champagne
CHAMPAGNE!
Dans l’unique et sombre petit
restaurant de La Champenoise
je suis seul et bien ,là à l’abri.
Roi dans ce vaste monde de si beau temps,
avec cette sereine lumière
de ce juillet de ciel bleu.
Aujourd’hui je ne suis pas au boulot.
Parceque ce n’est pas comme d’habitude.
Dès ce matin, les pores de ma peau sont tournés
vers dehors; pas ramassés vers le « petit » intérieur
comme l’hiver.
Calme dans la tranquille et forte chaleur
où l’on offre son corps tout naturellement
car c’est nécessaire,
pour économiser les forces et la vitalité,
dissoudre toute crispation.
Revêtu du poids de cette irradiation,
léger à se promener
sur la petite place blanche et lumineuse
à côté de la chapelle entourée d’arbres.
Tout est dans un mouchoir de poche ici
à portée de sentiment
à portée de crayons...
Marcher lentement comme pour déguster
un quelconque fruit d’été.
Poids du rien faire,ici synonyme
de ce silence complice;
l’habituel ici est désarmé liquéfié,bienfaisant.
Poids ténu de la lumière du silence et
du silence de la lumière.
Envahi par cet été là, qui est bien chez lui
et traverse les routes et les villages,
baigné dans la maternelle chaudeur :
aucune ombre de précipitation possible
car tout va bien en son cours .
Je m’y suis fait,à cette chaleur, accoutumé.
Crainte évacuée dans l’air chaud,
dans la lumière qui gomme...