cavaliers noirs
chapeau bas drapeau bas
Des cavaliers à cape noire
sur d’inquiétants chevaux ,
visiteurs impétueux du soir
nous passent au dessus
sans regarder.
Ils se suivent sur
des plans parallèles
par myriades.
Chercher par réflexe
les champs de tournesol éteints.
Ils se livrent à une course à bride abattue,
cachés derrière les nuages;
étalons noirs ventrus
aux cuisses échevelées.
Cuissots épais aux pattes
s’amenuisant s’effilochant
Le panache de la queue est
crins très fins
s’éparpillant tout azimut.
Cavaliers penchés en avant
comme pour toujours
perchés dans ce ciel pour être invulnérables
Conquérants aux bustes musclés
à découvert et si fragiles;
sans peur et sans reproche.
Ventre Saint Gris
ces vaisseaux des temps obscurs
ne sont que des momies
que des empreintes
sur une vître sale.
Mais une escouade en rattrape
rageusement une autre
furieux ils ont la moustache
épaisse et le nez tombant
et se déguisent en masse informe
se dissimulent sous les draperies
les plus immondes;
vaisseaux fantômes de ces lieux
où l’on s’expose à l’apparition
brutale de quelque dieu...