le bon doctuer D.D.

Publié le par trainefeuille

Si je me mettais à la place du bon docteur qui danse ?

 

Que je leur apporte ces petites fleurs des marais ! …

Ils subissent tant, à la longue les effets

du jour de la nuit du froid du chaud du vent

près de la petite mare abritée ils sont là

cavalerie très légère ,hétéroclite

ils battent le plein en la nuit des temps.

 

Les vagues grises et frémissantes vont se retirer

Avec la nuit, va fermer ce lieu singulier où l’orage de grêle terrible a régné…

Et où les marées de grandes carottes sauvages vont émigrer ,car elles sont fanées, cet été, au Bois des Chèvres

Ce parcours à pied me cravache les méninges ,je ne crâne pas ; ici, en 1793 ont été torturés des villageois du petit peuple fier de Vendée.

Les arbres penchés donnent le la-, le vent océanique me ferme les yeux, m’ondoient

les cheveux

Les grandes graminées forment un léger duvet blanc sur ces collines ; c’est comme des vagues qui une à une strient les oreilles, la tête à l’envers, tentant de recouvrir cette folle histoire;

aux arbres aussi de se souvenir, le long de ces tombes égayées dans ce petit bois ,dans cette région extrême. Les pieds dans la terre, ces âmes-géants veulent consentir à l’inconnu , proclamer vers l’azur beauté ,et respect .

Aux hordes infernales il leur a fallu –à eux hommes femmes enfants vieillards- résister, montrer la plus totale opposition , sans espoir aucun de vaincre, ils ont créé leur marque

pour la nuit des temps. Inclassables ; irréductibles, ils ont cédé leurs vies de villageois sur cette colline du Bois des Chèvres .

.

Leur dieu leur famille leur patrie leur travail leur village c’est naturellement foncièrement choses humaines, défiant égoïsme et froideur ! peur et mollesse

Comme les grains de sable vibrant d’une joie, décollés, tirés vers le haut, ces géants d’être

me sondent la tête, sans retenue, ils me dressent un portrait de l’humain, qui souque ferme : les bras s’agitent, il remplit le vent, le vide sans nuance

Vivent ces graines de vie, dehors l’engourdissement, la noyade intellectuelle !

On fait partie de la course ! tout comme ces morts passées.

Violence étonnée, yeux farouches laissés à l’abandon ; éberlués, ces myosotis

se déploient sur les abords du bosquet, sauvages ,et elfes ,naïades, libellules, demoiselles, morceaux de blé, bourgeons sucrés et ronds

Vont de l’avant, se mélangeant, invisibles

par delà les oies sauvages et les bons esprits sorciers

hein ! les p’tis gars de 1793 , vos âmes se prolongent

faisons comme vous, sortons la tête des gros sacs

ne baissons pas la garde ; fertile fierté

 

forces ,natures infinies présentes ,-on ne sait les voir-,

pourtant, étoiles filantes comme vous, déployons vos faisceaux de printemps

d’une colline boisée à un autre continent, d’une plage à une autre mer

 

 

 

 

 

 

 

 

Vent de face et de force, entre deux vagues je revois toujours ces tombes

parmi les arbres et les feuilles, ressortant de la troupe des petites fleurs blanches et discrètes

 

Chaque cm2 du sol est occupé par des graines à élever à nourrir, à éclore,

Par le jaillissement partagé, et elles et ils sont tombés en ce lieu

On découvre la face d’un vent organique qui danse, orgue des myosotis, superbe de volonté

lâchant prise face à l’immense bonheur inconnu,

 

Au cœur des haies agitées,

brillants du marais, bijoux mérités, superbes de folie,

xylophone des roselières, pépiements ,gazouillis plaintifs, qui élaguent les vieilles branches !

 

Qu’on se plaint bien , nous !! toujours ,car l’ombre au tableau c’est l’homme,

plus dur que le vent…

Eux sont allés vers les lieux de la danse éternelle et ravivée ,

Mais nous, humains modernes, aux chagrins désabusés, sombres nous mourons tous,

sans arbres aux souvenirs ;

on pensait à manger, à manger,…et à manger !

on ne sent plus ces êtres ,ces guirlandes de vies,se tenant la main, mais on voit dans le ciel

de grandes fleurs terribles.

Oublié ce fier peuple ; qui courait follement dans les hautes herbes ,sous l’orage de feu

des assaillants ,ils mourraient tous

 

Ces petites fleurs du marais se développent surtout la nuit, elles ont pour habitude

de ne faire aucun bruit.

Les arbres laissent chaque année tomber leur beau duvet blanc de commémoration

sur ces tombes ,les petites fleurs n’ont pas voulu abandonner ce lieu

où se trouve quelques larmes,

encore

et nous, c’est à en rire ! on dit : allez y donc ! faites encore la guerre de Vendée !

et vous finirez par mourir, une fois encore, trucidés héroïques !

Comment autrement laisser se déchainer notre colère ? notre soif ?

Les troupes des deux camps sont toujours ici,

la bise reste dure pour elles, je rapporte cela du marais ;

attention ! ne vous laissez pas avoir ! les nuages célestes hoquètent, se soulèvent !

Insoutenable colline barbare !

 

 

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Publié dans nature

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