sur tout, motivé mais tout de même, de plus en plus inquiet,

car il voyait de moins en moins de participants, et c’était grise mine partout, sur les visages, où est l’espoir ? Et où sont les jeunes ? « tout ça , tout ce qu’on tente de faire, est ce que ça ne cacherait pas la misère !? »

 

La relève ? ont ils l’esprit critique ? Il est souvent déçu, en colère parfois, devant le vif appétit de consommation aveugle, et effrayé : ils n’ont pas envie de remettre en cause des choses,

il avait des idées très carrées, ancrées, pour moins souffrir, mais en fait il était encore plus peiné

ça l’épuisait, et il rencontrait les mêmes , les mêmes vieilles têtes tristes, vieilles idées grises ;

ça n’évolue pas, toujours pareil, quelles que soit les actions collectives, il le voyait bien, alors il s’est dit je sors du lot, sors la tête, je prends du recul, laisse tomber l’esprit critique à tout prix,

il a retrouvé de la non culpabilité, du sourire, du lâcher, se laisse pénétrer par des idées, des intuitions, s’accroche à des choses plus essentielles peut être, écoute davantage sa petite personne, il oublie certains aspects, ne sait plus grand-chose de ce qui se passe autour, (une info : un cycliste écrasé par un chauffard qui s’acharne, ouais bof, c’est à peine s’il réagit,) le monde ne l’étonne plus,

il voit des personnes de différents milieux, prends du temps, se trouve bien mieux, il voit ce qui le touche de près, n’hésite pas à demander de l ‘aide, il l’apporte lui aussi quand il le peut,

il marche il rêve, ne court plus, il ne juge plus pareillement, il entend autour de lui les amertumes les griefs, les mauvaisetés, et laisse couler, il n’est plus au courant de tout : tant pis, prend conscience de ses fragilités, comprend mieux ses semblables, même les

acharnés de pesticides, destructeur d’abeilles, de nature, bétonneurs acharnés, tueurs de singes en Afrique...accumulateurs de fautes d’orthographe, addicts à toutes sortes de drogues,etc... ça ne changera pas... il a parfois envie de disparaître dans un trou de souris, même quitter cette planète,

oui,

et puis ceci : il a comme la foi dans les choses, il ne saurait dire lesquelles, ça le dépasse,

 

cette guerria partout, se protéger de l’actualité brûlante ,de l’agitation...se dit il,

les joies les espérances les tristesses et les angoisses de ses contemporains le touchent elles moins,

l’interpellent, le pressent moins ?

 

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Publié dans poésie berry

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