bretagne
Bretagne
Plusieurs millénaires de celtitude
O Bretagne, soufflent, remontant les estuaires
Le souffle millénaire en Armorique, en pays nantais !
Oui souffle encore sur le 44, vous ne l’entendez pas
,les cailloux en sont encore chauffés ,en sont encore garnis
le Sillon de Bretagne ,c’est chez nous, avec le calvaire de Pont Château avec sa procession qui se faisait jusque dans les années 1960 (on y allait) , les maisons de granite et schistes, de chaumes ,de Nantes jusqu’à Brest…ces cailloux dans les murs des maisons, ces briques autour des ouvertures, et ces murets de cailloux autour des chemins creux. Ca avait des tripes.
Ils demeurent dans le paysage actuel , et ce n’est pas qu’un pays sans forme, sans caractère, sub-urbanisé, dans le bouillonnement actuel où la ville cet ogre qui grossit sans cesse, oublie le rapport à la terre , la phagocyte, la vide de son contenu . Population des grandes villes qui croit tout savoir . Disent ils : j’achète !
Mais peut être que je m’égare ; je repense à mes parents, à la question que je leur posais, dans le trajet en voiture, quand on allait en vacances à Assérac ou au Croisic, « mais, on est en Bretagne ?! »,ils n’osaient jamais rien me répondre ! pourquoi !
Mon beau père, lui me le disait bien souvent, mais oui qu’on est en Bretagne, ici à Bouguenais ! et oui, c’est la Bretagne des Marches, le vignoble.
Ces pancartes et ces annonces qui pandouillent partout sont en plastoc . « pays de Loire », si beau royal fleuve c’est sûr ! P.de Loire, qui te vend, qui es tu? Il paraît que tous les jeunes mordent dedans à belles dents, ils en voient ,des pubs de tout ça ; mais moi je te connais pas, trente ans d’imposture, c’est trop peu ; et c’est trop !
moi je connais le souffle millénaire, l’élan qui m’a fait participer dans le 44, à mon 1er fest noz à Teillé à la fête de la St Jean en été 76, avec une de ses musiques ,je m’en rappellerais toujours, quelle ambiance fraternelle, un grand feu extérieur, et ses rondes endiablées autour tout la nuit, et ce populo jeune, sympa et prolo, bon enfant, sans le sou et anti nuc’. Ca pétait la santé, la bombarde et les percus, l’accordéon et la guitare électrique…
Fier de participer au maximum de fêtes avec les copains et copines de la bande, en vélo et mobylette…
C’ était pas cher, et on percevait un sentiment de fête ancestrale et collective, comme on n’aurait pas crû pouvoir en rêver de notre vie ,une vraie fête païenne et sacrée, fête de la terre, des ancêtres, de la sérénité. Fête terrienne et musicienne à souhait, avec force électricité et gros décibels, merci les Diaouled ar Menez ( les diables de la Montagne.)
Nous transmettait une de ces vigueurs ; on la vivait contre le confort et la société qui se proposait à nous. Qui s’imposait.
Contre la société du fric telle qu’elle se pointait et qui n’a pas failli.
Pour le renouveau de la culture on disait, contre la standardisation ambiante et le prêt à penser politiquement correct.
L’enrichissement , l’individualisme, et la tranquillité oisive recherchés à tout prix.
Contre l’avachissement et le raplapla de l’imagination. On sortait de l’ambiance de mai 68, faut dire ; avec les usines et les facs en grêve , les manifs dans Nantes et la foule !
Ca nous portait.
Et bien sûr notre longue appartenance commune à ces mouvements d’action catholique, tels que la JOC. Tous les copains qu’on cotoait, cet espoir fou en commun. Et plus tard notre déception de voir des grosses boîtes se casser la figure ! la grande fissure…la fin de l’action collective, des grands syndicats… mais je m’égare.
Nous ados, on se préparait en fait à le rester, réfractaires, toute notre vie !
On n’oublie pas ça.
Pays de Loire :ces limites, c’est sans fondement , qu’économique et administratif, c’est vraiment limite et borné, pas sympa pour 2 sous, donc 2 fois rien, 100 fois artificiel et superficiel, miroir aux alouettes, à la sauce mords moi le nœud et tout le monde baisse la tête et s’écrase ! mais bravo Jean Mounes, à Bourgneuf, tout ce que tu as fais de ta vie pour cette cause…toi précurseur de la bretonnité dans ce secteur, le musée du Pays de Retz, la recherche éthymologique, et même une thèse sur la sédimentologie des marais.
On voulait gueuler contre, comme Servat , qui gueule joliment contre la Bretagne croupion ; duchesse Anne noble Dame, son cœur à Nantes ,Tri Yann, et Kerval et Glenmor et tous les autres…
Comme le chantonnait à l’époque une copine : « pays de Loire pays bidon, Loire-atlantique pays breton »
La presqu’île, avec ses centaines de « Ker », n’est pas en Bretagne, ni Vigneux ni Le Temple.
