22H
22 heures au chemin de l'étang
Ca ronfle et la déferlante monte
comme une vague,
avec les mugissements des arbres,
il fait nuit mais ça reste gris,
blafard comme tout ce jour.
Vent rafales et violentes gifles de pluie;
les fantômes, l'hiver
tentent de se réincarner
en ces misérables abattis
de bois décharné,
refont leur apparition,
souffrant avec le grand vent
qui malmène
...
Mais c'est peine perdue
ces échalas de géants tordus
crient en clamant leur malheur
se secouent ,se penchant vers moi
AHH Malheur!
pour que je tente quelque chose!
moi vivant , si douloureux
...
Mais la nuit suivante les grands arbres noirs
sont devenus tout à fait vides;
maintenant tous morts, dans un calme total,
désensorcelés,
ils ont changé d'époque
et je vois,parmi leurs membres écartelés
des étoiles surgir
comme diamants trouant la suie...