le regard
Le regard des animaux est sans fard, franc, droit sans arrière pensée, oui il cherche à manger, il cherche le point faible, il ne se pose pas de question morale, il ne va pas au centre commercial pour trouver sa pitance, lui, il n’a pas la choix, et peut être sent il lui aussi qu’il peut subir le même sort c a d être dévoré par un prédateur, que les choses sont équilibrées,
Qu’ il peut lui arriver de donner son corps à une bête plus grosse que lui,
On ne vit pas dans le même monde que les animaux, où on lutte à chaque instant pour survivre, ça nous parait totalement fou et inhumain, inacceptable
Nous nous sentons pas toujours bien, à notre place, dans notre monde, et les animaux se sentent ils bien dans le leur ? se le demandent ils ? question déplacée, peut être,
La science le saura peut être un jour,
Pour eux chaque seconde compte, et prime le règne des instincts, mais ils ne trichent pas, ils n’ont pas le regard fuyant, la sincérité ne serait pas l’apanage des humains,
Les indiens pensent aussi cette chose : les animaux quand ils sont mangés par d’autres donnent leur énergie et leur matière, à plus grand, plus fort qu’eux, ce sentiment est il conscient ? Au-delà du premier ressenti de terrible affolement et de terreur.
La matière serait reconvertible en une autre chair, d’un corps l’autre, d’un esprit l’autre,
Comme un continuum. La mort physique serait comme un transfert. La petite souris deviendrait comme un infime pourcentage du grand rapace,
Nous même habitons, empruntons un corps que l’on n’a pas forcément choisi, un corps relativement interchangeable, qu’on ne maitrise pas tant que celà,
le fonctionnement n’a pas été voulu par nous, d’ailleurs par qui ? sinon plus grand que nous, toujours l’énigme …à 10 000 euros ! mais ce petit véhicule, qu’on a en propre, et en commun, a plein de propriétés formidables, toujours bonnes à prendre !
Ainsi ses performances nous étonneront tous les jours, et ce corps ,gouverné par notre esprit est capable d’admirer sa réalité, et la poésie des choses –comme la musique …- , ce siège de cette conscience d’admirer ,soi et tout le vivant autour , de l’étudier, de s’y sentir lié, de voir qu’il y a tant de choses étonnantes en commun avec les plantes les astres, les minéraux, et animaux, et les paysages,
Etats venus -tous des passagers…clandestins ?- d’une force de vie devenue visible, comme par miracle, ici et maintenant pour une courte période. Comme des vibrations qui se mettent en branle, ou en ordre…
De ce miracle, on ne se rassasie pas vraiment .
De sensibilité par exemple chez l’humain car capable … de ressentir les bonds et rebonds suaves des isards se jetant dans le vide …
L’animal, la conscience aigue comme une lame de couteau effilée,
Que c’est étrange ! Le Clézio le dit à sa façon, « ils sont beaux comme s’ils faisaient face à la mort » , comme c’est loin de nos quantités de peurs…
On peut s’éteindre, et tout continuera de mille façons, on peut s’en plaindre…
Chaque être demeurant en tout cas irremplaçable par ses relations, avec la vie et ses circonstances…