Sans queue ni tête. Amnésie totale. Grêve générale ! On s’est laissé embobiner, mes parents, mes proches et moi.
On montrait ainsi qu’on ne pouvait s’y retrouver, nous les jeunes de l’époque, dans cette société, représentée tout à fait par cette propagande pays de Loire, révélatrice de cette société à la Giscard, avec le projet de centrale nucléaire au Pellerin…
On voulait continuer de rêver, voir les fleurs à l’envers, chanter et pouvoir courir sur le causse en riant, découvrir des cultures , voyager avec un sac à dos , oui tout ça c’est resté.
Dans le bouillonnement informe et béton des grandes villes, où il paraît qu’il y a plein de gens mais on se demande où ils sont fourrés…où tout le monde se terre.
Consomme et pense qu’à ça et tais toi, et défoule toi devant un match de foot. Grands centres commerciaux qui mangent tout, toute la tête, t’organise ta fête, te formate t’aligne, et ils y courent, les jeunes qui avalent comme du pain béni, achètent et tremblent de ne pas trouver de place, au soleil…Veulent entrer dans le grand système, lucratif et lubrique, gagner des ronds faciles, sur les autres Oh pas tous heureusement !
Ils aiment le nouveau, le kitch, quoi de bizarre ma foi, on faisait pareil…
La ville qui avec sa mentalité bouffe la campagne, impose ses pavillons et pelouse tondue de 2 m2. Ah les vautours insidieux ,qui ne cherchent qu’à fuir la nature, le sauvage le naturel, le paysage, en chargeant en produits leurs jardins…idée de suprématie, ou délabrement des idées. Du tout prêt, du tout cuit, du prêt à consommer et à penser. Tout congelé. Anesthésié. Rien faire, et en plus tout est dû.
Avoir un boulot con, j’ai pas choisi, mais de gagner beaucoup, j’aime !
même si j’ en chie, sur le dos des autres, mais l’avoir, ce pavillon de banlieue ! et accepter tout le reste, tant pis si la société fout le camp et pourrais je y faire quelque chose, basta, je ferme mes oreilles sur ce que j’entends aux infos, et exige encore plus. Toujours plus. De tranquillité, de passivité. Comme les poulets : en batterie ! On est tous comme ça .Oui. Ma tête sous mon aile.
Comment rêver qu’avec ça l’avenir pourra être rose, que les consciences vont changer ,sur les valeurs comme la solidarité, le changement ,le sort fait aux pays du sud, l’attitude envers les animaux, la pollution sur la terre, le gaspillage…tout est lié.
Ah être de retour dans sa vie, retrouver le sens du sacré, du cosmos de si grands mots passés de mode, ( hors mode, cette fausseté corruptive et attrape consomm.) A nouveau aimer des choses simples et essentielles.
Les odeurs des saisons…
Retrouver un sens, une poétique, la vie, sans oublier les gens qui souffrent, et faire la fête avec les africains et tous ceux qui ont gardé fidèlement leurs valeurs humanistes,
gardé le lien et la fierté d’être, que le consommateur occidental à perdu sans scrupule ni arrière pensée.
Ah vive les loups et leur hargne !!
Mais qui sont ces catho qui oublient louanges et prières à mère Nature
Achètes et fiches rien de tes dix doigts, installes toi sur le canapé . Quand tu es crevé du boulot, ou abruti par lui, zappe !
Et attends tout des autres, des structures, et mets ton tee shirt à la mode.
Portons l’hermine à la boutonnière, et protégeons et copions les animaux sauvages !
Sortons de la vie en batterie !
Respectons le passé, c’est respecter l’avenir. Et le peuple.
Tromperie sur la marchandise .
Tu es une marchandise ! fais voir ton cerveau que je te le formate à coup de pub, de pute,
On n’a plus les moyens de réagir
De prendre conscience, c’est rare.
Amnésie consumériste ; on est plongés dans la recherche frénétique de se faire un trou, une reconnaissance financière.
Et au boulot c’est pieds et poings liés.
Achète et penses pas, y en a pour ça. Laisses toi mener par le bout du nez, ou du pénis
Avales les couleuvres et oublie les festou noz ,
règles l’addition, et prépares la suivante
La tradition c’est des conneries ; pour les jeunes y a mieux, c’est les boîtes, si meurtrières…
Rage au cœur, perpétuelle !
Injustice, monde à l’envers, vive toi, Pierre Rahbi !
Terroir, tes racines et tes têtes foutent le camp, t’a plus de trajectoire
Moi je garde mes BZH tagués sur les pancartes et les voitures, mes capteurs de rêve
sans trêve.
J’ veux pas rêver aux jeux d’argent , au bureau de tabac !
Je choisis, comme chantait Ferrat !
Comme la terre assoiffée après la sécheresse, je me dis ouvre la bouche et gueule
N’oublie pas
Exiges et
aspire goulûment
Un air pur