st août, nostalgie

Publié le par trainefeuille

Saint août nostalgie

 

De St Août à Ambrault, sur la route, c’est 8 km ,

C’est dans un replat de maisonnettes et jardinets

serrées autour de la pointe de l’église,

en la nommée Champagne Berrichonne.

St Août entouré de cendres  sur les plaines vastes

de l’été

Les nuages de ciel alentour

Sont consumés.

 

Je suis drôle à St Août, toujours, chaque fois que j’y reviens !

Est-ce le boulevard des allongés, bien situé

Est-ce ma période d’il y a 40 ans 

qui me fascine ?

Mon grand père, se promenant avec une canne au beau milieu de ce village- rue

Mais on est épris de ces épis dans les rues

De ce soleil sur le bitume

 

Caché près du grand if

Je démasquerai les ombres 

de mes cauchemards

Et je me planterai

s’il le faut

Au beau milieu de la rue

 

Les gros camions de paille originaires du Limousin

sont garés là,sur cette place,

midi au zénith,  tout le monde est à l’abri dans l’auberge, 

la patronne les connaît ,les cajole à l’apéritif

Leur sert un ragout de ses meilleurs

C’est

avant que l’orage ne monte

Avant que ne lave la pluie

Sur la poussière

Et puis et puis …

C’est la lune qui prendra possession de St Août

Lune sur le bitume

Et moi je chercherai ma brune

Ad éternam

 

 

Ce village est désert à cette heure

Mais attentionné pour moi qu’il est

Semble t il

Comme ma solitude

Parfois un vieil homme sort, pour prendre sa 2CV

Pour aller jusqu’à Paris pour une réunion d’élus

attentionnée

 

Au « Sésame » d’Ambrault, à 8km de St Août, c’est le café -cabaret-boite de nuit- de campagne pour les cinquantehuitards.

Pas grand. Je tombe sur une collection de femmes mûres accoudées au comptoir, à causer de cigarettes ,et derrière moi un mec à sa table, qui cause à une forme ronde gris- foncé  allongée par terre qui grogne…

En voilà une , me sourit,et insiste…

Hé, je suis pas d’ici

 

A perte de vue sans habitat, c’est sans apparat tout autour ,

Alors restons- y, avec les gros camions sur la vaste chaume,

ce paillasson des Incas

qui eux aussi aimeraient

être ici ,dialoguer avec leur mère Nature

 

Pour être généreux ici, il faut être comme

M Baty l’employé communal, chef des pompiers d’ici,

Vous nourrit de sourires, de gentillesse à revendre,

De tristesse aussi ,de St Août à Ambrault

« y a pas de relève, pour la fête au château, les jeunes familles bougent pas

Les vieux de 70 ans doivent reprendre du service »

 

Il s’est passé ici comme une bataille

Mais les chemins sont incurvés de mille manières ici

Pour accéder au songe obscur

Eloge et paresse du travailleur

Qui jète l‘éponge

Jusqu’à l’attente du soir

 

M Baty pilote sa bonhommie pour aider son monde

Parfois sautant le repas

il dépanne, il déblaye

reste la nuit pour ouvrir la route s’il le faut,quand il neige

fort, avec son tracteur

Le 1ère fois où je suis venu ici, il y a 20 ans, il m’avait offert l’apéritif à l’auberge

après notre boulot à la station d’épuration.

 

C’est l’âme d’ici j’vous dis

Mais les nuages crêvent le cœur ,

et il faut repartir en goguette

J’m’achève ici

Comme dans une fontaine

Evanescent dans l’univers de St Août

Vers un autre monde

Familier

 

J’y reviens tellement souvent

Que tu me donnes le tournis

Dans la poussière des blés

Poussières de bonté

Sans prédire ,du rugueux quotidien  insolent.

Publicité

Publié dans poésie berry

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article