ecueillé
Ecueillé
Petite bourgade cise ou mise
au fond de Berry et Touraine,
aux maisons de vieilles et massives
pierres blanches.
Perdue au coeur du bocage de vallons
carrelés du brun des humus labours
ou des feuillages bien avancés,
et du vert des lierres et des prés en trapèzes,
Ecueillé la trop calme trop discrète ne veut pas
faire de chambard avant de mourir,
comme les vieux sous le manteau gris
où la lumière fuse et fume furtivement.
Ecueillé
du bout de son écrin bercé ça et là
d’un rare tracteur au travail,
non loin des corps de ferme isolés et délaissés,
Ecueillé la blanche, aux frontons des bâtisses animés
des sculptures d’autrefois, des rosaces,
est comme heureuse , fière d’avoir travaillé et vécu,
jadis.
Ces vieilles bâtisses gris-blanc, ça ne fait pas triste!
c’est la couleur de base ici, assurément; simple ,sans prétention .
Blanc cassé de ces pierres agées, blanc effrité élimé
griffé, patiné
des vieilles choses
familières.
Comme le gros drap
de coton des grands parents
usé par le temps, chaudement;
délicatesse, ces pierres en sont capables
sur elles un charme, une lucarne,ou une bouinotte
une petite arcade au dessus des portes de si vieux bois,
ou léger ouvrage dans la masse au dessus des fenêtres .
Ce sont
pages vivantes
frottées écrites et effacées, dessinées
parfois déchirées ,
comme ces pierres sont fissurées écornées,
griffonnées !
telles les vies des hommes ,
siècle sur siècle,
marques
de symbiose.
Pierres écrites.
Définitivement?