porte mère porte terre
Porte mère morte terre, pauvre mère
Tu perds tes arbres et même, les vieux villages
de paysans, quelle déraison échevelée
Ecervelée, que t a-t-il pris, quelle bourrasque supra-terrienne a pu souffler sur ta tête?
Où est ta fertilité ?
Ruelles hautes ou bien basses, perspectives lointaines sur la rivière,
à Palluau/ Indre, haut et singulier sur son coteau calcaire caverneux ,si pittoresque,
seule luisante tout en bas est l’Indre , étale, parmi les verdures baignées. Village coulé dans son voisinage.
Je ne vois personne, il y en avait pourtant ,du monde jadis vu le nombre de tes maisons
que faut il éprouver, et penser ?
Il y a eu le n° 18, et la vieille dame au chignon blanc tiré, au beau temps elle sortait sur le pas de sa porte , lentement avec son déambulatoire, et quelques uns étaient comme elle dans ce bourg. Mais plus personne pour suivre l’ombre de l’église , les petites maisons sont trop calmes , trop sombres
Comme les vieilles pierres, les personnes âgées ne sont plus que des choses qui ne bougent guère.
Il n’y a plus que ce massif de roses trémières , magnifiques quand vient l’heure tant attendue.
Ces paysages ne fermeront jamais ! mais le n° 18 , aux rideaux tirés, ainsi que le vieil atelier à la devanture si grise ?
Ces bâtisses ont trop travaillé , mais nous autres sommes révoltés. Pas de travail ! ou si loin !
Alors qu’on voudrait ici se retrousser les manches !
Il faut que des extraterrestres nous morigènent ; on n’a pas le droit de faire un tel sort à ce pays. La révolte gronde en nos cœurs.
Mais la rivière a la chance de ne pas penser, elle s’occupe de choses qui ne sont pas dites, de ses affaires à elle, qui s’égrènent et se dispersent dans le silence de l’heure qui passe
Les nuages bas qui filent restent remplis de vie,ils ne sont pas vidés de leur cohorte de vivant ; mais où est il ce rouleau compresseur qui fait du vide, du vacant ?
Mais chut ,l’oiseau chante
Je vis ici des retrouvailles chaque matin , et je plonge dans des fils ténus qui me disent toutes les vies ici ; je sors de somnolence , ne vois plus que les anciennes maisons de caractère sont fermées.
Au loin les derniers cavaliers galopent encore, parmi les douceurs que sont les collines.
Je vois partout parmi les couleurs formées, assemblées de mars, sur ce morceau de sol, ces mêmes couleurs depuis tant de lustres
oui j’ai envie qu’il vive encore tant et temps ,ce coin qu’il soit peuplé, d’ouvriers ,d’artisants,de paysans, d’artistes ,avant que les chacals ne rodent à nouveau, ou bien que les monocultures de nature tout OGM et transformée ne s’établissent.
Des gens rassemblés pour la fenaison, pour une soirée merguez ou un bal folk, sous le regard intéressé des renards
Pour t’apprécier, il faut ici passer des jours et des nuits , vivre en accord ,être en activité et sentir les heures passer.
Je perçois un appel, nous n’avons pas vécu assez, ici, respiré, sué, existé nous autres,
pas frotté l’épiderme contre cette chair , matière du laboureur antique ;
on reste sur le bord, avec une langue longue comme ça, et plein d’idées trop frustres et confuses dans la tête. Impatients d’aller à la veillée, ou de rendre visite à l’aïeul aimé,
et d’aller à la pleine lune en haut du bois au milieu des grosses roches. Mais incapables d’agir.
Les derniers sont partis plus loin trainer leur maigre magot, on ne les verra pas arpenter tout le long des ruelles courbées, de pierres de blanc si ancien ; comment tout cela va-t-il se poursuivre , est ce que tout va se perdre dans un trou sans fond, parmi ces caves profondes ,à l’abandon ?
Ce coin de pays est il trop saturé ,usé, a t il tant vécu ?assez vécu ?
Quelle dérision ou quelle déraison faut il avoir pour rester
optimiste,pour vouloir la vie , humaine à tout prix ; je reste ouvert à la loi de la nature, oui, accepte les morts et les renaissances.
On voudrait avoir de l’emphase pour parler de l’autre vie qui règne , si infime, celle des herbes, des plantes, des insectes, de la rosée...mais c’est tristesse.
Le soleil n’est plus à briller sur le soc, mais déjà enfermé dans le roc. Le temps à venir l’est à jamais :qui verra la clarté de cet horizon ?
Ce vieux village n’est plus qu’un monument du souvenir ; une petite église rassemblée avec ses maisons autour d’un roc, rempli des cavernes des premiers hommes.
Im mémoriam.
Et nous nous serons loin, en orbite autour de la terre. Bientôt,au tout au fond des atomes.
Ce sera une paille dans la mémoire des hommes.
On n’a que trop trainé, ce ne sont que espoirs perdus,
Le regard s’égrène, tu n’es plus là ; en une chiquenaude tout ça va finir, et on passera à « l’avenir ».
S’occuper
De ces choses
Pas dites...