grandes marches
Grandes , hautes marches en granit pour y parvenir, puis c’est un intérieur de presbytère, il y en a tout : le silence, et l’escalier intérieur qui est fait de larges et noueuses planches de noyer sombre cirées et brillantes.
Dalles de granit au sol pour la grande salle
Tapisseries des années 50.
Cette grande bâtisse est un hôtel restaurant. Dans ce haut de hurle vent ,cette limite de tout, en altitude, c’est un bastion, le dernier du Berry, avant que ne débute celui de la Marche, ou de la Creuse si vous voulez .
C’est aujourd’hui la brume ,épaisse qui règne au dehors, puis un soleil timide.
On est ici à Aigurande, 36, au fond de tout.
Sorte de « cul de basse fosse »
Y a une pancarte : « bienvenue vous entrez en région centre ». C’est la porte, ou la fin.
Les confins. Pour les berrichons, après Aigurande c’est fini, ils savent qu’à 300 m c’est le département de la Creuse .Ils l’ignorent.
Pour eux Aigurande est le terminal, élevé à 450m, et on est comme au bord d’un précipice (d’un vertige inconnu).
Si c’est un mystère, un suspense pour moi : pour eux : y a rien à voir ici, circulez ; c’est quasiment le vide.
La seule chose ,quand on cause avec un berrichon quelconque ,d’Aigurande l’hiver, c’est « ah tu y étais hier, alors est ce qu’il faisait froid ? est ce qu’il neigeait ? ». Baromètre ! Fleuron du froid pour tout berrichon .Petite ville en avant poste avant l’autre pays ; celui du froid, terrible !
C’est le trou du cul du Berry.(pourtant la charcuterie y est excellente).
L’inavouable.
Pour une autre partie des indriens, au contraire, c’est collé au 23, alors c’est pas des vrais. Pas des Berrichons.
On les reconnait pas.
Ils sont trop loin, de nous. Et ici regardez ,les voitures, c’est plein de 23, qui viennent faire ici leur courses, c’est quoi ce travail ! Les 23 qui sont tellement démunis que…ils n’ont rien, même pas de feu rouge,et patati et patata.
Restez chez vous !serait le fond de leur pensée. Je caricature à peine.
Quand tu regardes à l’ affichage le plan des alentours ,à Aigurande (mis par la mairie) ;y a que le territoire et les communes du 36 auprès de la petite ville, soit la moitié de la carte ;au dessus de la ville et à côté. Dessous c’est vide. Blanc. No man’s land. Après c’est le grand chaos sidéral. Cosmique.
Comique !
Ici à Aigurande, les maisons sont d’apparence solides, hautes et austères. Les toits très pentus. Equipées contre les éléments. Apprêtées au climat rigoureux.
C’est en réalité une grosse bourgade ouverte sur le monde, limitrophe, bourg de la Marche berrichonne. Avant c’était la Marche tout court, liée avec Guéret .
oui y a plein de voitures mélangées ici, 23 et 36 et c’est fort bien. Le commerce active les choses ,les rencontres.
Comme partout beaucoup d’enseignes sont inoccupées, dans le bourg.
Tout autour la nature est omniprésente.
Le « vide » reprend ses droits ;le naturel avec les cultures
Tout autour c’est le départ en vélo vers les vallées, pour moi!
A vélo c’est parti pour les belles collines ,pour les natures pas communes creusoises, les petits villages minuscules. Les roches et dolmens…Chemins creux bien étroits et gorges du diable…
…
Pourtant les gens des 2 côtés semblent se méfier
On m’a informé que la « tradition »
était très bien ancrée. Jadis c’est la rue principale qui faisait séparation .
Administrativement, les jeunes du coin partaient, et partent encore, chacun dans leur direction poursuivre leur cursus scolaire,les uns vers le nord, les autres vers le sud ; idem pour leur service militaire… Ainsi les familles n’ont quasiment jamais l’occasion de se mélanger.
D’où le fait que les noms de famille sont différents, quand on regarde dans le bottin du téléphone.
D’après les orientaux, le pays des brumes et des nuages, c’est le pays des amours !
Mais à 10 h, le brouillard n’est plus là, il est parti plus bas. Je suis « Roc & Roc altitude » ! Sortilège ! ça tombe bien, j’aime jouer à chat perché.
Après encore un séjour de midi au restaurant-forteresse, je vais derrière, voir la vieille église romane.
Je retournerai y chercher des châtaignes, vers Méasnes. Et des belles.
Plus tard.
Une autre occasion ;je mange à Fresselines, 23 ,exprès. Bel endroit encaissé. Les peintres connaissent.
Autre anecdote.
A côté il y a un autre village limitrophe : Lourdoueix St Michel. D’Aigurande il y a 2 routes pour y aller. L’officielle, bien bitumée, large,qui oblige à un bon détour dans l’Indre, pour y aller (pancartes à profusion), l’autre qui est beaucoup plus facile, passe par une petite route sympa…mais discrète , passant dans le secteur creusois.